Paraguay: visé par une procédure de destitution, le président Santiago Peña démissionne sur fond de scandale bancaire

Visé par une procédure de destitution, le président du Paraguay Santiago Peña a présenté sa démission jeudi 5 novembre. Il se préparait également à son procès en destitution vendredi, dans la foulée d'un scandale bancaire affectant des millions d'épargnants, et qui a mobilisé des milliers de manifestants dans la capitale, Asunción. Cette crise bancaire massive a privé des millions de personnes de l’accès à leur argent.
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Près de 48 heures après le début d’une crise bancaire qui a privé 3 millions de Paraguayens d’accès à leur épargne, et alors que l’inquiétude et les manifestations prenaient de l’ampleur à Asunción, le président paraguayen Santiago Peña a annoncé sa démission jeudi 5 novembre. Le chef d'État est passé en trois ans d'une image de brillant économiste incarnant la jeune garde du parti dominant dans le pays, à celle d'homme d'État visé par une destitution pour ses liens avec une banque devenue insolvable.
« Je veux demander pardon au peuple si, à un moment donné, j'ai failli. Je n'ai jamais eu l'intention de trahir la confiance que vous aviez placée en moi », a-t-il assuré dans son discours. Lâché par son propre parti, le président paraguayen a pris les devants pour éviter une destitution.
Car au moment de sa démission, la chambre des députés venait de voter sa mise en accusation à l’unanimité. Les élus lui reprochaient notamment d’avoir été lié, jusque l’an passé, à la banque Ueno. La mise sous tutelle de cette dernière par la Banque centrale a entraîné le gel des dépôts de près de trois millions de Paraguayens, soit près de la moitié de la population de 6,5 millions d'habitants.
Quelques heures après avoir signé sa lettre de démission, Santiago Peña a demandé « un délai de 72 heures », pour préparer sa défense avant la première audience devant le Sénat, prévue vendredi 6 au matin. « J'ai demandé une prolongation de 72 heures pour exercer ma défense », a-t-il déclaré sur X. Il a déploré d'avoir été notifié à 22h15 (1h15 TU) jeudi d'un acte d'accusation de 15 pages avec « environ 300 pages d'annexe », lui demandant « de répondre en moins de 12 heures » : « Ce n'est pas une procédure régulière », ajoute-t-il.
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Le Parlement doit encore accepter sa démission
« Aujourd'hui, je n'ai qu'une priorité : la tranquillité des Paraguayens qui ont confié leurs économies à notre système financier, a insisté le désormais ex-président. Mon plus grand souhait est que la restitution de ces fonds puisse être garantie, et que les fonds publics qui appartiennent à tous les Paraguayens soient protégés. » Reste maintenant à savoir si le Parlement acceptera la démission de Santiago Peña, qui bénéficierait ainsi de l’immunité dont jouissent les ex-présidents, ou si les élus vont persister sur le procès politique et la destitution.
L'économiste Santiago Peña avait été élu confortablement en 2023 à l'âge de 44 ans, devenant ainsi le plus jeune président de l'histoire du pays, avec 42,7 % des voix, contre 27,5 % à son rival de centre-gauche lors de la présidentielle. Passé par la Banque centrale du Paraguay et le Fonds monétaire international, puis le ministre des Finances, Santiago Peña se disait en phase avec la « société conservatrice » du Paraguay et proche du quotidien des citoyens.
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