Postes dans la haute fonction publique | St-Pierre Plamondon nommera deux proches de Fréchette et renoue avec une tradition

(Québec) Une tradition que François Legault avait passée à la trappe est rétablie : le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon fera une fleur à sa prédécesseure Christine Fréchette en nommant deux membres de sa garde rapprochée à des postes dans la haute fonction publique.
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L’ex-directrice de cabinet de Mme Fréchette, Geneviève Bélisle, et son adjoint, Alex Perreault, auront droit à ce cadeau.
Lors de la rencontre de transition, Christine Fréchette a demandé à Paul St-Pierre Plamondon de leur donner un poste, ce que le nouveau premier ministre a accepté. Les deux nominations passeraient au conseil des ministres éventuellement, selon des sources autant au Parti québécois (PQ) qu’à la Coalition avenir Québec (CAQ).
Christine Fréchette a confirmé la nomination prochaine de ses deux proches collaborateurs lors de la dernière réunion, difficile, de son conseil des ministres il y a deux semaines. À la CAQ, certains se sont étonnés que la courte liste que Mme Fréchette a donnée à M. St-Pierre Plamondon ne contienne aucun nom de vétérans caquistes proches de François Legault, qui a été au pouvoir pendant presque huit ans.
Ex-directrice de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, Geneviève Bélisle a été cheffe de cabinet de différents ministres à partir de 2022, avant de travailler au cabinet de M. Legault. Conseiller politique au Parti québécois de 2012 à 2018, Alex Perreault est passé ensuite à la CAQ, gravissant les échelons pour devenir chef de cabinet de différents ministres, dont Christine Fréchette à l’Économie. Ils ont été aux côtés de Mme Fréchette dès la course à la direction de la CAQ en début d’année.
PHOTO PASCAL RATTHE, ARCHIVES LA PRESSE
L’ex-directrice de cabinet de Christine Fréchette, Geneviève Bélisle.
C’était une tradition que le nouveau gouvernement accepte de nommer des proches d’un ancien premier ministre à sa demande. Mais contrairement à ses prédécesseurs, François Legault avait indiqué qu’il romprait avec cette pratique. « C’est une vieille tradition, et je trouve que c’est dépassé. C’est une façon de faire d’un autre siècle. Aujourd’hui, on nomme des personnes compétentes. Je ne ferai pas de cadeaux à trois amis de Philippe Couillard, les nommer et leur donner une job à vie […] pour lui faire plaisir », avait-il déclaré.
Néanmoins, quelques mois après son arrivée au pouvoir, il avait nommé Jean-Pascal Bernier, chef de cabinet de M. Couillard dans la dernière année de son mandat, au poste de vice-président de la Société d’habitation du Québec.
En 2014, Philippe Couillard avait consenti à la nomination de trois fidèles collaborateurs de Pauline Marois. « Comme le veut la tradition, le premier ministre élu a accepté la nomination de trois collaborateurs de la première ministre. Deux d’entre eux réintègrent la fonction publique, un troisième y est nommé pour la première fois. Il s’agit de Marc‑André Beaulieu, de Stéphane Dolbec et de Patrick Lahaie », peut-on lire dans un communiqué de presse du 16 avril 2014, quelques jours après l’arrivée au pouvoir des libéraux. Aujourd’hui, MM Dolbec et Lahaie sont au ministère du Conseil du conseil exécutif.
En 2012, Pauline Marois avait accepté la nomination de deux membres du cabinet de Jean Charest, comme ce dernier le souhaitait. Il s’agissait d’Isabelle Jean et de Chantal Landry – qui avait été surnommée « madame Post-it » à la suite de son passage devant la commission Bastarache sur la nomination des juges. L’opération avait soulevé la controverse. Les deux femmes, qui avaient d’abord été nommées sous-ministres adjointes, ont été rétrogradées à des fonctions de moindre importance.
Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon recrute du personnel chez les caquistes qui ont déjà travaillé au PQ dans le passé. Hubert Laprise est nommé à un poste névralgique à son cabinet, celui de directeur des politiques. Ancien conseiller de Catherine Fournier au PQ, M. Laprise a travaillé avec le ministre Jean-François Roberge durant les deux mandats caquistes – comme conseiller politique à l’Éducation, directeur de cabinet adjoint à la Langue et à la Laïcité, puis directeur de cabinet à l’Immigration.
Cette prise de M. St-Pierre Plamondon est considérée comme un bon coup par de nombreux caquistes. Les états de service de M. Laprise à l’Immigration et à la Laïcité seront un atout pour le premier ministre qui veut concrétiser ses engagements en la matière, souligne-t-on.
La Presse a déjà signalé que Simon Berthiaume, longtemps conseiller du ministre de l’Environnement Benoit Charette, puis chef de cabinet de Bernard Drainville lorsque celui-ci a pris la tête de ce ministère, dirigera le cabinet du ministre des Relations internationales, Dieudonné Ella Oyono.
Simon Berthiaume avait démissionné de son poste de chef de cabinet le printemps dernier à la suite de la victoire de Christine Fréchette à la direction de la Coalition avenir Québec. Il a été au Parti québécois dans le passé : il était conseiller au cabinet de la première ministre Pauline Marois.
Directeur de cabinet dans le deuxième mandat de François Legault, Simon Therrien-Denis va épauler Catherine Gentilcore dans son rôle de leader parlementaire – rôle délicat dans le contexte d’un gouvernement minoritaire. Il a déjà été directeur de cabinet de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier. Sous le gouvernement Marois, il a été attaché politique du leader parlementaire et président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.
Il n’y a pas que le PQ qui recrute chez les caquistes. Le chef conservateur Éric Duhaime – dont le chef de cabinet Sébastien Lépine est un ancien adéquiste qui était passé à la CAQ – vient de nommer au sein de son équipe Alexandre Chayer, qui a été conseiller politique du leader parlementaire Simon Jolin-Barrette au cours des dernières années.
Les lendemains restent difficiles à la CAQ, rayée de la carte électorale le 5 octobre. Christine Fréchette a participé à quelques « post-mortem régionaux » du parti. La critique qui revient souvent : le flou qu’elle a entretenu durant la campagne concernant sa « position personnelle » sur la souveraineté.
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