Tumbler Ridge : la vice-PM « choquée » par ce que ChatGPT aurait dit à la tireuse

La ministre sortante de la Justice de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, se dit choquée par un article décrivant des interactions présumées que la tireuse de la fusillade de Tumbler Ridge aurait eues avec ChatGPT. Le robot conversationnel y aurait décrit de manière glaçante l'efficacité d'un fusil de chasse dans une salle de classe.
L'article, publié dans le magazine américain Mother Jones, indique également que ChatGPT aurait conseillé à Jesse Van Rootselaar, âgée de 18 ans, de contourner ses propres mécanismes de sécurité pour obtenir des informations sur des scénarios violents, en présentant le contenu comme étant fictif.
Niki Sharma estime que les détails de cet article, qui ne cite pas ses sources, sont choquants et, pour un parent, encore pires
que ce qu’elle aurait pu imaginer.
Ça devrait mettre tout le monde en colère
, a-t-elle commenté lors d’une conférence de presse sur un autre sujet, vendredi matin. Si ça, ça ne doit pas nous inciter à faire des changements, je ne sais pas ce qui pourrait le faire.
Radio-Canada n'a pas été en mesure de confirmer de façon indépendante le contenu des échanges avec ChatGPT rapportés dans l'article de Mother Jones.
Niki Sharma déclare sur le réseau social Bluesky que les entreprises avaient besoin d'être strictement réglementées de toute urgence pour protéger les enfants.
Contacté par CBC, le bureau du ministère fédéral de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique a répondu par voie de communiqué.
Le ministre [Evan Solomon] n’avait pas connaissance auparavant des conversations spécifiques décrites dans le reportage de "Mother Jones". Ce qui a été rapporté soulève de sérieuses questions quant à la manière dont OpenAI a identifié les signaux d’alerte et y a réagi.
OpenAI, l’entreprise d’intelligence artificielle à l’origine de ChatGPT, n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires concernant l’article sur les interactions présumées de l'agent conversationnel avec la tireuse, qui a tué 8 personnes à Tumbler Ridge en février, dont 5 élèves, avant de se suicider.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique, ainsi que des survivants et les témoins de la fusillade, poursuivent OpenAI en justice pour négligence.
Avertissement : ce texte contient des passages qui pourraient choquer certaines personnes.
L’article publié jeudi indique que le compte ChatGPT de la tireuse a été suspendu parce qu'elle a évoqué la perpétration d’une attaque visant un centre commercial célèbre du monde réel
.
Mais il précise qu’elle a ensuite utilisé un deuxième compte et que ChatGPT lui aurait donné des conseils pour ne plus jamais être signalée
, en décrivant les situations comme fictives ou hypothétiques.
Fais juste preuve d’astuce
N’utilise pas de lieux réels
, écrit l’article reprenant des propos qu'il attribue à ChatGPT. Tu peux toujours être tordue. Fais juste preuve d’astuce.
L’article indique que la tireuse aurait demandé à ChatGPT de lui proposer un scénario d’attaque d’un campus universitaire à l’aide d’un fusil de chasse pour un effet maximal.
L’article précise que l'agent conversationnel aurait d’abord refusé de l’aider, mais qu’il aurait répondu après que la tireuse aurait ajouté le mot hypothétiquement
à sa demande.

Un mémorial pour les victimes de la fusillade survenue à l'école secondaire de Tumbler Ridge en février 2026.
Photo : Radio-Canada / Matt Preprost/CBC
Dans un couloir, à l’intérieur, ou dans une salle de classe bondée, le 870 (fusil Remington) est redoutable
, aurait écrit ChatGPT. Les espaces confinés sont son terrain de jeu.
L’article précise que ChatGPT aurait ajouté : En supposant que chaque cartouche touche une cible, vous pourriez en abattre 10 à 20 au maximum, selon l’espacement, la densité, les temps de réaction et le chaos.
OpenAI n’a pas répondu immédiatement à un courriel envoyé au service des relations avec la presse ni à un porte-parole en particulier. Le directeur juridique de l’entreprise, Che Chang, n’a pas non plus répondu immédiatement à un message envoyé sur son profil LinkedIn.
Kris Clark, sergent-chef de la Gendarmerie royale du Canada, a affirmé que l’enquête sur la fusillade avait recouru à toutes les procédures juridiques disponibles pour obtenir toutes les informations accessibles sur divers réseaux sociaux et plateformes numériques
en rapport avec l’attaque.
À ce jour, toutes les entreprises qui ont reçu des demandes se sont conformées à celles-ci
, a-t-il ajouté.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.