L’Europe durcit le ton face à la Chine: “Concurrence déloyale”
Face à une Chine qui se comporte de plus en plus en “rivale systémique” qu’en partenaire ou concurrent, l’UE ne devrait pas hésiter à utiliser sa “boîte à outils” de contre-mesures, a déclaré mercredi le Parlement européen, à la veille d’une visite à Pékin du commissaire au Commerce, Maros Sefcovic.
Source: Belga, AFP
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Depuis 2019, la stratégie de l’Union européenne définit le régime de Pékin comme “partenaire, concurrent et rival systémique”. Mais depuis, “il apparaît clairement que la Chine est en train de réorienter les relations vers une rivalité systémique”, constate ce rapport, adopté par 454 voix contre 86 et 110 abstentions.
“Cela fait trop longtemps que nous ouvrons notre marché sans bénéficier d’un accès équivalent en Chine”
Le chiffre est ressassé: l’UE accumule un déficit commercial de 1 milliard d’euros par jour avec la Chine. Pour la rapporteure Hilde Vautmans (Anders, Renew), “cela fait trop longtemps que nous ouvrons notre marché sans bénéficier d’un accès équivalent en Chine ; depuis trop longtemps, nous acceptons une concurrence déloyale dont les entreprises européennes font les frais ; et depuis trop longtemps, nous assistons, les bras croisés, à la manière dont la Chine teste les limites du droit international.”
“Notre message est clair: fin du dumping, fin de l’espionnage et concurrence loyale”
La Belgique, “plaque tournante”
“Notre message est clair: fin du dumping, fin de l’espionnage, et concurrence loyale”, a lancé la libérale lors du débat parlementaire. L’élue n’élude pas les responsabilités dans son propre pays: “Une grande partie des colis bon marché de Temu et Shein entrent via l’aéroport de Liège”. La Belgique, avec ses ports et ses réseaux énergétiques, constitue “une plaque tournante” pour cette concurrence déloyale.
L’UE doit utiliser sa “boîte à outils”
Pour rééquilibrer les relations, le rapport exhorte l’UE à utiliser pleinement sa “boîte à outils”: instrument anti-coercition (terres rares, ciblage d’États membres), sanctions contre les surcapacités industrielles (panneaux solaires, éoliennes, voitures électriques), contrôle renforcé de biens issus du travail forcé (Xinjiang), filtrage des investissements dans les ports, réseaux électriques, 5G, etc. Le texte rappelle aussi les violations des droits fondamentaux (Ouïghours, Tibet, Hong Kong) et dénonce le comportement d’entreprises chinoises aidant Moscou dans sa guerre contre l’Ukraine.
Nouvel arsenal juridique
Il y a deux jours, la France et l’Allemagne ont appelé l’UE à se doter d’un nouvel arsenal juridique pour réagir beaucoup plus rapidement en cas de guerre commerciale, notamment avec la Chine. Ce durcissement intervient alors que Maros Sefcovic doit rencontrer ces jeudi et vendredi son homologue chinois, Wang Wentao, dans le cadre d’un nouveau mécanisme de dialogue commercial engagé en juin et censé aboutir cet automne.
Et tandis que les chefs d’État et de gouvernement de l’UE doivent discuter de la Chine la semaine prochaine, en sommet à Bruxelles, la Haute représentante de l’UE Kaja Kallas doit elle aussi rencontrer cet automne le ministre des Affaires étrangères Wang Yi pour un dialogue stratégique.
Des “résultats concrets” attendus
Pour la Commission européenne, l’heure est toujours au dialogue avec Pékin, mais celui-ci “doit déboucher sur des résultats concrets”, a averti le commissaire Michael McGrath, lors du débat. “La gestion de nos relations avec la Chine nécessite une approche à la fois fondée sur nos valeurs et guidée par nos intérêts. Nous devons avoir une vision lucide des risques, mais aussi des défis. Nous devons être prêts à riposter lorsque cela s’avère nécessaire, tout en restant ouverts au dialogue et à la coopération chaque fois que cela est possible.”
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