Projet Cúram pour la Sécurité de la vieillesse | Des dizaines de milliers de cas non résolus

(Ottawa) L’« histoire à succès » qu’est le projet Cúram continue à donner des maux de tête à des milliers d’aînés canadiens.
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Le projet de modernisation des systèmes informatiques utilisés pour le versement des prestations de la Sécurité de la vieillesse au fédéral connaît toujours des ratés avec 32 893 demandes d’aînés non traitées et qui ont dépassé le premier mois d’admissibilité, en date du 30 septembre.
Il s’agit d’une légère baisse comparativement aux 41 089 dossiers en suspens en date du 30 juin qu’a récemment révélé Emploi et Développement social Canada dans des documents déposés à la Chambre des communes.
Ottawa a pourtant une cible de 10 000 dossiers, en tout.
« Près de 67 % [des 32 893 demandes] nécessitent des informations ou des documents supplémentaires de la part du demandeur, ou font actuellement l’objet d’un recours ou d’une enquête », a écrit Jennifer Kozelj, porte-parole de la ministre de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, dans un courriel à La Presse. « Par conséquent, le volume actuel de dossiers en souffrance pouvant faire l’objet d’une intervention s’élève à 10 932 », poursuit-elle.
Cúram en bref
Lancé en 2017, le programme de modernisation du versement des prestations – le projet Cúram – vise à remplacer les vieux systèmes informatiques utilisés pour le versement des prestations de la Sécurité de la vieillesse, de l’assurance-emploi et du Régime de pensions du Canada.
Mais alors que des hauts fonctionnaires de l’État fédéral sont attendus en comité parlementaire de la Chambre des communes ce lundi, ces nouvelles données publiées par le ministère démontrent, selon le Bloc québécois, que ce programme doit quand même faire l’objet d’une enquête publique et indépendante.
« On est en 2026, il y a encore des problèmes avec Cúram. Quel est le plan d’action pour la suite ? », a déclaré la porte-parole bloquiste en matière d’aînés, Andréanne Larouche. « On va les questionner sur la nécessité de faire la lumière là-dessus. »
85 000 demandes en suspens
C’est que dans les derniers mois, Ottawa disait avoir pris le contrôle des problèmes du système qui avait plus de 85 000 demandes en suspens.
Or, dans les documents déposés en Chambre, le gouvernement reconnaît avoir eu en juillet 2025 un problème de système qui a entraîné des paiements insuffisants aux curateurs publics et qui a forcé des ajustements manuels.
Puis, en avril 2026, un autre problème touchant cette fois des demandes numérisées dans Cúram a forcé le gouvernement à consigner les demandes directement dans l’inventaire de traitement des prestations de la Sécurité de la vieillesse.
Finalement, les libéraux avouent que ce n’est pas tout à fait l’histoire à succès qu’on imaginait. Il y a des dépassements de coûts et encore des conséquences sur beaucoup trop de milliers d’aînés.
Depuis mars 2025, moment où le projet Cúram a été mis en œuvre, le nouveau système de la Sécurité de la vieillesse verse des prestations à 7,7 millions d’aînés chaque mois, selon le document déposé aux Communes à la suite d’une question au feuilleton du Bloc.
Au moment où les documents ont été rendus publics à la Chambre des communes, fin septembre, le gouvernement évaluait à environ 1,8 milliard de dollars les dépenses en lien avec le projet Cúram. Il estime que, d’ici 2031, 6,6 milliards de dollars seront nécessaires pour mettre sur pied ce programme, soit près de quatre fois la facture de 1,75 milliard initialement prévue en 2017. On ignore combien il en coûtera annuellement après cette date.
Ottawa dit pourtant avoir versé 633 millions de dollars, soit 41 millions de moins que les prévisions de 674 millions, uniquement pour la mise en œuvre du système de la Sécurité de la vieillesse.
Des coûts estimés en hausse constante
2017 : Lors du lancement du projet basé sur le logiciel Cúram, Emploi et Développement social Canada estime les coûts à 1,75 milliard de dollars.
2019 : L’estimation monte à 1,9 milliard.
2021 : La facture estimée grimpe à 2,2 milliards en raison de la complexité du démantèlement des systèmes informatiques désuets et de la migration de millions de fichiers clients.
Avril 2022 : Le coût estimé atteint 2,5 milliards, alors qu’aucun des trois programmes de prestations n’a encore migré vers la nouvelle plateforme.
Novembre 2022 : Les coûts sont alors estimés de « 2,7 à 3,4 milliards », révélera plus tard un rapport de la vérificatrice générale.
Juin 2025 : Dans une note pour la période des questions de la ministre Patty Hajdu, le coût anticipé bondit à 6,6 milliards, en hausse de 277 % par rapport à la première estimation.
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