Réunion des candidats péquistes | « M. Radio X » critique l’abandon du troisième lien

(Drummondville) À la tête d’un gouvernement minoritaire, le premier ministre désigné et chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon appelle ses candidats défaits et élus à « demeurer mobilisés » en prévision d’un éventuel nouveau rendez-vous électoral. Battu par le Parti conservateur dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, François Gariépy, alias « M. Radio X », attribue sa défaite en partie à l’abandon de la promesse d’un troisième lien réservé au transport collectif entre Québec et Lévis.
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« Je pense que des gens ont été déçus quand même de voir qu’on ne promettait rien pendant quatre ans plutôt que de promettre des menteries, des mensonges, des choses qui n’arriveront pas… De voir que pendant 4 ans, on aurait peut-être une réflexion, du moins un statu quo, je pense que ça a déplu aux gens de Québec », a affirmé l’ex-employé de CHOI en marge d’une réunion des candidats péquistes élus et défaits à Drummondville vendredi.
Le chef péquiste a annoncé l’abandon de sa promesse de réaliser un troisième lien Québec-Lévis au cours d’un prochain mandat le 25 septembre, en campagne électorale.
« Je ne jugerai pas les erreurs de mon chef ou pas là. Moi, ce que je constate, c’est que dans la région de Québec, il y a une, comment dire… je vais le dire d’une façon… comment je le dirais à la radio ? J’étais de l’autre côté avant là et, en toute franchise, je pense que le statu quo pour les gens de Québec est très difficile à supporter », a-t-il soutenu.
Moi, je ne me suis pas lancé en politique pour faire un troisième lien. Mais jusqu’à tout récemment, je travaillais dans une radio qui s’appelle BPM Sports et je faisais la circulation à même mon sous-sol dans Château-Richer et je voyais le fameux fer à cheval rouge clignotant qui en est la preuve. En fait, il faut s’intéresser aux enjeux de circulation dans la grande région de Québec. Et je pense que cette discussion-là, ça doit d’être fait.
Il croit qu’« une réflexion sur le troisième lien doit être entamée » au sein du parti.
Il ne remet pas en question l’appui de son parti au tramway, un projet que critiquent les conservateurs. « Je pense que c’est quelque chose à part. Les gens de Québec, je pense, apprécient, du moins dans les quartiers centraux, l’arrivée de ce nouveau moyen de transport. Mais assurément le troisième lien en périphérie, notamment dans mon comté, sur Côte-de-Beaupré, c’est un enjeu. »
Il s’est également dit victime de la « vague conservatrice » qui a déferlé dans la grande région de Québec. Le Parti québécois n’y a fait élire aucun député. La conservatrice Caroline Simard, une ex-députée libérale, a battu M. Gariépy lundi soir.
Il croit nécessaire la nomination d’un non-élu comme ministre pour représenter la Capitale-Nationale autour de la table des décisions. « Ça prend quelqu’un au conseil. En fait, ça prend quelqu’un pour porter la voix des gens de Québec, ça va de soi », a-t-il dit.
Le candidat défait n’a pas l’intention de céder au chant des sirènes conservatrices. Il demeure un « souverainiste convaincu ». « Paul St-Pierre Plamondon a été la personne qui m’a inspiré pour me lancer en politique », a ajouté celui que François Legault avait surnommé « M. Radio X » lors des points de la presse de la pandémie.
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES LA PRESSE
Le premier ministre désigné et chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Dans son discours à Drummondville, le premier ministre désigné a d’ailleurs invité ses candidats à « demeurer mobilisés ». Même s’il veut collaborer avec l’opposition, un gouvernement minoritaire peut tomber à tout moment et des élections pourraient avoir lieu dans un avenir prochain, a-t-il prévenu.
« On va avoir une posture de collaboration dans l’objectif d’avoir un impact positif rapidement dans la vie des gens. Est-ce que cette main tendue va être acceptée par les autres partis ? Ça, ce n’est pas sous notre contrôle. Mais ça nous donne l’obligation également de demeurer mobilisés pour une campagne électorale, pas à court terme, mais éventuellement, peut-être pas non plus. »
La durée de vie d’un gouvernement minoritaire est de 18 à 24 mois en moyenne.
Dans les derniers mois, le Parti québécois avait écarté l’idée de recruter des caquistes comme candidats. Maintenant qu’il est au pouvoir et doit faire plus de 500 embauches dans les cabinets, il n’écarte pas de recruter d’ex-péquistes qui ont travaillé au gouvernement caquiste pour combler des postes.
L’ex-ministre caquiste Mathieu Lacombe, qui a participé à la soirée électorale du PQ lundi, pourrait-il obtenir un poste ? La porte est restée ouverte lorsque l’on a questionné des péquistes à ce sujet.
Quand le PQ a affiché un poste d’attaché de presse il y a environ six mois, les trois quarts des 50 postulants provenaient de la Coalition avenir Québec, note-t-on.
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