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Friday, September 11, 2026

Coup de massue pour de nombreux ménages belges : le prix du mazout de chauffage va très bientôt augmenter

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Par Sudinfo avec Belga

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À partir du mois d’octobre, le prix du mazout de chauffage augmentera de près d’un centime d’euro par litre, annoncent vendredi plusieurs médias. L’information révélée jeudi par l’Echo a été confirmée à Belga par le cabinet du ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet (MR). Les recettes supplémentaires seront versées à Promaz, le fonds qui intervient dans les frais de dépollution des sols contaminés par une fuite de citerne à mazout.

Cette hausse de prix est fixée par un arrêté ministériel du ministre Bihet et de son homologue chargé de l’Économie, David Clarinval. Elle multiplie par cinq la contribution de solidarité en vigueur depuis le début de l’année. Celle-ci s’élevait jusqu’à présent à 0,2 centime d’euro par litre.

Cette contribution de solidarité alimente le fonds Promaz dédié au mazout de chauffage. Toute personne devant procéder à une dépollution des sols à la suite d’une fuite dans sa citerne peut s’adresser à ce fonds pour obtenir une indemnisation. Promaz est toutefois confronté à un sous-financement, ce qui a entraîné le gel de plusieurs millions d’euros de remboursements.

L’augmentation substantielle de la contribution de solidarité lui permettra d’accélérer le rythme. Elle grèvera par contre un peu plus le budget des ménages, déjà confrontés à des prix élevés. Ce vendredi, le prix maximum pour une commande d’au moins 2.000 litres atteignait ainsi 1,4553 euro/litre, son plus haut niveau depuis début avril.

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Journaliste à la Rédaction générale

Le blocage du détroit d’Ormuz, la guerre en Ukraine qui n’en finit pas, l’été qui est bientôt derrière nous. Puis, mêlée à cela, il y a l’inquiétude des Belges face à un avenir énergétique s’annonçant tempétueux. Les factures de gaz, d’électricité et de mazout, les prix qui s’affolent à la pompe ont de quoi vous inquiéter. Comme Ronald, ce lecteur qui nous a contactés via notre bouton « alertez-nous » et qui vient de passer commande pour 1.500 litres de mazout. Il habite dans la campagne hesbignonne et il a failli avaler son café de travers en voyant la note présentée par son fournisseur. « Pour 1.500 litres de mazout livrés fin novembre 2025, j’avais payé 1.172,85 euros. Ici, ce 3 septembre, on m’a facturé… 2.099,23 € ».

Isabelle d’Andenne a le même constat. Elle se chauffe aux pellets. « En octobre 2025, on avait payé 385 euros pour 65 sacs de 15 kilos. Ici, pour la même quantité, notre fournisseur me dit que c’est 440 €. Et que dans deux semaines, ce sera vingt euros de plus ».

En 10 ans, le prix du gasoil de chauffage a triplé

Il suffit d’aller voir les courbes des prix sur le site de la Brafco pour constater que nous avons un problème. Les prix explosent. Celui de l’essence 95 RON 10 a dépassé la barre psychologique des deux euros le litre ce 3 septembre (2,058 €). L’an dernier, il était de 1,627 €. Celui du diesel est de 2,3860 € contre 1,716 € le 3 septembre 2025. Quant au gasoil de chauffage, il grimpe ce vendredi respectivement à 1,4790 € pour 2.000 litres ou plus et à 1,5195 € pour une commande de moins de 2.000 litres. Alors que les prix étaient de 0,775 € et de 0,835 € il y a un an ! Par rapport à septembre 2016, le prix du gasoil de chauffage a… triplé en Belgique. Celui du diesel a presque doublé.

Damien Ernst est réputé pour ses phrases « choc ». Il avait notamment annoncé le litre du diesel à 3 € dans un futur proche. On n’en est pas encore là mais l’expert ne retire rien de ce qu’il a dit. Il l’assure : ceux qui le taxaient d’alarmisme ont désormais sous les yeux la confirmation de ses analyses. « Mon travail, ce n’est pas seulement de dire si les prix montent ou baissent, c’est d’essayer de voir dans quelle direction ils peuvent aller ». Et, selon lui, tous les signaux étaient au rouge depuis longtemps.

« Cette crise est supérieure à celle de 2022 »
Damien Ernst, Professeur à l’ULiège et spécialiste des questions énergétiques

Deux marchés l’inquiètent particulièrement : le diesel et le gaz naturel, avec des conséquences qui devraient toucher directement les ménages belges cet hiver. « Depuis 2022, on est passé d’environ 600 à 700 euros la tonne à plus de 1.400 euros. Sur le marché de gros, on a fait x2 », constate Damien Ernst. Il explique notamment cette flambée par les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. La Russie, autrefois importante exportatrice de diesel, doit désormais en importer.

Les difficultés d’approvisionnement au Moyen-Orient accentuent encore la pression sur le marché. Avec des réserves qui diminuent, les prix grimpent. Et les automobilistes ne sont pas les seuls concernés. « Le mazout, c’est du diesel », rappelle l’expert. Comme le combustible de chauffage est moins taxé, la hausse du prix de gros se répercute presque directement sur la facture des ménages concernés.

Le gaz constitue l’autre grande source d’inquiétude. L’Europe, privée de l’essentiel du gaz russe acheminé par gazoduc, dépend davantage du gaz naturel liquéfié. Or, selon Damien Ernst, l’arrêt d’une partie de la production du Qatar a retiré d’importants volumes du marché.

Surtout, les réserves européennes seraient insuffisantes : « On est à 60-65 % de réserves, alors qu’on devrait être plutôt à 80-85 %. » Pour lui, la situation est même plus préoccupante qu’en 2022. « Cette crise est supérieure à celle de 2022. » Le gaz atteint déjà 72 euros par mégawattheure, contre 60 euros durant l’hiver 2022-2023, affirme-t-il. Avec, cette fois, une crise du diesel qui vient s’y ajouter.

Les ménages wallons particulièrement exposés

La Wallonie est particulièrement vulnérable en raison de l’importance du chauffage au mazout. « En effet, une chaudière sur deux fonctionne encore avec ce combustible ».

Se tourner vers les pellets ne constitue pas forcément une parade. Leur marché étant beaucoup plus petit, une augmentation de la demande peut rapidement provoquer une flambée des prix. Quant aux ménages chauffés à l’électricité, ils ne seront pas épargnés : en hiver, le prix de l’électricité reste étroitement lié à celui du gaz.

Un conseil ?

Pour Damien Ernst, les conséquences seront donc généralisées. « Au niveau de la facture de chauffage, ça va être dramatique cet hiver. » Même une amélioration géopolitique ne suffirait pas à inverser rapidement la tendance, estime-t-il, en raison du faible niveau des réserves.

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L’expert conseille dès lors aux ménages d’augmenter dès maintenant leurs acomptes afin d’éviter de lourdes régularisations, qui pourraient selon lui atteindre 700, 800, voire 1.000 euros.

Et le risque d’une nouvelle flambée demeure. l’expert estime que le gaz pourrait encore progresser de 50 % et atteindre 100 euros le mégawattheure. Quant à l’hypothèse d’un diesel à 3 euros le litre, il la juge toujours possible. Il conclut par une phrase qui donne froid dans le dos : « Cet hiver, c’est foutu. Les ménages vont trinquer. »

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