Affaire Ryan Wedding | Le chef de gang Atna Onha veut être libéré

Atna Onha, présumé complice du narcotrafiquant Ryan Wedding dans l’assassinat d’un collaborateur du FBI, demande sa remise en liberté provisoire, alors qu’il risque l’extradition aux États-Unis. Des proches de l’accusé offrent une importante caution : une somme de 60 000 $ et un immeuble résidentiel.
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Le chef de gang montréalais surnommé « Tupac » est soupçonné par le gouvernement américain d’avoir aidé le puissant baron de la drogue Ryan Wedding à éliminer Jonathan Acebedo-Garcia, un ancien trafiquant de drogue qui collaborait avec le FBI.
Atna Onha est détenu depuis son arrestation par la GRC en novembre 2025. Les États-Unis demandent son extradition en vue de son procès devant les tribunaux californiens.
Or, il estime que sa détention n’est pas nécessaire pour assurer sa présence devant les tribunaux et que rien n’indique qu’il aurait tenté de fuir le pays avant son arrestation. « Il est citoyen canadien, possède un passeport canadien, ainsi que des attaches importantes au Canada », lit-on dans la requête sur remise en liberté déposée dans les dernières semaines.
Importante caution
Des proches de l’accusé s’engagent à verser 60 000 $ s’il ne respecte pas ses éventuelles conditions de remise en liberté. L’une de ses cautions ajoute à cette somme déjà importante une garantie sur un bien résidentiel dont la valeur n’est pas précisée. Atna Onha promet la remise de son passeport, des rapports réguliers aux autorités et une surveillance électronique au besoin.
L’accusé ne possède qu’un seul antécédent judiciaire datant de 2019 pour un chef de menaces. Il avait écopé à l’époque de la prison à domicile, rappelle la défense dans le document judiciaire. La preuve ne démontre pas, à leur avis, qu’il dispose des ressources nécessaires pour poursuivre des activités criminelles ou tenter de faire obstacle à la justice.
La requête dépeint M. Onha comme un simple citoyen canadien originaire de Guinée-Bissau œuvrant dans le domaine de la rénovation. Il serait arrivé au Québec à l’adolescence.
« De double ouï-dire », clame la défense
Le rôle du chef de gang montréalais dans le meurtre de Jonathan Acebedo-Garcia demeure nébuleux puisqu’il repose en grande partie sur les déclarations d’un témoin collaborateur, croit la défense. « Le dossier ne le présente pas comme un décideur au sein de l’organisation alléguée, ni comme une personne ayant planifié, ordonné ou exécuté le meurtre », d’après la requête déposée par l’accusé.
Ses avocates avaient allégué dans une autre requête que les autorités américaines font « une représentation trompeuse » en affirmant que ce témoin collaborateur et l’ex-bras droit de Ryan Wedding, Andrew Clark, ne sont pas la même personne.
Le juge Alexandre Bien-Aimé, lors d’une audience précédente, avait affirmé qu’il semblait évident qu’Andrew Clark était ce fameux « court witness ».
« À ce stade, la preuve est faible. Elle repose largement sur les déclarations du témoin collaborateur, lesquelles comportent du double ouï-dire et rapporte des propos attribués à M. Wedding plutôt que des actes ou paroles directement imputables au requérant », plaident les avocates de Onha.
La défense estime que ce témoin, ayant été membre de l’organisation de Wedding, a un « intérêt manifeste » à minimiser son rôle dans cette affaire et à détourner la responsabilité vers quelqu’un d’autre.
Même dossier, différentes versions
Selon les avocates du caïd, la signature en février 2026 d’une version révisée du dossier d’extradition s’est faite hors du délai prescrit. Ce même mois, une accusation de complot s’est ajoutée. Elles reprochent au Procureur général du Canada de ne pas avoir fourni les versions antérieures.
Cet élément soulèverait « de sérieuses atteintes à l’intégrité de la procédure et mine la fiabilité même du dossier d’extradition ».
Selon la défense, il y a une possibilité que la preuve ne soit pas conforme au droit Canadien vu l’implication d’une puissance étrangère – les États-Unis – dans cette enquête.
Les avocates reprochent d’ailleurs aux autorités de ne pas avoir divulgué les notes policières entourant l’arrestation d’Onha l’année dernière. Ce dernier affirme donc ne pas avoir l’information nécessaire pour contester les fouilles effectuées. Les policiers avaient alors saisi deux téléphones cellulaires et environ 5000 $ en argent comptant.
Me Danièle Roy, Me Ginette Gobeil et Me Diana Sitoianu représentent Atna Onha dans son dossier d’extradition. Me Anne-Renée Touchette et Me Laurent Brisebois agissent pour le Procureur général du Canada. Le dossier doit revenir devant les tribunaux à la fin du mois d’octobre.
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