Sécheresse : une mauvaise année pour les champignons dans nos forêts

Fin septembre, début octobre : c’est normalement la période idéale pour partir à la cueillette des champignons. Pourtant, cette année, les sous-bois affichent un calme inhabituel. La faute à un été particulièrement sec qui a privé le sol de l’humidité nécessaire au développement des champignons. "Ça fait déjà un moment qu’on a vraiment un déficit en eau et les champignons ont vraiment besoin de beaucoup d’eau. En général, on trouve des champignons en automne, notamment parce que la température est idéale tout comme l’humidité", explique David Dumont, guide nature chez Charleroi Nature. Si quelques pluies sont tombées début septembre, elles n’ont pas suffi à reconstituer les réserves du sol. "Si on va dans le bois et qu’on rentre sa main dans la litière, c’est encore tout sec", constate-t-il.

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Moins d’espèces, moins de qualité
Conséquence directe de cette sécheresse : non seulement le nombre de champignons est en baisse, mais la diversité des espèces s’en trouve également réduite. Les naturalistes de Charleroi, qui organisent chaque année une exposition mycologique, récoltent habituellement entre 200 et 300 espèces. "Ici, si on arrive à une centaine d’espèces, on sera content", admet David Dumont. La qualité des spécimens trouvés est elle aussi affectée : les premières poussées sont rapidement prises d’assaut par les insectes et les limaces, ce qui nuit à leur état général. Seuls les polypores, champignons poussant sur le bois mort, tirent mieux leur épingle du jeu, le bois conservant davantage d’humidité en son sein.
Un phénomène qui se répète
Ce tableau sombre n’est malheureusement pas inédit. "Ça fait une quinzaine d’années que le climat est perturbé chez nous, avec des périodes de sécheresse et des périodes de pluie intense", souligne le guide nature. Une tendance confirmée par d’autres observations : depuis plusieurs années, la saison mycologique se décale et se raccourcit, débutant de plus en plus tard dans l’automne. Tout n’est cependant pas perdu : quelques jours de pluie suffiraient à permettre au mycélium de se redévelopper et de relancer une nouvelle poussée.
Il y a peut-être une chance que la saison soit décalée en novembre
La saison pourrait ainsi se débuter avec quelques semaines de retard, repoussant l’espoir des amateurs de cueillette vers la fin de l’automne.
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