Argentine: non-lieu pour Milei dans l'enquête pour escroquerie présumée liée à la cryptomonnaie douteuse $LIBRA

La justice argentine a prononcé vendredi 23 octobre un non-lieu pour le président Javier Milei et sa sœur Karina dans l'affaire de la cryptomonnaie $LIBRA, à laquelle le chef de l'État avait été associé, donnant lieu à une enquête pour escroquerie présumée.
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L'enquête, qui a marqué un épisode politique particulièrement délicat pour le président ultralibéral Javier Milei, faisait suite à son relais, ou son apparente promotion, sur X en février 2025, d'un lancement de cryptomonnaie, avant de rétracter quelques heures plus tard. Des transactions estimées à plusieurs millions de dollars avaient eu lieu entre-temps. Dans sa résolution, à laquelle l'AFP a eu accès, un juge fédéral a prononcé le non-lieu, suivant en cela la réquisition du parquet pour qui « les faits dénoncés ne correspondent à aucune qualification pénale ».
En février 2025, Javier Milei, notoirement hyperactif sur les réseaux sociaux, avait sur X brièvement relayé – « pas promu, mais diffusé », s'est-il toujours défendu – un projet de cryptomonnaie, $LIBRA. Avant d'effacer son message. Entretemps, la monnaie avait bondi puis s'était effondrée, provoquant des pertes pour plus de 114 000 portefeuilles virtuels, jusqu'à 100 000 dollars pour certains, tandis qu'une poignée gagnait plus d'un million chacun, selon les travaux d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.
Une polémique qui avait fragilisé Javier Milei
Des plaintes avaient été déposées par des organismes ou individus, visant notamment Javier Milei, sa sœur Karina, secrétaire générale de la présidence, et les acteurs du projet $LIBRA, certains aux États-Unis. Elles avaient été centralisées par un juge et un procureur, chargés de l'enquête. La polémique avait considérablement fragilisé Javier Milei, à quelques mois des législatives de mi-mandat très incertaines en octobre 2025 qu'il a finalement remportées.
Le non-lieu prononcé par le juge fédéral Marcelo Martínez de Giorgi vaut aussi pour neuf autres personnes, dont l'Américain Hayden Davis, l'un des impulseurs de la $LIBRA, et un lobbyiste crypto argentin, sans qu'aucun d'eux n'ait fait l'objet d'une audition.
S'agissant de Javier Milei, le juge a suivi le parquet en rejetant l'hypothèse de « négociations incompatibles avec l'exercice de fonctions publiques » en lien avec le lancement de la $LIBRA. Car, argumente-t-il, « il n'a pas été constaté qu'il soit intervenu, dans l'exercice de ses fonctions officielles, dans un contrat administratif ou une autre opération de nature économique ».
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Donner de la visibilité à $LIBRA
S'agissant de Karina Milei, qui avait été en contact avec des entrepreneurs crypto, les rapprochant de la présidence, il a écarté l'hypothèse de trafic d'influence, car « faciliter un contact ou contribuer à l'organisation d'une rencontre ne revient pas, en soi, à vendre son influence ».
Javier Milei, qui se qualifie de « techno-optimiste fanatique », s'est toujours défendu d'avoir eu un intérêt dans la $LIBRA. Il avait expliqué avoir voulu donner de la visibilité à un projet susceptible de financer des PME argentines de la tech. Puis s'être rétracté, réalisant n'être « pas au courant des détails du projet ». Une commission d'enquête parlementaire sur le sujet avait, en vain, tenté d'obtenir que le président et sa sœur soient entendus par le Parlement.
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