Test – EA FC 27 : une vraie évolution sur le terrain, un monde ouvert en manque d’ambition

Le football a changé. EA FC 27 aussi, mais pas forcément là où on l’attendait. Si The Grounds constitue la nouveauté la plus visible de cet opus, c’est finalement manette en main que les évolutions sont les plus intéressantes. Pas de révolution spectaculaire cette année, mais une multitude de petits changements qui, mis bout à bout, finissent par modifier sensiblement l’expérience. Les nouveautés se cachent dans les détails.
Défense, passes, appels, frappes, coups de pied arrêtés : FC 27 demande davantage au joueur et réduit certaines facilités qui permettaient auparavant de laisser une plus grande part du travail au jeu.
The Grounds : une nouveauté qui arrive tard
C’est la grande nouveauté de cet épisode. The Grounds permet de se déplacer dans différents quartiers, de retrouver ses amis, de participer à de petits matches ou à des activités et de rejoindre directement l’univers des Clubs. EA y propose notamment trois environnements inspirés de cultures footballistiques différentes : Montclair, Zeiza et Parkside. L’idée n’est pas mauvaise. Le problème, c’est qu’elle n’est pas vraiment nouvelle.
Avec The City, NBA 2K a déjà installé depuis plusieurs années ce type d’expérience sociale dans son univers. The Grounds donne donc forcément une impression de déjà-vu. Surtout, la comparaison permet de mesurer ce qui manque encore à la proposition d’EA : davantage d’activités, de profondeur et de possibilités. EA propose aujourd’hui une version football de ce concept, mais avec une impression bien différente manette en main : celle d’un premier essai encore en construction.

The Grounds fonctionne davantage comme un hub social que comme un véritable monde ouvert. Les activités sont présentes, le concept est sympathique et les parties entre amis peuvent être amusantes, mais l’ensemble manque encore de profondeur et de possibilités.
Pour un joueur qui ne connaît pas forcément les expériences proposées par d’autres jeux, The Grounds peut évidemment représenter une nouveauté agréable. Mais pour les habitués du jeu vidéo, la comparaison avec NBA 2K est inévitable. EA arrive donc sur un terrain que 2K occupe déjà depuis longtemps, sans encore proposer la même richesse.
FUT Gallery : des airs d’album Panini
Une fois passé The Grounds, on revient rapidement à l’un des modes centraux du jeu : FIFA Ultimate Team, ou FUT. Et là encore, pas de révolution. Les habitudes sont bien présentes. Mais EA apporte une nouveauté intéressante avec la FUT Gallery.
Le principe rappelle finalement un album Panini numérique. Les cartes obtenues peuvent être conservées dans une collection, même lorsqu’elles sont revendues ou utilisées ailleurs. Il est ensuite possible de compléter différents ensembles et de faire progresser son niveau de galerie afin de débloquer des récompenses. EA ajoute également différentes variantes de cartes et le Hall of FUT.

Ce n’est pas la fonctionnalité qui provoque un « wow ». Mais elle apporte quelque chose qui manquait à FUT : une véritable sensation de collection. Elle ne révolutionne pas Ultimate Team, mais elle donne une nouvelle raison de conserver, compléter et regarder sa collection. Une petite nouveauté, donc, mais une nouveauté bienvenue.
FC 27 change de visage manette en main
C’est finalement sur le terrain que FC 27 nous a le plus surpris. EA annonce une meilleure conscience de l’espace, des appels plus intelligents, une nouvelle gestion de certains dribbles, des coups de pied arrêtés repensés et de nouveaux duels aériens. Mais au-delà des annonces, c’est surtout une sensation qui ressort après plusieurs matches : le jeu demande davantage au joueur.
La défense, d’abord. Les interventions sont toujours là, mais elles doivent être mieux maîtrisées. Un coup d’épaule ou un tacle debout ne suffit plus à lui seul. Il faut choisir le bon moment, se positionner correctement et anticiper. L’objectif semble clair : réduire les situations où une simple pression sur un bouton permettait de récupérer automatiquement le ballon.
Et ce principe se retrouve dans les passes. Il ne suffit plus d’être mal positionné, parfois même dos au jeu, et d’appuyer sur le bouton de la passe en profondeur pour envoyer un ballon parfait. Il faut désormais construire son action. Se placer. Regarder. Choisir le type de passe. Doser. Donner la bonne trajectoire au bon moment. On ne peut plus simplement demander au jeu de faire l’action à notre place : il faut davantage la construire.
C’est probablement la différence qui se ressent le plus par rapport aux précédents épisodes.
Construire plutôt que simplement appuyer
Les corners suivent exactement la même logique. Leur nouvelle mécanique oblige à mieux gérer la trajectoire et à anticiper l’endroit où le ballon va réellement retomber. Il faut déplacer son joueur et essayer de lire la trajectoire plutôt que de simplement viser une zone en sachant que le ballon arrivera exactement là.
Même chose sur les frappes. Prendre le ballon à l’extérieur de la surface et enrouler systématiquement vers la lucarne ne fonctionne plus aussi facilement. Il faut davantage tenir compte du placement du joueur, de son pied, de son équilibre et du type de frappe choisi. Frappe puissante, placée, à ras de terre : le geste compte davantage. Les appels sont également plus naturels et les trajectoires moins mécaniques.

C’est cette accumulation qui fait la différence. Aucun de ces changements ne révolutionne à lui seul EA FC. Mais ensemble, ils donnent au jeu une sensation différente. Plus de contrôle. Plus de décisions. Plus d’anticipation. Et surtout, plus de construction.
FC 27 reste évidemment un jeu de football arcade. Il ne faut pas s’attendre à une simulation parfaite. Les matches peuvent toujours partir dans tous les sens, avec des scores qui ressemblent parfois davantage à ceux d’un match de tennis ou de padel qu’à une rencontre de football.
Mais à l’intérieur de cette formule, le joueur doit davantage participer à la construction du jeu.
La Carrière affine sa formule
Le mode Carrière bénéficie lui aussi d’un chantier important. EA a notamment revu le marché des transferts, avec des valeurs plus dynamiques, des négociations plus poussées et des clubs adverses censés adopter des comportements plus intelligents. Le jeu ajoute également les Manager Live Creator Challenges et les Rivalries en Player Career. C’est une évolution intéressante, même si ce n’est pas le mode que nous avons le plus exploité durant ce test.
Même constat pour le mode Pro. EA pourrait encore faire davantage avec cette expérience, notamment pour les joueurs qui aiment se retrouver entre amis. Le mode conserve un intérêt évident dans cette configuration, mais reste finalement assez limité dans ce qu’il propose autour de cette expérience collective.
C’est d’autant plus dommage que cette partie du jeu possède une communauté fidèle et pourrait constituer un véritable point d’entrée vers l’expérience sociale de FC.
Une évolution qui se joue dans les détails
EA Sports FC 27 n’est pas une révolution. Et ce n’est finalement pas ce que nous retiendrons de cet épisode.
La vraie évolution se trouve sur le terrain. Les changements sont parfois minuscules, mais leur accumulation modifie réellement la manière de jouer. Il faut davantage défendre soi-même, mieux construire ses actions, anticiper les trajectoires et réfléchir à ses passes ou à ses frappes. Le joueur doit désormais davantage participer à l’action.
La FUT Gallery apporte, elle aussi, une petite dose de fraîcheur bienvenue à Ultimate Team. Elle ne change pas le visage du mode, mais lui ajoute cette dimension de collection qui fonctionne plutôt bien.

Et puis il y a The Grounds. Sur le papier, c’est la nouveauté qui devait le plus bouleverser l’expérience. En réalité, c’est celle qui laisse le plus de questions. L’idée d’un espace social consacré au football est intéressante, mais EA semble encore chercher la bonne formule. Face à NBA 2K et à The City, la comparaison est difficile à éviter. The Grounds ressemble davantage au début d’une aventure qu’à un monde ouvert arrivé à maturité.
FC 27 ne révolutionne donc pas la série. Mais il n’en avait peut-être pas besoin. Sur le terrain, l’accumulation de petits changements rend les matches plus exigeants et plus intéressants à construire. En dehors, The Grounds pose davantage de questions qu’il n’apporte de réponses.
C’est tout le paradoxe de cet épisode : EA fait évoluer en profondeur une formule qui semblait pourtant bien installée, tout en lançant un monde ouvert qui manque encore de maturité.
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