Le Centre de Prévention du Suicide alerte sur la dégradation de la santé mentale des jeunes

Cette bénévole du Centre de Prévention du Suicide fait partie des 90 volontaires qui se relaient pour assurer une permanence téléphonique, 24 heures/24 et 7 J/7, au 0800 32.123. "Beaucoup évoquent le harcèlement en milieu scolaire pour expliquer leur mal-être. La difficulté d’en parler aux proches ou d'être pris au sérieux dans leur entourage proche". Ces jeunes se sentent différents et exclus et les réseaux sociaux amplifient ce sentiment. Par ailleurs, les problèmes de violences familiales voir d’inceste constituent des motifs d’appels, voire déclenchent des pensées suicidaires, constate cette bénévole qui relève aussi une différence essentielle entre les appels de jeunes ou d’adultes. "Pour un jeune, il est difficile de concevoir que les choses iront mieux, ...l’année prochaine ! Pour eux, la période de souffrance semble infinie alors qu’ils réclament des réponses rapides".

Les jeunes de plus en plus nombreux à contacter le Centre de Prévention du Suicide
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"Cela fait peur d’entendre un jeune dire qu’il a des pensées suicidaires"
Sophie Simal est l’une des psychologues cliniciennes qui travaillent pour la ligne d’écoute. Elle accompagne notamment des patients en crise suicidaire ou endeuillés par suicide. "Il y a cinq ans, j’avais de temps à autre un jeune en consultation. Aujourd’hui, ils sont plus de 15%". Certes, la ligne d’écoute est plus connue grâce aux campagnes de promotion diffusées notamment dans les transports en commun, mais selon Sophie Simal, cela n’explique pas tout. "Les jeunes ont besoin de repères, d’espoir or l’état du monde n’est pas réjouissant. Si le jeune rencontre par ailleurs des problèmes personnels ou familiaux, cela peut déboucher sur des pensées suicidaires". Or sa parole ne sera pas toujours entendue. Notamment parce que cela fait peur d’entendre un adolescent parler de suicide. Les proches choisissent parfois de minimiser ou de relativiser : "Ils disent que cela va aller avec pour effet de décourager le jeune de poursuivre la conversation".
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