Ce qu’on peut déjà vous dire sur le parcours du Tour de France masculin 2027

Encore quelques heures avant… quelques secondes de bonheur pour les autorités municipales des communes qui ont candidaté pour accueillir chez elles le départ ou l’arrivée (ou les deux) d’une étape du Tour de France 2027.
Quand la carte apparaîtra sur l’écran géant du Palais des Congrès parisien et que le patron de la Grande Boucle Christian Prudhomme prononcera les noms des villes et villages retenus, le bonheur sera intense pour les maires concernés mais aussi pour les fans de vélo du coin, pour les vacanciers qui ont déjà réservé dans la région et pour… les coureurs évidemment qui s’y verraient bien fêter une victoire, un sprinteur si c’est en plaine, un grimpeur si c’est en montagne, un rouleur si c’est un chrono.
En parlant de chrono justement, cette 114ème édition du Tour devrait en proposer deux, pas très longs certes, mais deux quand même, de quoi ravir des garçons comme Remco Evenepoel et un certain… Paul Seixas : une trentaine de kilomètres entre Blois et le merveilleux Château de Chambord lors de la septième étape le 9 juillet et environ 25 kilomètres autour de Toulouse le 20 juillet pour l’étape 16. Ne nous faites pas dire ce qu’on n’a pas écrit : non, A.S.O. n’augmente pas le kilométrage contre-la-montre individuel pour favoriser la pépite française de Décathlon-CMA CGM mais si les 55 kilomètres se confirment, on serait alors dans la moyenne haute de l’ère post-Covid (26,1 km en 2026, 44 km en 2025, 59 km en 2024, 22,4 km en 2023, 53,9 km en 2022, 58 km en 2021).
Grand Départ "so british"
Mais prenons les choses dans l’ordre avec le Grand Départ d’abord, en Grande-Bretagne, à Édimbourg pour être précis (succès populaire garanti !), le vingt-septième de l’histoire à l’étranger, le cinquième en six ans après Copenhague 2022, Bilbao 2023, Florence 2024 et Barcelone 2026. Les puristes apprécieront le retour dans l’Hexagone en 2028, dans la pétillante région de Reims.
Le programme ayant déjà été officiellement annoncé, nous sommes ici certains de ne pas nous tromper ! Comme en 2022, la première étape se déroulera le vendredi (le 2 juillet), une première étape en ligne de 184 kilomètres destinée sur papier aux sprinteurs entre Edimbourg (en Écosse) et Carlisle (en Angleterre). Deuxième étape le lendemain pour les puncheurs (même si certains sprinteurs devraient pouvoir s’accrocher) entre Keswick et Liverpool sur un long itinéraire nord-sud de 223 kilomètres. Et puis, le dimanche, sur exactement la même distance, un parcours 100% gallois casse-pattes entre Welshpool et Cardiff avec un final très explosif (six côtes répertoriées dans les 77 derniers kilomètres !). Après ce city-trip "so british", il sera temps de rentrer en France, en ferry, le lundi. Dans ce contexte, les coureurs auront donc exceptionnellement droit à trois jours de repos (les organisateurs ont sollicité et obtenu une dérogation prévue dans les règlements de l’Union Cycliste Internationale).
Elle voulait revoir sa Normandie
Si vous vous aimez les blind tests musicaux, vous connaissez certainement le tube des années 80’"Elle voulait revoir sa Normandie" interprété par Gérard Blanchard. Eh bien, la Grande Boucle aussi voulait revoir sa Normandie après l’avoir ignorée en 2026 (mais les Normands avaient été gâtés en 2025 avec des arrivées à Rouen, Caen et Vire). La rumeur annonce une quatrième étape autour de Cherbourg le mardi 6 juillet avec une ligne tracée en haut de la Côte de la Glacerie domptée par Peter Sagan en 2016. Dès le mercredi, parce qu’il faut bien avancer après un départ d’Edimbourg très septentrional, direction probablement la Bretagne et, on s’en réjouit, Plumelec avec sa mythique ascension de Cadoudal, théâtre chaque année du Grand Prix du Morbihan (Benoît Cosnefroy a remporté les trois dernières éditions !). Dans la foulée, on nous annonce une traversée ouest-est via Angers, Chambord (le chrono évoqué plus haut) et Le Creusot (Matej Mohoric s’y était imposé en 2021 au bout d’une interminable étape de 249 kilomètres). Nous serons alors le samedi 10 juillet et il sera temps d’enfin… grimper !
Les Alpes avant les Pyrénées
L’alternance entre les deux principaux massifs du pays n’est plus aussi régulière qu’avant (sous l’ancien directeur Jean-Marie Leblanc, celui qui était abordé en premier les années paires l’était toujours en deuxième les années impaires, et vice-versa) mais elle s’appliquera bel et bien en 2027 avec préalablement, à confirmer, un arrêt dans le Jura du côté du Grand Colombier qui servirait de marchepied vers la deuxième journée de repos au bord du Lac d’Annecy et surtout vers un programme alpestre étalé sur 48 heures. On évoque Sallanches le 13 juillet (en repérage pour la course en ligne des Championnats du monde ?) et Les Saisies le 14 pour le traditionnel feu d’artifice.
De là, la caravane devrait entamer une longue diagonale droite-gauche en direction des Pyrénées via, parmi les villes citées en coulisses mais non confirmées, Valence, Montpellier et Mende. La piste de l’aérodrome de Mende-Brenoux (où a été tournée la scène finale de l’inoxydable film "La Grande Vadrouille") n’a plus vu le Tour depuis 2022 et la victoire de Michael Matthews. Le dimanche 18 juillet, une étape entre Rodez et Albi (c’est là que Wout Van Aert a décroché en 2019 le premier de ses dix succès sur le Tour) devrait permettre aux baroudeurs de s’amuser un peu.
Tout pourra encore basculer en troisième semaine
Après le troisième lundi de repos au cœur de la Région Occitanie, les coureurs entameront une dernière semaine de course pas piquée des hannetons avec directement le deuxième contre-la-montre individuel à travers les rues de la magnifique ville rose, Toulouse (même si les infos restent un peu contradictoires). Le mercredi 21 juillet à Pau, une dernière opportunité sera sans doute offerte aux sprinteurs (Tim Merlier, Jasper Philipsen, Jordi Meeus, Arnaud De Lie, Milan Fretin, Vlad Van Mechelen, au choix, pour marquer le coup en ce jour de fête nationale belge ?) avant le plat consistant : Saint-Lary-Soulan (le Col du Portet) le 22 et Laruns (via Marie-Blanque) le 23. Laruns qui laisse de bons souvenirs à Tadej Pogacar qui y avait remporté en 2020 la première de ses vingt-six étapes. On devrait connaître ce soir-là le nom du vainqueur final de cette Grande Boucle puisque l’étape du samedi (Libourne ?) ne devrait pas être trop difficile et puisque celle de Paris-Champs Élysées sera hélas probablement neutralisée, surtout s’il pleut trois gouttes dans quatre assiettes (nous sommes volontairement un peu ironiques). Même si Montmartre et sa Rue Lepic n’ont pas encore été définitivement validées, les organisateurs ne devraient pas s’en priver.
En résumé
Avec des étapes pour sprinteurs (Carlisle, Liverpool, Angers, Valence, Albi, Pau, Libourne…), des étapes pour puncheurs (Cardiff, Cherbourg, Plumelec, Mende…), des étapes pour grimpeurs (le Grand Colombier, Sallanches, Les Saisies, Saint-Lary, Laruns…), deux contre-la-montre (Chambord et Toulouse), ce parcours semble équilibré, peut-être un tantinet moins montagneux que ces dernières années. À confirmer, infirmer ou corriger ce jeudi au Palais des Congrès !
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