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Tuesday, September 22, 2026

États-Unis: le «bureau de la remigration», symbole d’un virage majeur de la politique migratoire

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Une enquête menée par Forbidden Stories et 26 médias partenaires, dont RFI, lève le voile sur les expulsions de masse orchestrées par l’administration Trump. Au cœur de cette politique : l’« Office of Remigration » (bureau de la remigration), une structure devenue le symbole d’un durcissement sans précédent de la politique migratoire américaine. Le Washington Post a enquêté sur ce bureau pour Forbidden Stories. Explications. 

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Donald Trump avait fait des expulsions massives une promesse phare de sa campagne électorale de 2024. Face au refus de certains pays de reprendre leurs ressortissants, et à l’impossibilité de renvoyer chez eux des personnes qui s’y seraient trouvées en grand danger, la Maison Blanche a mis en place un mécanisme d’expulsion vers des pays tiers, notamment en Afrique et en Amérique latine. Pour piloter cette politique, l’administration a créé en juin 2025 « l’Office of Remigration » ou « bureau de la remigration », une petite structure au sein du département d’État. 

Son nom même a choqué certains diplomates de carrière : le terme « remigration » est en effet associé au discours raciste et xénophobe de l’extrême droite européenne. Autre symbole fort : ce bureau a été rattaché à la même entité qui gérait jusqu’alors l’aide humanitaire et les réfugiés aux États-Unis. Un virage à 180 degrés, de l’accueil à l’expulsion systématique de migrants. 

Une politique menée dans l’ombre 

La création de cet office n’a jamais été annoncée publiquement. Elle figure seulement dans une note administrative adressée au Congrès, présentée comme une simple « réorganisation ». Sur le site du département d’État, aucune mention de l’ « Office of Remigration » n’apparaît. Son fonctionnement n’a jamais été précisé par les autorités américaines.

Cette discrétion s’inscrit dans une stratégie plus large, pilotée par Stephen Miller, le conseiller ultra-conservateur de Donald Trump. Si le département de la Sécurité intérieure - qui chapote notamment l’ICE, la police fédérale de l’immigration - reste un acteur clé de la politique migratoire, c’est désormais le département d’État qui joue un rôle central dans les expulsions vers des pays tiers. 

Les accords conclus avec ces États ont été négociés via des notes diplomatiques, contournant ainsi tout contrôle du Congrès. Depuis 2025, plus de 25 000 migrants ont été envoyés vers ces destinations, sur près d’un million d’expulsions au total. Selon le Washington Post, l’objectif est aussi de créer un effet dissuasif, poussant les migrants à quitter les États-Unis de leur propre chef. 

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Des réactions indignées 

La création de ce bureau a provoqué une vague de protestations. Des ONG, comme Amnesty International, et des experts de l’ONU dénoncent des pratiques contraires au droit international, notamment le renvoi de migrants vers des pays tiers sans possibilité de recours. 

Au sein même du département d’État, plusieurs diplomates de carrière ont démissionné en signe de protestation, estimant que les valeurs américaines étaient bafouées. D’anciens employés interrogés par le Washington Post décrivent un climat de peur et de résignation au sein de la structure. Des rapports internes minimiseraient même les abus des droits humains. 

Pire encore : l’administration Trump a fermé les yeux sur les conditions de détention dans ces pays tiers, où les expulsés sont souvent maltraités, voire torturés. Aucune garantie n’a été obtenue pour éviter que ces personnes soient renvoyées de force vers leur pays d’origine, où elles risquent la prison ou la mort - une violation flagrante du droit international humanitaire. 

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La justice américaine s’est saisie du dossier : un juge fédéral avait initialement déclaré ces expulsions illégales, mais une cour d’appel a autorisé leur reprise à titre provisoire. Vendredi dernier, nouveau rebondissement : une cour d’appel à Boston a jugé illégal les expulsions des migrants vers des pays tiers. Une décision qui constitue un revers majeur pour l’administration Trump qui portera l’affaire sûrement devant la Cour Suprême.  

D’après The Washington Post, les responsables du « bureau de la remigration » ont multiplié les réunions avec des délégations africaines et latino-américaines pendant l’Assemblée générale de l’ONU, qui a débuté le 8 septembre dernier. L’objectif est d’augmenter le nombre de pays tiers susceptibles d’accueillir des ressortissants étrangers expulsés des États-Unis, à condition que la justice le leur permette. 

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