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Saturday, October 17, 2026

Longévité : l'habitude qui expliquerait la forme exceptionnelle de l'acteur Dick Van Dyke à plus de 90 ans

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L'idée qu'un état d'esprit positif aide à vivre vieux est ancienne et largement répandue. Elle repose aujourd'hui sur des données plus solides qu'une simple intuition, issues d'études ayant suivi des milliers de personnes pendant des décennies.

Ces travaux comportent toutefois des limites importantes, et la part des gènes dans la longévité vient d'être nettement réévaluée.

Les religieuses de l'étude des nonnes

L'une des premières études marquantes porte sur 180 religieuses catholiques américaines. Au moment d'entrer au couvent, à 22 ans en moyenne, chacune avait rédigé une courte autobiographie, entre les années 1930 et 1940. Six décennies plus tard, une équipe de l'université du Kentucky a analysé le contenu émotionnel de ces textes et l'a comparé à la survie des religieuses.

Publiés en 2001, les résultats montrent un net écart. Celles dont les textes exprimaient le plus d'émotions positives ont vécu en moyenne de 7 à 10 ans et demi de plus que celles qui en exprimaient le moins, selon la mesure retenue. Le risque de décès différait d'un facteur 2,5 entre les deux groupes.

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L'intérêt de cette population tient à son homogénéité : les religieuses partageaient le même mode de vie, la même alimentation et le même accès aux soins, ce qui limite l'influence de ces facteurs.

Optimisme et longévité exceptionnelle

En 2019, des chercheurs de l'université de Boston et de l'université Harvard ont analysé et publié dans les PNAS deux grandes cohortes américaines : près de 70 000 infirmières suivies pendant 10 ans et environ 1 400 hommes anciens combattants suivis pendant 30 ans. Leur niveau d'optimisme avait été évalué par questionnaire en début de suivi.

Les plus optimistes ont vécu en moyenne 11 à 15 % plus longtemps que les moins optimistes. Ils avaient aussi 50 à 70 % de chances supplémentaires d'atteindre 85 ans, un âge que les chercheurs qualifient de longévité exceptionnelle. L'association persistait après prise en compte du niveau d'études, de la situation familiale, des maladies chroniques et de la dépression.

Les participants étaient cependant majoritairement blancs et d'un niveau socio-économique favorisé, ce qui limite la portée générale des résultats.

L'optimisme serait-il l'une des clés de la longévité ? © Virginia Yunes, iStock

Le poids des relations

L'étude sur le développement adulte de l'université Harvard, lancée en 1938, est l'une des plus longues jamais menées. Elle a d'abord suivi 724 hommes : des étudiants de Harvard et des adolescents issus de quartiers défavorisés de Boston.

Selon son directeur, le psychiatre Robert Waldinger, la satisfaction dans les relations à 50 ans prédisait mieux l'état de santé à 80 ans que des indicateurs médicaux comme le taux de cholestérol.

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Les participants les plus satisfaits de leurs relations au milieu de la vie étaient les plus en forme, physiquement et mentalement, trente ans plus tard. Cette étude, longtemps limitée à des hommes, ne permet pas non plus de conclure à un lien de cause à effet.

Des mécanismes encore mal compris

Les chercheurs avancent plusieurs explications. Les personnes optimistes ont plus souvent des habitudes favorables à la santé, comme une activité physique régulière ou une moindre consommation de tabac. Elles fixeraient plus facilement des objectifs et géreraient mieux le stress, dont les effets prolongés sur l'organisme sont documentés. L'optimisme va aussi souvent de pair avec des relations sociales satisfaisantes et un sentiment de sens dans l'existence.

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Le lien peut aussi fonctionner dans l'autre sens : une bonne santé rend plus facile d'envisager l'avenir avec confiance. Les études d'observation ne permettent pas de démêler complètement ces effets.

La part des gènes réévaluée

L'optimisme ne pèse qu'une partie de l'équation. La part de la génétique dans la durée de vie a longtemps été estimée entre 20 et 25 %, et même sous la barre des 10 % dans certaines études récentes.

En janvier 2026, une équipe de l'Institut Weizmann des sciences, en Israël, a publié dans Science une estimation bien plus élevée. En analysant de grandes cohortes de jumeaux, les chercheurs ont isolé les décès dus à des causes extérieures, comme les accidents et les infections, qui masquaient l'influence des gènes. Une fois ces décès écartés, l'héritabilité de la durée de vie liée au vieillissement atteint environ 50 %.

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Ce chiffre décrit les différences de longévité au sein d'une population, et non la part du destin d'une personne fixée par ses gènes. Il laisse aussi une large place aux autres facteurs : alimentation, activité physique, tabac, accès aux soins, conditions de vie et hasard.

Ne pas faire de l'optimisme une injonction

Le niveau d'optimisme dépend en partie du tempérament, de l'histoire personnelle et des circonstances. Des chercheurs estiment qu'il peut évoluer, mais les données sur l'effet à long terme des interventions visant à le renforcer restent limitées.

Un pessimisme persistant, une tristesse durable ou une perte d'intérêt pour les activités habituelles peuvent relever d'une dépression, qui est une maladie et non un défaut de volonté. Dans ce cas, en parler à un médecin ou à un psychologue permet d'accéder à une prise en charge adaptée.

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