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Thursday, September 24, 2026

Drogue, prostitution, labos clandestins : lorsque les criminels utilisent Airbnb et d'autres plateformes pour leurs trafics

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Tribunal correctionnel de Bruxelles. Sur le banc des prévenus, 44 hommes sont poursuivis pour un large trafic de stupéfiants. Leur terrain de jeu, le quartier Matongé à Ixelles. Pendant des années, ces hommes auraient dealé de la cocaïne, du cannabis ou encore de l’ecstasy. Et pour la police, les dealeurs auraient utilisé des logements de vacances comme des Airbnb pour y stocker la drogue.

Une méthode bien connue des services de police. "L’usage d’Airbnb est effectivement de plus en plus présent dans les dossiers de criminalité organisés, principalement en matière de stupéfiants", Christophe Wouters, commissaire à la recherche locale section stupéfiants, police Bruxelles-capitale/Ixelles. "Ils peuvent servir évidemment au stockage ou à la préparation de la marchandise pour les différents vendeurs de l’organisation. On a eu le cas il y a quelques années d’un laboratoire de procaïne qui était installé dans un appartement Airbnb et qui permettait à l’organisation d’y faire venir la cocaïne, la procaïne et de préparer le produit fini".

Dans un Airbnb, les policiers de la section stupéfiants de la police Bruxelles-capitale/Ixelles découvrent un laboratoire de procaïne destiné à être mélangé avec de la cocaïne afin d’augmenter les quantités. © Police Bruxelles-capitale Ixelles

Une méthode qui semble très courante chez les trafiquants de drogue. "Depuis 4-5 ans, on voit ce genre d’utilisation dans nos dossiers judiciaires. Avant, c’était de l’ordre de quelques-uns par an. Maintenant, on est plutôt à quelques-uns par mois" détaille Christophe Wouters. Car les logements de vacances de type Airbnb ou Booking présentent plusieurs avantages pour les criminels. "Ça remplit toute une série de conditions qu’ils recherchent, mobilité, discrétion, anonymat. Et surtout, ça permet souvent de mettre un fusible de plus dans l’enquête judiciaire que les policiers vont mener pour remonter jusqu’au haut de l’organisation criminelle".

Trafic de drogue et prostitution

Et les trafiquants de drogue ne sont pas les seuls à louer ces logements en ligne. Derrière son ordinateur, Cyril Hainaux, Inspecteur principal section mœurs de la police Bruxelles-capitale/Ixelles détecte une annonce sur un site dédié à la prostitution. "Ici, après une recherche rapide sur le site, je tombe sur une annonce, sur Bruxelles, avec un appartement où il y a trois chambres qui sont proposées à la location, avec un prix disproportionné de 800 euros par semaine. C’est exagéré. Vu qu’il a été placé directement sur un site de prostitution, il va être utilisé dans cette optique-là".
 

Des annonces pour des appartements sur des sites dédiés à la prostitution. Les criminels ne se cachent même plus.

Mais avec ces locations, les têtes de réseau des intermédiaires entre eux et la police explique Cyril Hainaux. "L’utilisation d’intermédiaires pour nous, c’est quelque chose de plus complexe, car l’enquête va être plus chronophage, étant donné qu’on doit identifier, on doit remonter la chaîne, et on doit identifier la quantité de personnes qui sont intermédiaires. En plus de ça, les auteurs utilisent des numéros de téléphone pour lesquels ils ont utilisé des cartes volées parfois, des cartes perdues pour s’identifier. Donc pour remonter jusqu’à eux, c’est beaucoup plus difficile".

Des contrôles en interne et une collaboration avec la police

De leurs côtés, les plateformes comme Booking ou Airbnb disent collaborer avec les enquêteurs et développer leurs propres systèmes de détection. Ainsi, Airbnb détaille : "Nous enquêtons sur les incidents qui nous sont signalés et prenons les mesures nécessaires, pouvant aller jusqu’à la suppression du compte des utilisateurs concernés. En parallèle, des équipes dédiées travaillent en permanence à l’amélioration de nos systèmes afin de dissuader les personnes mal intentionnées d’utiliser Airbnb. Nous collaborons également avec les services de police du monde entier, y compris en Belgique, dans le cadre d’enquêtes sur des activités criminelles et du partage de données, notamment via notre portail dédié aux forces de l’ordre".

Contacté, Booking.com détaille à son tour : "Nos systèmes analysent différents signaux, notamment les activités inhabituelles sur un compte, les schémas de réservation suspects et les irrégularités liées aux informations d’enregistrement".

Reste que le problème ne touche pas que la capitale, d’autres dossiers en Wallonie ont démontré que les Airbnb sont régulièrement utilisés par le monde criminel. 

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