L'armée américaine veut diffuser en direct l'exécution de l'auteur d'une tuerie sur une base militaire

La mise à mort par peloton d'exécution de l'auteur d'une tuerie qui avait fait treize morts sur la base militaire de Fort Hood, au Texas en 2009, sera diffusée en direct, a annoncé jeudi 9 octobre un responsable du ministère américain de la Défense. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé cette décision, jugeant qu'il constituerait une forme de « torture ».
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L'exécution de Nidal Hasan, un Américain musulman d'origine palestinienne qui avait ouvert le feu le 5 novembre 2009 dans un centre médical de l'immense base de Fort Hood, sera « diffusée en direct », a dit à l'AFP ce responsable sous le couvert de l'anonymat. Des « détails suivront », a-t-il ajouté.
Auparavant, dans une vidéo diffusée jeudi sur X par des comptes officiels affiliés au Pentagone, le ministre de la Défense Pete Hegseth avait de son côté assuré que cette exécution serait publique. Nidal Hasan « sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister, à ce que ce soit public », a affirmé le chef du Pentagone dans cette vidéo tournée mercredi.
Un loup solitaire d'al-Qaïda
« Les gens doivent comprendre que ce genre d'actes entraîne de graves conséquences », a déclaré Pete Hegseth à l'influenceur d'extrême droite Jack Posobiec, à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln.
Psychiatre militaire, Nidal Hasan avait ouvert le feu à Fort Hood pour empêcher les soldats de participer à une guerre qu'il jugeait « illégale » en Afghanistan et en Irak. Considéré comme un loup solitaire du groupe jihadiste al-Qaïda, il avait tué treize personnes, dont douze soldats, et fait des dizaines de blessés. Touché à la colonne vertébrale durant la fusillade, il est depuis handicapé et se déplace en fauteuil roulant. Il a été condamné à mort en 2013.
Le chef du Pentagone a souligné qu'il s'agira de la première exécution militaire par peloton d'exécution depuis la Seconde Guerre mondiale, avec la mise à mort d'Eddie Slovik, exécuté pour désertion en 1945.
Une forme de « torture », selon l'ONU
Cette décision a été vivement dénoncée par l'ONU. « Comme le Haut-Commissaire l'a souligné en réaction aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran, les exécutions publiques constituent une forme de traitement ou de peine cruel, inhumain ou dégradant. La diffusion en direct d'une exécution équivaut à une exécution publique et violerait l'interdiction absolue de la torture », a estimé le Haut-Commissariat aux droits de l'homme dans un message transmis à l'AFP.
« Le non-respect de cette interdiction rendrait inévitablement l'exécution arbitraire par nature. Cela entraînerait une violation du droit à la vie », a-t-il ajouté. Le Haut-Commissariat rappelle que, selon le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, « l'interdiction absolue de la torture interdit les exécutions publiques ».
Selon l'organisation de défense des droits humains Amnesty International, au moins 17 exécutions publiques auraient été menées en 2025 à travers le monde : six en Afghanistan et 11 en Iran. Le Death Penalty Information Center indique que 135 soldats ont été exécutés par l'armée américaine depuis 1916.
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