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Saturday, October 17, 2026

Allégations d’IA : Thélyson Orélien renonce à documenter les origines de son roman

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L'écrivain québécois d'origine haïtienne Thélyson Orélien a renoncé à rassembler des éléments de preuve pour étayer son démenti après des allégations que son roman aurait été rédigé par une intelligence artificielle, a confirmé son éditeur.

Cette décision met fin à une initiative précédemment annoncée par son éditeur, les Éditions du Boréal, visant à documenter la genèse de C'était ça ou mourir, laissant ainsi sans réponse la question de savoir si l'IA a été utilisée pour écrire le roman, alors même que l'éditeur continue de le commercialiser.

Dans un courriel adressé à La Presse canadienne, les Éditions du Boréal ont transmis des commentaires attribués à leur codirecteur, Renaud Roussel, confirmant que M. Orélien avait décidé de mettre fin à cette démarche.

La maison l'a accompagné dans ce processus, auquel il a choisi de mettre fin, a mentionné M. Roussel.

Ce choix lui appartient et nous l'acceptons, même si nous aurions certainement préféré être en mesure d'apporter des réponses définitives aux allégations d'utilisation de l'IA qui le visent.

M. Orélien n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires de La Presse canadienne concernant sa décision de mettre fin au processus de collecte de preuves.

En septembre, Boréal avait révélé publiquement qu’elle collaborait avec M. Orélien afin de constituer un dossier détaillé sur son travail sur le manuscrit avant que celui-ci ne soit soumis à l’éditeur.

L'écrivain avait précédemment déclaré au journal français Libération qu’il rassemblait des éléments de preuve avec ses éditeurs en France et au Québec pour étayer sa version des faits concernant la rédaction du roman.

M. Roussel a précisé que l’initiative venait de M. Orélien, et non de l’éditeur, qui l’avait soutenu dans ce processus. Il a affirmé que la position de Boréal n’avait pas changé.

Ventes au ralenti

L’éditeur québécois a également confirmé que les ventes du roman avaient ralenti depuis le début de la controverse, bien qu’il ait refusé de fournir des chiffres précis.

Le roman reste disponible en librairie, mais Boréal a souligné qu’il est actuellement en rupture de stock chez l’éditeur, une nouvelle impression étant prévue la semaine prochaine.

Plus tôt cette semaine, Floriane Claveau, porte-parole de la grande chaîne de librairies Renaud-Bray, a mentionné que le détaillant n’avait constaté aucun changement significatif dans les ventes du roman au cours des semaines précédentes.

De son côté, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a souligné que l’intérêt pour le roman a été exceptionnellement élevé, avec 1713 réservations pour son édition numérique via son service de prêt en ligne en date du 14 octobre.

La porte-parole Claire-Hélène Lengellé a précisé que la demande restait forte depuis plusieurs semaines.

Dans un communiqué publié mercredi, Boréal a indiqué avoir reçu le manuscrit de M. Orélien le 12 septembre 2025 et ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante comment le roman avait été écrit avant cette date.

L’éditeur a fait valoir que son rôle n’était pas d’exiger des preuves de la part des auteurs, mais de les soutenir, laissant aux lecteurs le soin de décider s’ils souhaitaient acheter le livre.

Rien à prouver

M. Orélien, quant à lui, a déclaré mardi dans un communiqué publié par l’intermédiaire de Boréal qu’il n’avait rien à prouver à ceux qui l’accusaient.

L’auteur a nié avoir utilisé l’IA pour écrire le roman, affirmant avoir commencé à y travailler en 2017 et avoir achevé un premier jet de plus de 300 pages en 2019.

Cette polémique a eu d’autres conséquences. Le roman a été retiré de la liste des finalistes du prestigieux prix Goncourt à la suite des allégations d’utilisation de l’IA et à d’autres accusations de plagiat concernant des écrits antérieurs de M. Orélien.

Dans sa déclaration de mardi, M. Orélien a reconnu avoir commis des actes de plagiat dans certaines de ses œuvres antérieures, s’excusant pour ce qu’il a qualifié d’erreurs inacceptables commises dans sa jeunesse, tout en affirmant qu’aucune phrase de son roman n’avait été générée par une machine.

Boréal a suspendu en septembre les activités promotionnelles autour du roman, invoquant des préoccupations pour le bien-être de l’auteur, mais a confirmé mercredi qu’il continuerait à commercialiser le livre en l’absence de conclusions définitives concernant les allégations relatives à l’IA.

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