COP31 : loin des grandes promesses, cette initiative belge qui fait avancer l’écologie, jusqu’à économiser 200 tonnes de plastique par an

Un patron heureux de voir ses machines à l'arrêt, ce n'est pas banal. Et pourtant, Xavier Rombouts ne cache pas sa satisfaction devant les imposantes machines à injection plastique qui occupent encore une partie de son usine. " Je suis très content de ne pas les voir tourner. On les a toutes arrêtées. D'ailleurs, si vous en voulez une, vous pouvez la récupérer parce qu'on n'en fait plus rien ", plaisante le dirigeant de l'entreprise familiale, fondée il y a 130 ans.
Ces machines fabriquaient autrefois les célèbres filtres à café individuels inventés par Rombouts en 1958. Un concept simple, un filtre contenant une dose de café moulu, de l'eau chaude et une tasse. Pas besoin de cafetière. Mais un inconvénient de taille, le plastique utilisé pour fabriquer le filtre.
Huit ans pour trouver la bonne fibre
" Je me suis dit que si on arrivait à remplacer le plastique par un matériau plus écologique, on pourrait redonner une vie à ce concept ", explique Xavier Rombouts.
Il aura fallu huit années de recherche et développement pour y parvenir. L'entreprise a d'abord envisagé les bioplastiques, notamment ceux fabriqués à partir d'amidon de maïs. Une piste finalement abandonnée.
" On trouvait un peu un contresens de dire qu'on allait utiliser de l'alimentation pour faire un substitut au plastique ", souligne le dirigeant.
La solution viendra finalement de la canne à sucre. Plus précisément de la bagasse, un résidu fibreux récupéré après l'extraction du jus de la plante. Habituellement considéré comme un sous-produit de cette transformation, il peut servir à fabriquer un matériau qui ressemble à du carton.
C'est ce matériau que Rombouts utilise désormais pour ses filtres, compostables à domicile selon l'entreprise. Le principe du café individuel, lui, reste inchangé.
Une réflexion qui dépasse le filtre à café
Xavier Rombouts, © RTBF
Ce changement s'inscrit dans une démarche plus large. L'entreprise travaille également sur ses emballages, notamment pour remplacer l'aluminium et privilégier des matériaux uniques, plus faciles à recycler. " C'est vraiment une réflexion qu'on a faite de A à Z ", insiste Xavier Rombouts.
Selon son dirigeant, le remplacement des anciens filtres permet d'économiser jusqu'à 200 tonnes de plastique par an.
À l'heure où les négociations internationales sur le climat s'ouvrent à Antalya, en Turquie, cette initiative rappelle que la transition écologique se joue aussi dans les choix industriels du quotidien. Parfois, jusque dans une simple tasse de café.
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