The Jerusalem Post'They sent missiles, we sent a bill': Bat Yam mayor serves Iranian diplomat with NIS 250m. lawsuitPunchBEDC raises staff salariesInquirerErwin Tulfo seeks safeguards for workers displaced by AISky TG24Ecuador, migliaia in piazza contro il governo di NoboaBollywood HungamaHrithik Roshan attends LACMA Art + Film Gala 2026, becomes first mainstream Indian actor to grace eventZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-NachrichtenstudioWirtualna PolskaPo zamachu w Krakowie. Kto biegł na pomoc, a kto po zasięgi [OPINIA]BBC NewsWalsh-inspired Australia crush irate Samoa to reach World Cup finalStraits Times SportSingapore runner Shaun Goh lowers 10,000m mark for his seventh national record of 20267sur7“C’est un co*****”: un enfant de 8 ans insulte Macron en direct, franceinfo réagitالشرقسامر المصري لـ"الشرق": "أبو جانتي" نضج.. والجزء الثالث مغامرة محسوبةEl Comercio“Stephen Miller encabeza la estrategia de Trump para gobernar sin el Congreso”
The Daily Newsstand · Free, Always
Sunday, November 8, 2026

Josiane veut voir Richard Desjardins

Translate

D’abord, laissez-moi vous présenter Josiane : jeune quarantaine, grande, jolie, dynamique. Le cœur grand comme le Lac-Saint-Jean, d’où elle vient. Elle prend de la place, mais c’est pour en faire aux autres. Elle parle fort pour bien faire entendre ses mots doux. Une fonceuse charmante. Tous les gens qu’elle croise veulent la suivre, tellement sa personnalité est attachante.

Publié à

Je la connais parce que c’est la blonde de mon chum Marc, le chanceux.

Elle a travaillé dans tous les domaines : restauration, showbiz, téléphonie, yoga… En ce moment, elle est dans le cinéma.

Josiane a une idole : Richard Desjardins.

C’est son top. Son numéro un. Elle connaît toutes ses chansons par cœur. Et connaître toutes les chansons de Desjardins par cœur, c’est un exploit olympique. C’est connaître des millions de paroles. Juste dans sa toune Les Yankees, y a plus de mots que dans l’œuvre complète de Bleu Jeans Bleu (en passant, les gars, félicitations pour l’ADISQ !).

Le 22 juin dernier, 6 h du matin, on annonce la mise en vente de deux spectacles du chanteur abitibien au Club Soda. Commotion générale. Desjardins retourne au Club Soda, 35 ans après l’enregistrement du mythique album live. Le poète à lunettes n’a pas donné de show à Montréal depuis celui au Métropolis, en 2013. Treize ans d’absence, les fans sont en manque. Les fans veulent être là.

Il fut un temps où Josiane aurait couché dans son char pour être la première dans la queue, devant le Club Soda, en quête de billets, mais ça ne se passe plus comme ça. Maintenant, la ligne se fait en ligne.

Le guichet virtuel ouvre à 10 h, Josiane est devant son ordinateur. Elle pitonne à toute vapeur. Après plusieurs essais, elle reçoit finalement un numéro de file d’attente : 63.

63, c’est pas si pire. Même aux urgences. Mais c’est 63 à partir de quoi ? Si c’est à partir de zéro, c’est gagné. Si c’est à partir de 938, c’est perdu. Comment savoir ? Ils sont rendus à 14, il y a de l’espoir. 20… 25… 30… 31… Elle sent qu’elle a déjà un pied dans le Club. 32, la porte se referme, un message apparaît : les deux spectacles sont complets. Comment ça, complets ? Un spectacle de Richard Desjardins ne peut pas être complet sans elle.

Josiane ne se décourage pas. C’est pas son genre. Après tout, il reste quatre mois avant les deux concerts, elle va bien trouver une façon.

Elle appelle tous ses contacts dans le milieu, et Dieu sait qu’elle en a. No tickets. Elle appelle même des musiciens de Desjardins qu’elle connaît. Billets déjà donnés. On est rendu en septembre, toujours pas d’accès au jardin sacré.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

La foule en ligne pour voir Richard Desjardins au Club Soda, vendredi

Soudain, elle a une idée.

Elle texte son amie qui travaille au Club Soda :

« Est-ce que le Club cherche du staff ?

— Tu sais ce que c’est, y en manque toujours. Surtout des bonnes comme toi. »

Josiane a bossé durant des années à la Cabane du Pied de Cochon. Elle n’en est pas à son premier barbecue ni à son premier lapin frit au sirop d’érable servi à table, non plus.

Elle communique avec le patron du Club Soda, passe son training au bar et commence à travailler mi-octobre. Le cœur est un oiseau et l’oiseau a trouvé sa branche pour voir le show.

Un matin, elle reçoit un courriel du gérant du Club. Ce sont les affectations pour les spectacles de Desjardins. Pas besoin de surnuméraires. Les employés réguliers seront tous présents. Les nouveaux et les nouvelles sont en congé.

Merde. Son plan vient d’échouer. Tout ça pour pas ça.

Au moins, elle pourra se dire qu’elle a tout essayé. Mais pas question de démissionner. Elle va quand même être au poste, les soirs où ils ont besoin d’elle. Parole donnée.

Quelques jours avant le jour D, un employé prévient qu’il ne pourra pas être là. Le Club demande à Josiane si elle veut le remplacer. Si elle veut ?! Si elle veut ?! Plus que n’importe quel bum, plus que n’importe quel bon gars !

Vendredi 6 novembre 2026, Josiane a vu Richard Desjardins au Club Soda.

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.