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Sunday, November 8, 2026

Le président turc Erdogan en Azerbaïdjan pour apaiser les tensions

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan est dimanche en Azerbaïdjan pour apaiser des tensions entre Ankara et Bakou apparues au grand jour après l’adoption par les autorités azerbaïdjanaises de règles restreignant le port du voile islamique à l’école.

Le dirigeant turc et son épouse Emine Erdogan sont arrivés par avion dans le district de Fizuli, reconquis par l’Azerbaïdjan — avec le soutien de la Turquie — lors d’une guerre victorieuse en 2020 contre des séparatistes arméniens.

M. Erdogan a été accueilli à l’aéroport par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et la première dame Mehriban Alieva, ont rapporté des médias locaux.

Les deux dirigeants doivent tenir une conférence de presse commune dans l’après-midi.

Recep Tayyip Erdogan se rend officiellement en Azerbaïdjan pour les célébrations de la victoire militaire, en novembre 2020, contre des séparatistes arméniens après une guerre de six semaines.

Mais cette visite vise surtout à atténuer une discorde entre ces deux pays alliés, car leurs relations ont pris un tour aigre en septembre lorsque l’Azerbaïdjan a adopté de nouvelles règles sur les uniformes scolaires interdisant les ajouts jugés incompatibles avec la laïcité.

« Ingérence »

L’Azerbaïdjan, une ex-république soviétique majoritairement chiite, est l’un des États les plus laïques du monde musulman, tandis que la Turquie affiche une politique ouvertement islamo-conservatrice.

Bien que les nouvelles règles prises par Bakou ne mentionnent pas le voile, des jeunes filles portant le hidjab auraient été refusées à l’entrée d’établissements scolaires, provoquant des manifestations en Azerbaïdjan.

Le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie et issu de l’islam politique, a exigé que Bakou revienne sur ces restrictions.

Oktay Saral, conseiller du président Erdogan, a aussi dénoncé la mesure. En réaction, le parti du président d’Azerbaïdjan Ilham Aliev a accusé les critiques turques d’« ingérence » et Bakou a déclaré « persona non grata » 31 citoyens turcs pour des critiques publiées sur les réseaux sociaux.

M. Erdogan a limogé Oktay Saral, mais Ilham Aliev a boudé le sommet des dirigeants turciques à Ankara, le 30 octobre, et envoyé à sa place son ministre des Affaires étrangères.

En amont de sa visite, M. Erdogan a félicité son « cher frère » Aliev pour la « grande victoire » de l’Azerbaïdjan lors de la guerre de 2020 contre les séparatistes soutenus par l’Arménie.

À l’issue de cette guerre, l’armée azerbaïdjanaise avait repris une partie de l’enclave du Karabakh tenue par des séparatistes arméniens depuis trois décennies. Elle a ensuite reconquis entièrement ce territoire lors d’une offensive éclair, en 2023. À chaque fois, avec le soutien de la Turquie.

Ces deux pays voisins, dont les langues officielles sont très proches, ont des liens politiques, militaires, économiques et culturels étroits, résumés par la formule « une nation, deux États » employés par leurs diplomaties respectives.

Dans une lettre adressée à M. Aliev avant sa visite, M. Erdogan a ainsi affirmé que les « liens inébranlables d’amitié et de fraternité fondés sur le principe “une nation, deux États” » permettront aux deux pays de poursuivre une « étroite coopération ».

« Pas le petit frère »

Outre une divergence concernant les rapports entre la religion et l’État, des analystes soulignent néanmoins que la querelle entre Bakou et Ankara reflète aussi des désaccords géopolitiques.

Elkhan Shahinoglu, directeur du centre de recherche Atlas, basé à Bakou, affirme à l’AFP que ces tensions viennent du fait que « Bakou ne se considère pas comme le petit frère dans cette alliance et insiste sur des relations entre partenaires égaux ».

« Les tensions couvent depuis longtemps au sujet de plusieurs questions, notamment la souveraineté de l’Azerbaïdjan, l’influence d’Ankara à Bakou, des politiques divergentes envers Israël et le rapprochement de la Turquie avec l’Arménie », a énuméré Gönül Tol, une analyste à l’Institut du Moyen-Orient, à Washington, sur X.

L’Azerbaïdjan a noué des liens solides avec Israël, qui lui a notamment fourni des armes lors de sa guerre en 2020 contre l’Arménie et les séparatistes.

Ces liens irritent Ankara, qui est devenue de plus en plus hostile à l’égard d’Israël du fait de la guerre à Gaza.

La Turquie cherche également à normaliser ses relations avec l’Arménie, avec laquelle Bakou entretient toujours des relations tendues.

Malgré les frictions, les deux pays restent étroitement liés par des relations militaires et énergétiques. La Turquie sert de route de transit essentielle pour les exportations de pétrole et de gaz azerbaïdjanais vers les marchés occidentaux.

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