63 ans après, on utilise encore cette réplique culte, inventée par Michel Audiard et entrée dans le langage courant

Retour sur Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner et sur l'une des répliques les plus mémorables de Michel Audiard. Une formule devenue incontournable, qui, plus de 60 ans après la sortie du film, continue de s'inviter dans nos conversations.

Par Vincent Formica
En 1963, le réalisateur Georges Lautner et le dialoguiste Michel Audiard nous livraient un chef-d'oeuvre du cinéma français : Les Tontons flingueurs ! Orfèvre du bon mot, Audiard nous offrait ici une verve absolument irrésistible, le tout servi par des acteurs au sommet : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich ou encore Jean Lefebvre.
C’est à Michel Audiard, dialoguiste de génie et véritable artiste de la langue française au cinéma, que l’on doit un nombre incalculable de répliques devenues cultes. Certaines ont même fini par éclipser les films dont elles sont tirées, au point de s’inviter dans nos conversations et d’être encore volontiers lancées entre amis, plusieurs décennies après leur passage sur grand écran.
Gaumont
Une punchline mordante
Aujourd’hui, intéressons-nous à l’une des plus célèbres d’entre elles : une réplique tirée bien sûr des Tontons Flingueurs, devenue au fil du temps si populaire qu’elle a fini par entrer dans le langage courant.
C’est à 1 h 03 de cette célèbre comédie de gangsters, réalisée il y a désormais plus de 60 ans, que retentit la fameuse réplique. Ce soir-là, Fernand Naudin, le truand incarné par Lino Ventura, passe la soirée dans la demeure de son défunt ami, "le Mexicain".
Mais il sait que la tranquillité risque d’être de courte durée : il s’attend à tout moment à voir débarquer les frères Volfoni, auxquels il a récemment rendu une petite visite musclée. Quelques heures plus tôt, il leur a en effet confisqué tout leur argent afin de récupérer les sommes qu’ils lui devaient.
"Vous croyez qu’ils oseraient venir ici ?", demande le notaire Maître Folace, incarné par Francis Blanche, alors qu’il attend avec Fernand, revolver à la main, dans la cuisine de la propriété. C’est alors que Fernand lui répond par une phrase devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma français :
Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.
Courte, cinglante, imparable et, surtout, terriblement drôle : tout le génie de Michel Audiard tient dans cette réplique. Une formule qui, comme tant d’autres sorties du dialoguiste, a largement dépassé le cadre des Tontons Flingueurs.
Au fil des années, elle s’est glissée dans le langage courant, ressortant ici et là, avec plus ou moins de subtilité, au détour d’une conversation ou d’une soirée entre amis.
Un film mythique
Pour ceux qui n'ont encore jamais vu ce chef-d'oeuvre, voici un petit synopsis pas piqué des hannetons, pour vous donner envie de le voir ! Quand Fernand Naudin, ancien truand rangé des affaires, apprend la mort de son vieil ami Louis "le Mexicain", il pense d’abord avoir définitivement tourné la page.
Mais le défunt lui réserve une dernière surprise : il lui confie la garde de sa fille Patricia et la gestion de ses affaires… pas franchement reluisantes. Propulsé à la tête d’un empire criminel, Fernand découvre rapidement que l’héritage est convoité par toute une galerie de malfrats, à commencer par les frères Volfoni.
Entre règlements de comptes, coups fourrés et menaces à peine voilées, les ennuis ne tardent pas à s’accumuler. Pour tenir ses nouveaux adversaires à distance, Fernand peut compter sur quelques vieux complices, dont le notaire Maître Folace et le majordome Pascal.
Mais derrière les airs de réunion de famille se prépare une véritable guerre des gangs. Et dans cet univers où les revolvers parlent presque autant que les hommes, une chose est certaine : avec Fernand Naudin aux commandes, les affaires du "Mexicain" sont loin d’être terminées.
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