La France confirme des discussions avec les talibans pour renvoyer des Afghans représentant «un risque»

Ils ne sont reconnus ni par la France, ni par l'Union européenne. Mais la France reconnaît pourtant mener des « discussions techniques » avec les talibans au pouvoir en Afghanistan. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé l'information, jeudi 8 octobre 2026, avec cependant une précision importante. Ces discussions n'ont qu'un seul objectif : faciliter le renvoi des Afghans en situation irrégulière et qui représentent « un risque » pour la sécurité des Français.
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Pour le porte-parole du quai d'Orsay, Pascal Confavreux, la ligne de la France reste la même : pas question de reconnaître les talibans, qui ont repris le pouvoir en Afghanistan à l'été 2021. Si Paris discute avec des représentants du pouvoir à Kaboul, ce n'est que pour renvoyer les Afghans en situation irrégulière considérés comme les plus dangereux :
« C'est une démarche pour assurer la sécurité des Français. Il s'agit d'un dialogue qui est strictement technique pour faciliter l'éloignement de ressortissants afghans, qui sont de manière illégale sur le territoire national et qui représentent un risque de sécurité national. Donc ce sont des gens dangereux. »
Interrogé sur le nombre d'Afghans qui pourraient être renvoyés, le ministère de l'Intérieur ne donne pas d'éléments chiffrés. La France emboite, en tout cas, le pas à l'Allemagne, la Suède ou la Belgique. Ils sont une vingtaine de pays de l'Union européenne favorables à une accélération des renvois d'Afghans en situation irrégulière, notamment ceux condamnés pour trafic ou violences contre des personnes.
L'Allemagne a déjà ouvert un canal de discussion avec les talibans pour faciliter ces renvois. Au moins deux vols charters transportant des ressortissants afghans en situation irrégulière sont repartis vers Kaboul durant l'été. Tous n'avaient cependant pas été condamnés pour une infraction pénale. Des renvois critiqués par des ONG locales. « Nous sommes fermement opposés à toute expulsion vers l'Afghanistan, affirmait le 29 juillet sur RFI Timmo Scherenberg, directeur du Conseil des réfugiés dans la région de Hesse. On parle de personnes qui ont fui le régime islamiste pour venir en Allemagne. Et, selon nous, il est hors de question de négocier avec les talibans, car si on considère les talibans comme un régime terroriste, alors on ne devrait pas coopérer avec eux. »
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