Des médecins demandent à Ford de revoir sa décision de retirer des pistes cyclables à Toronto
Plus de 600 professionnels de la santé ont signé une lettre ouverte demandant au premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, de renoncer à son projet de retirer trois importantes pistes cyclables à Toronto.
La province avait d’abord ordonné le retrait de 19 kilomètres de pistes cyclables le long des rues Bloor et Yonge et de l’avenue University dans le cadre du projet de loi 212. Un juge ontarien avait auparavant déclaré ce projet « inconstitutionnel » en raison des préoccupations liées à la sécurité. Le gouvernement Ford avait contesté cette décision devant la Cour d’appel, qui a infirmé le jugement du tribunal inférieur en août et donné à la province le pouvoir de retirer les pistes cyclables.
Bien que l’échéancier des travaux demeure incertain, une annonce provinciale publiée le 1er septembre indiquait que les travaux commenceraient « immédiatement » afin de rétablir des voies de circulation automobile sur Bloor Street West. Un appel de propositions pour réaliser les travaux est toujours en cours.
Protéger la santé
Alors que le début des travaux se profile, des professionnels de la santé de l’Ontario réunis sous la bannière de Doctors for Safe Cycling ont publié une lettre ouverte dénonçant le projet de M. Ford.
La lettre demande à la province de laisser aux municipalités le soin de prendre leurs propres décisions concernant les pistes cyclables et exhorte M. Ford à mettre fin au projet, faisant valoir que les pistes cyclables contribuent à protéger la santé et la sécurité de tous les usagers de la route.
« En tant que travailleurs de la santé, nous sommes souvent témoins des traumatismes infligés aux patients et à leurs familles par la violence routière [et] les collisions de la route », a déclaré au Canada’s National Observer Samantha Green, médecin de famille et membre de Doctors for Safe Cycling.
Mme Green a fait valoir que des études montrent que les pistes cyclables peuvent réduire jusqu’à 90 % le risque de blessures chez les cyclistes et faire en sorte que tous les usagers de la route, y compris les automobilistes, se sentent davantage en sécurité. Elle a également souligné que les investissements dans les pistes cyclables constituent une mesure importante pour prévenir des maladies chroniques comme le diabète et les maladies cardiaques, puisque les infrastructures cyclables rendent la pratique du vélo « plus attrayante » et favorisent ainsi l’activité physique.
Des documents internes dévoilés dans le cadre des procédures judiciaires montrent que le retrait des pistes cyclables des rues Yonge et Bloor et de l’avenue University pourrait entraîner une hausse de 54 % des collisions sans réduire la congestion routière.
Coûts non négligeables
Le projet devrait coûter plus de 48 millions de dollars, selon les estimations de la Ville de Toronto, qui s’ajoutent aux 27 millions de dollars investis par la municipalité depuis 2016 pour construire et moderniser les pistes cyclables, une somme qui serait ainsi perdue.
Les critiques craignent que, en plus des coûts liés au retrait des pistes cyclables, leur disparition ne contribue à alourdir davantage le fardeau du système de santé de l’Ontario.
Le député libéral ontarien et médecin urgentiste Adil Shamji a déclaré au Canada’s National Observer que le retrait des pistes cyclables « ajoutera aux demandes auxquelles doivent répondre nos services d’urgence [et] aux besoins en personnel de nos hôpitaux, ce qui entraînera presque certainement une hausse des coûts des soins de santé ».
On ignore toujours si ce sont la Ville ou la province qui paieront les travaux de retrait des pistes cyclables. Ces fonds pourraient toutefois « permettre de sauver des centaines d’emplois dans les hôpitaux de Hamilton », a soutenu M. Shamji, faisant référence à Hamilton Health Sciences, qui prévoit supprimer 413 emplois de première ligne dans le secteur de la santé en raison d’un déficit projeté de 150 millions de dollars.
Le cabinet de M. Ford n’a pas répondu à la demande de commentaires du Canada’s National Observer avant la publication de l’article.
Le premier ministre a déjà défendu la décision de son gouvernement d’aller de l’avant avec le retrait des pistes cyclables. Dans une vidéo publiée sur LinkedIn le mois dernier, il a affirmé que le projet contribuerait à « lutter contre la congestion et à permettre de nouveau aux automobilistes de circuler ».
Des documents de la Ville de Toronto laissent toutefois entendre que le retrait des pistes cyclables pourrait, au contraire, aggraver la circulation.
Avec Cloe Logan
Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.
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