Face aux Houthis, Ankara serait prêt à aider l'Arabie saoudite au nom du «pacte de la Mecque»

Face aux attaques des rebelles houthis du Yémen, la Turquie serait prête à apporter son aide à l’Arabie saoudite. C’est ce qu’a affirmé le samedi 19 septembre, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, rappelant que la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite sont liés, depuis début août, par un pacte de défense collective baptisé « pacte de la Mecque ». Cet accord prévoit qu’une attaque contre l’Arabie saoudite, la Turquie ou le Pakistan sera considérée comme une agression contre les trois pays.
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Avec notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer
C’est la première fois qu’un responsable turc évoque publiquement les implications possibles du conflit entre les Houthis du Yémen et l’Arabie saoudite pour les trois pays membres du «pacte de La Mecque».
Ankara pas inactive
Que serait prête à faire la Turquie alors que, depuis plusieurs semaines, les tirs des Houthis visent des villes et des infrastructures saoudiennes ? Interrogé par la chaîne turque NTV, le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan n’a pas répondu explicitement. Mais il a laissé entendre qu’Ankara ne restait pas inactive.
« Nous assistons à des attaques très graves contre l'intégrité territoriale, la souveraineté et les infrastructures de l'Arabie saoudite, a déclaré Hakan Fidan. Notre accord stipule que les pays ont des responsabilités d’alliés les uns envers les autres. Notre président est un dirigeant qui tient parole. En tant que membres de l'Alliance de La Mecque, nous suivons de près la situation. »
Un instrument de dissuasion
« Nous avons, dit-il encore, des discussions et des réunions qui ne sont pas connues du public. Il pourrait y avoir des besoins militaires, notamment dans certains domaines techniques. Nous n'aurions aucune difficulté à y répondre. »
Depuis sa création, Ankara présente ce pacte de La Mecque avant tout comme un instrument de dissuasion. Les propos du ministre turc constituent donc à la fois une déclaration de solidarité envers l’Arabie saoudite et, potentiellement, un message adressé à l’Iran, qui soutient les Houthis. Ils peuvent également être interprétés comme un signal à Washington, alors que la guerre contre l’Iran contribue à élargir les répercussions régionales du conflit.
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