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Sunday, September 6, 2026

Le travail vaut bien une fête

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C’est demain, la fête du Travail. Que nous allons fêter en prenant congé. Gros paradoxe. C’est comme si, à la Saint-Jean, on allait à Washington. Comme si, à la Saint-Valentin, on allait souper, en tête-à-tête, au resto, sans son amoureuse ou sans son amoureux. Comme si, à la fête des Mères, on donnait des fleurs à son père.

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On fête le travail sans être au travail, sans être avec lui. C’est comme faire un gros surprise-party sans inviter le fêté. On fête Robert, mais Robert ne le sait pas. Une surprise bien gardée. Quand il va le savoir, le lendemain, il sera vraiment surpris.

Vous avez compris l’idée ? J’arrête d’y travailler.

D’abord, ça sort d’où, cette fête du Travail ? Le 5 septembre 1882, à New York, le Central Labor Union organise un défilé ouvrier, durant lequel marchent dix mille ouvriers. Deux ans plus tard, le même syndicat décide d’en faire une célébration annuelle, le premier lundi de septembre.

En 1894, les États et le Canada en font un jour férié.

Les unions, qu’ossa donne ? Ça donne la fête du Travail !

On dit la fête du Travail pour la différencier de la fête des Travailleurs du 1er mai, célébrée partout sur la planète, sauf chez nous et chez nos voisins du Sud. C’est notre spécificité commune. Appeler le football le soccer, et fêter le travail en septembre au lieu d’en mai. Canada et America, même combat… pour ça.

Maintenant, le travail vaut-il une fête ? Au même titre que l’amour et les mamans ?

En moyenne, l’être humain travaille durant 43 ans. C’est la moitié de sa vie.

En précisant qu’il passe les 20 premières années de sa vie à se préparer pour le marché du travail et les 20 dernières à s’en remettre, on peut affirmer que toute sa vie tourne autour du travail.

Quand on demande à quelqu’un : « Que fais-tu dans la vie ? » Il ne répond pas je fais du vélo, je fais de l’acidité ou je fais l’amour, il répond je suis médecin, je suis policière ou je suis plombier. Le travail nous définit. D’abord et avant tout, nous sommes notre job. Bon, je sais, la nouvelle génération nuance, avec raison, ce propos. Elle accorde plus d’importance à la qualité de la vie qu’à l’emploi proprement dit. Elle a plus tendance à mettre de l’avant ses goûts pour la randonnée et le country que son boulot, surtout sur Tinder ou Hinge. Mais l’interlocuteur swipeur a hâte de savoir comment le bel inconnu ou la belle inconnue gagne sa vie. On ne s’en sort pas. Dans l’échelle de valeurs de la société, il n’y a que la famille qui passe avant le travail.

On reconnaît donc que le travail est super important, mais le sommeil aussi, c’est super important, on y consacre le tiers de sa vie, mais il n’y a pas de jour férié pour la fête du sommeil.

Pour fêter quelque chose, il faut que ça nous emballe, que ça nous excite, il faut l’aimer.

Et c’est la mission de chacun de nous, ici-bas, de trouver un emploi qui nous passionne.

Selon la maison de sondage Gallup, 8 Canadiens sur 10 disent aimer leur travail. C’est merveilleux, même si c’est étonnant. La maison de sondage Gallup ne dit pas combien de Canadiens sur 10 sont menteurs.

Trêve de cynisme. Huit sur dix, c’est beaucoup, mais on ne contredit pas un sondage, surtout quand il dit ce que l’on veut entendre. Tant mieux, si la majorité des gens sont heureux à la job. J’en suis. Et, probablement, vous aussi.

Fêtons le travail, et fêtons-le plus fort que jamais, pendant qu’on en a un. À court terme, l’intelligence artificielle est appelée à remplacer un emploi sur trois. Le tiers des jobs va disparaître. Que vont devenir les intelligents naturels qui les occupent ? Ils n’auront plus rien à fêter. Et ils n’en auront probablement plus les moyens.

Il va falloir inventer de nouveaux emplois. Ça se fait. Les contrôleurs aériens étaient rares dans l’Antiquité. Pour inventer, ça prend des inventeurs.

Des gens qui vont penser à des choses auxquelles personne n’a pensé encore. Des choses pour lesquelles aucun algorithme n’existe encore, car rien n’y est relié.

L’imagination au pouvoir. C’est notre programme. Si on veut travailler encore longtemps. Et pouvoir profiter du jour férié. Car un congé n’a de mérite que s’il intervient après un labeur. Comme l’eau étanche la soif. Sans la soif, l’eau ne s’apprécie guère.

Le travail, c’est la soif de vivre. Le congé, les randonnées, le country, les passe-temps, la lecture, la détente, c’est ce qui nous désaltère. L’un ne va pas sans l’autre.

L’IA ne fait que travailler. Elle ne s’amuse jamais. Elle ne boit jamais. L’IA est sèche.

C’est grâce à des congés comme celui de demain que l’humain se ressource.

Et arrive avec de nouvelles idées qui le feront travailler.

Le travail, c’est la santé. Pas toujours, malheureusement. Il faut travailler là-dessus.

Car notre santé physique et mentale a besoin du travail. Pour l’entretenir et la soigner.

Demain, durant votre congé, avec la famille et les amis, profitez-en donc pour leur dire pourquoi vous aimez votre job. Comme ça, votre travail fera partie du party.

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