Avalanche de joie, puis douche froide au Parti québécois
Les partisans péquistes ont assisté à un énorme bond en avant de leur formation politique, lundi, à l’Espace St-Denis de Montréal. Peu importe le décompte final, le résultat de la soirée électorale était sans commune mesure avec celui des élections générales de 2022. Alors presque effacée de la carte, la formation souverainiste a aujourd’hui repris le contrôle du gouvernement du Québec.
Les premières effusions de joie au rassemblement du Parti québécois ont éclaté lorsque le député Joël Arseneau a été réélu dans la circonscription des Îles-de-la-Madeleine, vers 20 h 15. Par écrans interposés, il a souhaité « que le raz-de-marée péquiste parte des Îles-de-la-Madeleine et se rende jusqu’en Outaouais ».
Les victoires ont suivi dans Matane-Matapédia-Mitis, Abitibi-Ouest, Bellefeuille, Les Plaines. Peu avant 20 h 40, Radio-Canada a annoncé que le Parti québécois formerait le prochain gouvernement. « Olé, olé, olé ! » ont chanté les partisans, fleurdelisés et pancartes du Oui en main.
Comme par un coup du destin, la réélection de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a été annoncée dans les minutes suivantes, faisant monter les décibels dans le plafond de l’Espace St-Denis.
Nouvelle « histoire d’amour »
Quatre ans auront tout changé pour le Parti québécois (PQ) : PSPP sera le prochain premier ministre du Québec.
Candidate en 2022 et 2026 dans Saint-Jérôme, Sandrine Michon a dit constater une énorme différence entre les deux dernières soirées électorales péquistes. « En 2022, on avait un chef peut-être un peu moins connu à l’époque. On est vraiment ailleurs », a-t-elle lancé en début de soirée, « confiante » que les Québécois reprennent leur « histoire d’amour » avec son parti.
« Je suis sur le bord de la liquéfaction », avait pour sa part affirmé le candidat péquiste dans Rosemont, Pierre-Luc Brillant, en début de soirée. Tout au long de la campagne, les sondages avaient laissé présager une chaude lutte dans sa circonscription. Sur le plan national, « ça sent bon, c’est sûr », avait ajouté l’acteur et musicien.
Cette année, le chef Paul St-Pierre Plamondon avait fait campagne en mettant en avant la nécessité de « réparer une tuyauterie qui coule abondamment » après huit ans de gouvernements caquistes. Il a également promis de « tenir parole » en organisant d’ici la fin d’un premier mandat — mais après la présidence de Donald Trump — un référendum sur l’avenir du Québec dans la fédération canadienne.
« Vous avez entre vos mains le changement que vous souhaitez », avait lancé M. St-Pierre Plamondon aux électeurs en matinée, se disant « fébrile et serein ».
Majoritaire ? Minoritaire ?
Au moment où ces lignes étaient écrites, il était encore impossible de déterminer si le nouveau gouvernement serait minoritaire ou majoritaire. Paul St-Pierre Plamondon avait plaidé lors des derniers jours de la campagne pour que les électeurs lui donnent la marge de manœuvre nécessaire en lui accordant une majorité de sièges.
« Le gouvernement qui est appelé à remplacer la [Coalition avenir Québec] sera vraiment devant des gros défis. Et ensuite, il y a toute la géopolitique au sud de la frontière, plein d’enjeux qui peuvent […] poser des défis à ce gouvernement-là. C’est une bonne idée, dans les circonstances, d’avoir un gouvernement fort et stable », avait-il lancé depuis Plessisville, dans le Centre-du-Québec.
Ces derniers jours, il avait passé une grande part de son temps dans des circonscriptions encore « serrées » dans ce qu’il a appelé une « opération indécis ». Son autobus bleu s’est donc arrêté dans Arthabaska-L’Érable, dans Louis-Hébert, dans Champlain, dans Hochelaga-Maisonneuve et dans Rosemont, notamment.
Paul St-Pierre Plamondon en était à son deuxième scrutin comme aspirant premier ministre. En 2016, il avait tenté sa chance pour devenir chef du PQ, sans succès. La deuxième fois fut la bonne, en 2020.
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