Paris accueille un sommet sur l'espace pour renforcer le rôle de l'Europe dans le domaine

Un sommet international sur le spatial à Paris s'ouvre ce mercredi 9 septembre au Grand Palais. Voulu par Emmanuel Macron et dans la même veine que celui sur l’intelligence artificielle, l'objectif de cette manifestation est de rassembler en France l'ensemble des acteurs qui travaillent sur l'espace en mélangeant acteurs institutionnels, gouvernements et acteurs économiques. Le domaine spatial est un thème en proie à de grandes mutations ces dernières années et à la multiplication des acteurs.
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La gouvernance internationale du secteur est un enjeu majeur du secteur. L'industrie du spatial en pleine transformation avec la montée en puissance d'acteurs privés, et de velléités de grandes puissances. Paris souhaite conforter les enceintes onusiennes pour favoriser le dialogue. Un dialogue que souhaite provoquer Emmanuel Macron au Grand Palais, via des invitations tous azimuts. 2 000 participants sont espérés, venus de plus de cent pays. Les enjeux industriels, scientifiques et de défense seront parcourus au travers de tables rondes.
Au-delà de ce programme, il s'agit pour le président français de pousser une ambition et une industrie européennes. Ceci en s'appuyant sur le budget de l'Agence spatiale européenne, qui dispose de 22 milliards d'euros sur trois ans. Dans les cartons, il y a les lanceurs Ariane 6, le système de navigation Galileo, Copernicus pour l'observation de la Terre. Surtout, un projet de constellation de satellites européen Iris² pour concurrencer les offres chinoises et américaines.
Les ambitions françaises se heurtent aux principes de réalité. Ce sommet, qui se voulait franco-allemand, se déroulera sans le chancelier allemand, Friedrich Merz, trop pris par sa politique intérieure. C'est pourtant en Allemagne que, pour la première fois en Europe, une entreprise privée a réussi la mise en orbite d'un satellite.
Une autre ombre au tableau est l'absence annoncée des géants américains SpaceX et Blue Origin. « Des annonces avec des entreprises américaines vont être faites pendant le sommet », veut rassurer une source à l'Élysée. À noter néanmoins, des délégations chinoises et indiennes sont attendues. Le continent africain sera également représenté : les présidents rwandais, djiboutien et congolais sont également annoncés.
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Les constellations de satellites, un enjeu stratégique
Les constellations de satellites sont devenues indispensables aux opérations militaires. Multiplication des capteurs, essor du combat collaboratif et robotisation du champ de bataille... Pour garantir les flux de communication de ce triptyque, le combat passe désormais nécessairement par l'espace. En Ukraine, le réseau américain Starlink s'est déjà imposé comme la Rolls des systèmes de communication pour les centres de commandement et de contrôle. Et lorsqu'en 2025, l'armée russe en a été privée, ses forces ont alors rencontré d'immenses difficultés.
En France, pour avoir de l'internet à haut débit, les armées utilisent aussi Starlink. Mais seulement pour leurs exercices. Pour leurs opérations, les militaires basculent obligatoirement sur le réseau sécurisé One Web de l'opérateur Eutelsat. Toutes les grandes armées veulent désormais avoir accès à un réseau souverain. La Russie a récemment annoncé le lancement de Rassvet et la Chine ambitionne de mettre en orbite 13 000 satellites pour l'armée populaire de libération.
Quant à l'Europe, elle déploiera en 2030 la constellation Iris². Le réseau comptera 264 satellites en orbite basse et 18 satellites en orbite moyenne. Ce ne sera donc pas une méga-constellation, mais elle permettra aux Européens d'être souverains sur ce segment clé.
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