Washington prévient de possibles frappes en Iran après les élections de mi-mandat

Des responsables américains ont invité plusieurs pays du Moyen-Orient et des alliés régionaux à se préparer à une éventuelle reprise des opérations militaires contre l’Iran après les élections de mi-mandat qui se tiendront la semaine prochaine aux États-Unis – ainsi qu’à la possibilité que l’Iran tente de riposter contre eux, selon deux diplomates informés de la question.
Les deux diplomates se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à commenter ces avertissements sensibles transmis par des diplomates et des responsables américains de la défense.
Le président Donald Trump n’a pas encore décidé s'il mènerait de nouvelles frappes contre l’Iran, ont précisé les diplomates. Le président a toutefois déclaré à plusieurs reprises qu’il envisageait d’ordonner une nouvelle action militaire une fois que les élections cruciales du 3 novembre aux États-Unis seraient terminées.
Ces menaces et les nouvelles invitations à se préparer à d’éventuelles représailles mettent la région en état d’alerte, laissant craindre un retour aux opérations militaires de grande envergure.
La Maison-Blanche et les responsables américains ont refusé de commenter.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mercredi dans un message publié sur X que Téhéran continue de donner une chance à la diplomatie de réussir
.
Il soutient que le pays travaille avec des médiateurs pour examiner les idées qu'il avait incluses dans une proposition avancée le mois dernier – rejetée par M. Trump – et que les Iraniens souhaitent toujours voir servir de base à un retour au cessez-le-feu.

Des navires dans le détroit d'Ormuz au large de la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, le 7 septembre 2026.
Photo : Getty Images / AFP / ATTA KENARE
Dans le même temps, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a publié un communiqué exhortant les parties à faire preuve de sagesse et à rechercher des solutions politiques pour contribuer à apaiser les tensions
afin d'empêcher un retour à des opérations de grande envergure dans la guerre qui a débuté fin février.
Les États-Unis ont indiqué à leurs alliés régionaux que cette nouvelle vague d’actions militaires pourrait durer plusieurs jours, mais les responsables régionaux s’attendent à ce que l’Iran et ses groupes mandataires ripostent – ce qui conduirait à un conflit qui pourrait durer encore plus longtemps, ont prévenu les diplomates.
Les responsables américains ont également exhorté leurs alliés à prendre des mesures de précaution, anticipant que la riposte iranienne inclura des frappes de représailles contre des installations énergétiques et d’autres infrastructures cruciales.
Calendrier incertain pour l’armée américaine
Bien que les États-Unis n’aient pas mené de frappes contre l’Iran depuis début septembre, la situation au Moyen-Orient s’est compliquée.
Le conflit s’est étendu, les rebelles houthistes soutenus par l’Iran menant des attaques contre les infrastructures pétrolières et les aéroports de l’Arabie saoudite. Une coalition menée par l’Arabie saoudite a riposté par ses propres attaques meurtrières contre les territoires contrôlés par les rebelles houthistes au Yémen.
Le Wall Street Journal a rapporté précédemment que les pays du Golfe avaient été informés par les États-Unis de se préparer à une éventuelle escalade.
On ignore dans quel délai après le jour du scrutin l’armée américaine serait prête à reprendre d'éventuelles frappes.

Le porte-avions de la Marine américaine USS Abraham Lincoln (CVN-72) arrive à la base aéronavale de North Island, à San Diego, en Californie, le 8 octobre 2026, après un long et difficile déploiement en Iran.
Photo : Getty Images / DAVID SWANSON / AFP
À la fin du mois dernier, le Pentagone a déployé l’USS Theodore Roosevelt, ainsi qu’une série de navires de débarquement amphibies transportant des Marines – soit environ 9000 soldats au total – vers le golfe Persique depuis San Diego. L'objectif était de renforcer la présence militaire américaine dans la région.
À l’époque, un responsable américain avait déclaré que ce déploiement pourrait entraîner une présence navale exceptionnellement importante, avec plus de 20 000 marins et Marines, ainsi que des centaines d’avions, dans la région, ce qui ne s’est produit qu’à de rares occasions au cours des deux dernières décennies.
En avril, la Marine disposait de trois groupes aéronavals au Moyen-Orient, pour la première fois depuis 2003.
Une guerre contestée
M. Trump, qui s’est concentré ces dernières semaines sur la campagne électorale des républicains en vue des élections du 3 novembre, est resté évasif quant à ses intentions vis-à-vis de l’Iran.
Cette guerre s’est avérée être un lourd fardeau pour les candidats républicains, qui doivent convaincre des électeurs lassés par la hausse des prix de l’essence – une conséquence de la guerre qui a fait grimper les coûts dans presque tous les secteurs de l’économie mondiale.
Le coût de la guerre contre l’Iran pour les contribuables américains s’élève désormais à 47,1 milliards $ US, selon les dernières estimations fournies par le Pentagone au Congrès.
Lors de ses rencontres de soutien en faveur des républicains, M. Trump n’a cessé d’assurer aux électeurs que la fin de la guerre était proche, tout en laissant entendre qu’une nouvelle vague de bombardements pourrait avoir lieu une fois les élections passées.

Le président américain Donald Trump prononce un discours lors d'un rassemblement électoral, le 27 octobre 2026, à Lubbock, au Texas.
Photo : Getty Images / Chip Somodevilla
Lors d’une réunion électorale à Lubbock, au Texas, mardi, M. Trump a déclaré qu’une fin définitive à ce conflit qui dure depuis huit mois pourrait arriver dans quelques semaines, si cela ne vous dérange pas
.
Quelqu’un m’a demandé tout à l’heure : "Quand la guerre en Iran prendra-t-elle fin ?"
, a raconté M. Trump plus tôt dans le même discours. J’ai répondu : "Quand je voudrai qu’elle prenne fin". Ce sera très rapide, mais nous devons y mettre un terme comme il se doit, avec une déclaration totale et complète : ils n’auront jamais d’arme nucléaire.
M. Trump envisage peut-être un calendrier postélectoral pour une éventuelle intervention, mais la région craint que Téhéran ne commette un acte de provocation d’ici là — surtout s’il estime que les actions américaines sont imminentes, a indiqué Jonathan Schanzer, directeur exécutif de la Foundation for Defense of Democracies, un groupe de réflexion belliciste basé à Washington.
Pourquoi attendraient-ils la fin des élections ici […] s’ils peuvent lancer l’offensive et potentiellement prendre le dessus?
, a-t-il expliqué.
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