Manifestations étudiantes et affrontements avec la police : entre 1995 et 2026, une impression de déjà-vu à Liège ?

C’est à Liège que les tensions atteignent leur paroxysme. Une étudiante exprime toute sa lassitude devant la caméra de la RTBF : "Ça fait trop longtemps qu’on est gentil, qu’on fait les manifs, qu’on suit les itinéraires, qu’on se promène. Ça a servi à quoi ?"
Le 28 novembre 1995, à Liège, rien ne s’est passé comme prévu. À 14 heures, un cortège de plusieurs milliers d’étudiants quitte le lieu-dit des Terrasses pour protester contre les mesures d’économies prévues dans l’enseignement supérieur.
Le cortège emprunte un tunnel dont la sortie ne figure pas dans l’itinéraire prévu. Les forces de l’ordre demandent alors aux étudiants de faire demi-tour. La cavalerie de la gendarmerie charge pour les faire sortir de la trémie, tandis que d’autres policiers sont positionnés à l’autre extrémité. Pris entre deux charges, les étudiants sont cernés. Les coups de matraque pleuvent, les provocations se multiplient, dans un brouillard de gaz lacrymogène.
Dans le centre de Liège, le chaos s’installe. Désarçonné par son cheval, un gendarme a la jambe fracturée. Les affrontements sont violents : "Ce n’est plus de la manifestation, c’est de la guerre. On était chargés avec des armes, on nous frappait", raconte un jeune sous le choc.
Pour Pierre Verbeeren, la première image qui vient "c’est ce cheval qui traverse la manifestation étudiante et qui envoie des étudiants valdinguer à gauche et à droite". Et la fameuse trémie de Liège "dans laquelle les étudiants s’engouffrent". Ces évènements l'ont marqué.
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