Mémoire de fille est-il un bon film ? Que pensent les spectateurs de cette adaptation d'Annie Ernaux signée Judith Godrèche ?

Judith Godrèche transforme le récit intime d'Annie Ernaux en œuvre cinématographique dans "Mémoire de fille", actuellement en salles. Découvrez les premiers retours des spectateurs.

Par Gaëlle Robert
Mémoire de fille a été sélectionné dans la section Un certain regard du Festival de Cannes 2026. Adapté du roman autobiographique éponyme d'Annie Ernaux, le film est réalisé par Judith Godrèche, dont la fille, l'actrice Tess Barthélemy, incarne Annie à l'écran. Plus qu'un récit autobiographique, l'œuvre d'Annie Ernaux devient, grâce au regard de la cinéaste, le portrait d'une époque, d'un milieu social et d'une jeune femme confrontée à la violence.
Annie Ernaux est sollicitée pour une signature de son dernier ouvrage dans la ville de son enfance, Rouen. Alors qu'elle s'y rend, elle est prise d'un vertige et replonge dans le souvenir de l'été 1958, celui de sa première nuit avec un homme. Nuit dont l'onde de choc s'est propagée violemment dans son corps et sur le reste de son existence.
Qu'ont pensé les spectateurs de ce film inspiré du roman autobiographique d'Annie Ernaux ? Sur AlloCiné, le film obtient actuellement une moyenne de 3,2 sur 5, basée sur 122 notes et 63 critiques.
Un récit fidèle et nécessaire
Les spectateurs saluent une adaptation fidèle du récit d'Annie Ernaux, portée avec sensibilité par Tess Barthélemy. Ils soulignent la justesse avec laquelle Judith Godrèche aborde l'emprise, la brutalité masculine et le trauma, des sujets toujours d'actualité. Un film jugé nécessaire, qui invite au débat.
N Golfe (5/5) : "Ce film parlera à la jeunesse car l'histoire d'Annie (roman ayant inspiré) est d'une telle modernité. Sujet toujours d'actualité sur les violences faites aux jeunes femmes mais également, post « MeToo », aux jeunes hommes dans l'environnement des colonies de vacances, de pension, au collège ou au lycée. Porté à la connaissance, ce film décrit la déconstruction par le trauma, qui parfois met plus d'une vie pour guérir. Bravo madame Judith."
Jacques Addy (5/5) : "Magnifique adaptation du roman d'Annie Ernaux. Massacre de l'innocence par un système oppression/soumission d'une société ancienne mais tellement toujours présente. Film à voir pour se questionner sur nos relations humaines."
Marie-Dominique LACOUR (5/5) : "Un film qui relate une période de la vie d'Annie Ernaux, interprétée avec beaucoup de sensibilité par Tess Barthélemy. Issu du livre éponyme de l'auteure, Judith Godrèche l'a mis en images de façon magistrale. Merci pour ce film et les sujets qu'il soulève."
Copyright Windy Production - Moana Films
Nathalie TEMPS-MERCIER (4,5/5) : "Film magnifiquement interprété. L'adaptation du livre d'Annie Ernaux est fidèle au récit. Ce film doit être vu par un maximum de spectateurs. Il permettrait un débat entre les hommes et les femmes afin de pouvoir vraiment se rencontrer, se respecter.
Malgré le sujet délicat d'une première relation vécue (et pour cause) comme un viol, la réalisatrice reste dans la description de la vie d'une jeune fille qui, coûte que coûte, malgré la dissociation, va réussir à affirmer sa liberté de femme. Après le film Moi aussi plus, Judith Godrèche nous offre un film dont s'emparer pour nous réparer collectivement !"
Capirex du Club Allociné (4/5) : "Judith Godrèche, avec toute sa conviction et pour cause, adapte avec brio à l'écran le roman autobiographique d'Annie Ernaux et offre le rôle de cette dernière à sa propre fille, Tess Barthélemy, qui relève ce défi pas simple haut la main ! La réalisatrice met puissamment en lumière la brutalité masculine, la honte et la dépossession de son corps."
Un film qui secoue
Plus balisé que le livre, qui laissait davantage de place à l'ambiguïté des sentiments, le film pâtit d'une mise en scène trop construite. Certains spectateurs s'interrogent sur l'utilité de cette nouvelle adaptation, tandis que d'autres sont mis mal à l'aise par la dureté du sujet.
Mélanie M. (3,5/5) : "Il faut le dire, ma culture concernant autant Judith Godrèche qu'Annie Ernaux était très limitée, voire réduite à leurs noms. Je découvre donc un film avec de bons dialogues, des scènes bien réalisées, notamment autour des scènes de violences sexuelles, qui sont réfléchies du point de vue de la victime. Ce film a donc le mérite de traiter un sujet lourd avec élégance. Après, bien sûr, ce n'est pas un film très agréable à regarder de par le contenu du livre qu'il adapte : humiliation, gêne, violence, méchanceté, injustice… donc accrochez-vous."
Lolacmlt14 (3/5) : "Je l'ai vu en avant-première. Je ne sais pas si j'ai aimé, mais il m'a secoué. Des trigger warnings pourraient être précisés."
The CritizMan (2,5/5) : "Une première moitié vraiment solide, sensible et portée par un bon casting, qui laisse penser que MÉMOIRE DE FILLE va explorer quelque chose de plus intime et profond. Malheureusement, le film finit par tomber dans un poncif scénaristique assez lourd autour d'une énième histoire d'amour d'été déjà vue et revue. La dernière partie peine à convaincre et la fin laisse un goût d'inachevé. Dommage, il y avait clairement mieux à faire avec le sujet."
Copyright Windy Production - Moana Films
Fiona Pomme (2/5) : "Vu en AVP, j'ai préféré le livre, je crois. Il laissait beaucoup plus de place à l'ambiguïté des sentiments. Le film est plus sur des rails, malgré une excellente interprétation des jeunes acteurs, notamment Victor Bonnel. Le travail de la photo est à souligner aussi."
Ameline Grout du Club AlloCiné (1/5) : "Sur le papier, tout scintille : Ernaux, Cannes, une fille filmant sa propre fille. À l'écran, ça ne prend jamais : mise en scène empesée, costumes et reconstitution jouant les passages obligés, caméra qui ne fait qu'illustrer un texte déjà écrit. Cinq adaptations d'Ernaux avant celle-ci, et c'est la première fois que le geste paraît si peu nécessaire."
En résumé
Accueilli de façon contrastée, Mémoire de fille peut heurter une partie du public en raison de la dureté de son sujet. Sa mise en scène illustrative laisse aussi certains spectateurs dubitatifs. Le film séduit toutefois par son interprétation et par le soin apporté à la photo. Les scènes de violences sexuelles, filmées du point de vue de la victime, sont saluées pour leur justesse.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.