Primaire de la gauche: le risque d'affaiblissement du futur vainqueur

Cinq candidats s'affronteront lors de la primaire de la gauche au mois d’octobre. Pour le moment, Raphaël Glucksmann est en position de force dans les sondages. Mais entre rivalités internes et stratégies divergentes pour 2027, cette compétition pourrait surtout fragiliser son futur vainqueur.
La primaire du pôle social-démocrate dont le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre, verra cinq candidats concourir. Cinq et pas six, après l’éviction in extremis du député Philippe Brun, visé par le signalement d’une ex-collaboratrice qui l’accuse de violences, ce qu’il dément. Cinq donc : le patron du PS, Olivier Faure ; l’eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann ; l’ancienne candidate Ségolène Royal ; le député Jérôme Guedj ; et le président du petit parti de la Gauche républicaine et socialiste, Emmanuel Maurel. Cinq concurrents pour un tour de chauffe petit format, avec, au mieux, 100 000 votants attendus. Mais l’affluence à une primaire n’est pas une garantie de succès. Il y a dix ans, deux millions d’électeurs s’étaient déplacés pour choisir Benoît Hamon qui avait récolté seulement 6% des voix à la présidentielle.
Le risque premier reste l’affaiblissement réciproque des candidats. Les compétitions fratricides sont souvent les plus violentes, et ce sont celles qui laissent le plus de traces. Là, c’est le favori, Raphaël Glucksmann, qui a le plus à perdre. Il est déjà l’objet des tirs croisés d’Olivier Faure, mis en minorité au sein d’un parti dont il ne veut pas lâcher le manche, et d’une revenante, Ségolène Royal. Raphaël Glucksmann, est accusé par ses rivaux d’être libéral et même de séduire d’ex-macronistes.
Raphaël Glucksmann joue la présidentielle, Olivier Faure l'avenir du PS
Deux logiques s’affrontent : l'une présidentielle, l'autre partisane. Avec 10 à 14 % dans les sondages, Raphaël Glucksmann vise le leadership à gauche, voire le second tour. Il l'a déjà fait aux européennes de 2024. Olivier Faure, lui, mise sur l’orthodoxie socialiste et semble déjà préparer l’après-2027, en renouant avec Jean-Luc Mélenchon.
Reste enfin la possibilité que cette primaire ne fasse que des victimes, avec un vainqueur fragile, aussitôt contesté et lâché. C’est le pari incertain d’un autre revenant, François Hollande, qui se rêve en recours.
La primaire peut-elle produire un candidat commun sans laisser derrière elle une gauche plus divisée qu'au départ
C'est tout l'enjeu. La primaire socialiste pourrait autant révéler les divisions de la gauche que favoriser son rassemblement. Les candidats divergent notamment sur la stratégie d’alliance et la place de LFI. Le scrutin d’octobre sera donc un test : au-delà du résultat, les perdants accepteront-ils de soutenir le vainqueur ? C’est toute la difficulté de cette primaire.
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