Apiculture en milieu carcéral : les leçons de vie d’Hafid et ses abeilles

Dans cette période délicate, ils ont besoin d’être structurés. Et la vie de l’abeille transmet ces valeurs-là
C’est dans le préau de la maison de détention de Forest que nous l’avons retrouvé au milieu de ses ruches. Durant la saison, il vient chaque mardi pour donner une formation d’apiculture aux détenus, appelés "résidents" qui ont en commun de purger de courtes peines (maximum trois ans).
"Mon premier objectif dans cette activité, ce n’est pas qu’ils deviennent des apiculteurs. Car dans cette période délicate pour eux, ils ont besoin d’être structurés. Et la vie de l’abeille transmet ces valeurs-là." Avec un style tout à lui, Hafid utilise depuis des années l’apiculture urbaine pour transmettre les valeurs de respects, d’ordre, de résilience, de vivre-ensemble, etc.
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Les abeilles privilégient l’intérêt collectif sur l’individuel
De la gestion des ruches jusqu’à l’extraction du miel, l’apiculteur social implique à chaque étape les résidents tout en distillant de petites infos : "Il y a 50 000 abeilles par ruche. Chacune a un rôle bien précis. Elle peut parcourir 800 km pour chercher de la nourriture qu’elle ne consommera jamais ! Regardez comme elle est humble l’abeille. Qui parmi nous serait prêt, comme elles, à donner sans rien attendre en retour ?"
Les résidents s’appliquent ensuite à enlever délicatement les abeilles des cadres avant l’extraction de miel. Hafid leur demande alors pourquoi, à leur avis, l’abeille a traversé 100 millions d’années d’histoire sans disparaître.
Hafid prend deux résidents bras dessus, bras dessous et ajoute : "C’est parce qu’elles sont comme ça ! Parce que les abeilles vont privilégier l’intérêt collectif sur l’individuel."
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Les valeurs des abeilles, je pense que cela peut m’impacter
Pour l’extraction du miel, Hafid privilégie un vieux modèle de centrifugeuse manuelle plutôt qu’un modèle automatique. Cela permet de faire se relayer les résidents derrière la manivelle, qu’il faut tourner vite et fort. Tous peuvent alors constater que la récolte est le fruit d’efforts collectifs et de solidarité.
Essoufflé, Maxime (prénom d’emprunt) se livre sur cette activité : "Les valeurs des abeilles, comme la solidarité, je pense que cela peut m’impacter. Quand on est en prison, on est solitaire. Enfin, normalement tu es solitaire. Mais on essaie d’être solidaires."
Hafid et les résidents ont enfin récolté le miel tant convoité. Et une bonne dose de leçons de vie en cours de route. L’un des résidents s’est d’ailleurs porté candidat pour une formation d’apiculteur.
Pour découvrir l’intégralité de cette immersion avec Hafid l’apiculteur et les résidents de la maison de détention de Forest, rendez-vous dans la vidéo ci-dessus en tête d’article.
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