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Thursday, October 15, 2026

Explosifs dans le tunnel du mont Royal | Le REM demande 156 millions en compensation à ses assureurs

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Le Réseau express métropolitain (REM) se tourne à nouveau devant les tribunaux pour compenser les pertes liées aux explosifs centenaires découverts dans le tunnel du mont Royal en 2020. Il réclame cette fois la somme de 156 millions à une dizaine de compagnies d’assurance.

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Dans une poursuite déposée cette semaine au palais de justice de Montréal, le REM dit avoir « subi des dommages et des pertes de revenus importants » qui ont engagé des coûts additionnels après l’explosion, « lesquels sont tous couverts par la police [d’assurance] et doivent être indemnisés ».

Il s’agit d’une nouvelle démarche judiciaire pour l’équipe du train léger, qui avait déjà réclamé 60 millions en compensation à ses assureurs en 2023.

À l’époque, on n’excluait déjà pas que ce montant soit appelé à augmenter, puisque la requête était « conservatoire », afin de ne pas laisser le délai de prescription expirer », autrement dit la période après laquelle il ne serait plus possible de poursuivre les assureurs.

C’est en juillet 2020 que CDPQ Infra, le gestionnaire du train léger, avait fait face à une « détonation imprévue », alors que des explosifs datant du début du XXe siècle avaient été découverts dans le tunnel du mont Royal. L’incident a forcé le report de plusieurs mois de l’ouverture de la branche Deux-Montagnes.

À ce moment, la Caisse de dépôt avait convenu que les dépassements de coûts pourraient atteindre jusqu’à quelques centaines de millions. À eux seuls, les travaux de renforcement dans le tunnel du mont Royal atteignaient environ 80 millions. Le gouvernement avait indiqué d’emblée qu’il n’épongerait pas ces nouveaux coûts.

Un écart d’interprétation

Outre les dommages et la suspension des travaux pendant plusieurs mois, les méthodes de travail prévues ont dû être modifiées. Par mesure de sécurité, les 30 000 trous de forage requis pendant les travaux ont dû être réalisés à l’aide d’une caméra et d’un système de contrôle à distance.

Des années plus tard, c’est une différence d’interprétation entre les assureurs et le REM qui est au cœur du litige. Les assureurs estiment en effet que les dégâts liés aux explosifs relèvent d’un « vice caché », ce qui n’est en général pas couvert.

Les 11 entreprises visées, dont Zurich Insurance, Liberty Mutual ou Axis « concluent ainsi que leur exposition se limiterait aux dommages matériels mineurs causés par l’explosion ainsi qu’aux frais accessoires », ce qui se limiterait à moins de 15 000 $, apprend-on dans la poursuite.

CDPQ Infra conteste cette position, faisant plutôt valoir que « même si l’explosion avait été causée par des explosifs centenaires et que leur présence constituait un vice caché, ce qui n’a pas été démontré, cela ne serait pas déterminant quant à la couverture des pertes réclamées ».

Le REM fait actuellement 64 km, ce qui en fait déjà la plus longue ligne de train sans conducteur au monde. Outre l’antenne vers l’aéroport, qui doit ouvrir en 2027, deux nouvelles stations sont déjà projetées : la station Griffintown – Bernard‑Landry et une autre au nom encore inconnu dans le secteur des rues Bridge et Wellington.

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