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Wednesday, September 30, 2026

Le Monde à l'endroit au cinéma : un film singulier, témoignage poignant sur les enfances brisées

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Ce long métrage basé sur des témoignages rares et très forts s'attelle à raconter des enfances brisées et comment les réparer. "Le Monde à l'endroit" de Sylvie Meyer est sorti au cinéma ce mercredi.

Par Brigitte Baronnet

De quoi ça parle ?

Les blessures de l'enfance ne s'effacent pas, elles se réparent. Muriel Salmona, psychiatre de renom et spécialiste des violences sexuelles, consacre sa vie à soigner celles et ceux que l'enfance a brisés.

Incarnée à l'écran par Sandrine Bonnaire, Marianne Denicourt et Isild Le Besco, elle accompagne des patients qui affrontent leur passé et ouvrent, pas à pas, le chemin de la réparation.

Le Monde à l'endroit est un film qui retient l'attention à différents égards : il y a déjà sa forme hybride, qui oscille entre la fiction (avec la présence d'actrices connues comme Sandrine Bonnaire, Marianne Denicourt et Isild Le Besco,) et son dispositif qui se rapproche du documentaire. Le long métrage de Sylvie Meyer n'est pourtant ni une fiction, ni un documentaire, ni un docu-fiction. Il est au milieu de ces trois genres, en faisant évoluer sa forme au fur et à mesure du film. La durée des échanges et la vulnérabilité des patientes et patients rendaient impossible le fait de les montrer sous la forme d'un documentaire classique.

Un objet singulier au service de la parole

Le long métrage se nourrit du réel pour en faire un objet singulier, reproduisant la parole de patientes et patients victimes de violences dans leur passé. Ce dispositif a pour but premier de "restituer le plus fidèlement possible le discours thérapeutique de Muriel Salmona et rendre sa méthode accessible", explique sa réalisatrice dans le dossier de presse du film.

"Le recours aux comédiennes est né de cette nécessité : porter cette parole avec précision, rester au plus près du texte. C’était pour moi la première exigence du film. Je les ai choisies non pour leur ressemblance physique avec Muriel Salmona, mais pour une ressemblance morale.

Elles ont toutes trois expérimenté la violence dans leur vie et s’en sont sorties avec grâce et dignité. Isild Le Besco est comme une grande sœur bienveillante. Sandrine Bonnaire possède cette réserve grave et ce regard humain. Marianne Denicourt est extraordinairement curieuse et habitée. Elle retrouvait en outre Franck, qu’elle avait connu à l’École des Amandiers lorsqu’ils avaient vingt ans et qu’elle n’avait pas revu depuis."

Réfléchir au process de réparation

A l'exception du premier segment, ce sont de vrais patients rejouant leur témoignage. Pour celui de Franck, par exemple, les séances ont été enregistrées pendant plusieurs mois, puis retravaillées avec le co-scénariste David Milhaud pour les élaguer. Pour le témoignage de Mélissa, les échanges se sont basés sur des notes méticuleuses. Le témoignage d'une autre patiente apparait sous les traits d'une actrice, car mineure. Le film permet de réfléchir à l'acte de réparation.

Comme plusieurs critiques parues sur ce long métrage l'indique, il s'agit d'un film d'utilité publique. Il fait la lumière sur des témoignages derrière des chiffres alarmants : "160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles." (source CIIVISE, rapport de novembre 2023)

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