Rassemblements interdits à Liège : comment la mesure est-elle vécue ?

Ce jeudi matin, Liège panse ses plaies. Des vitres sont recouvertes de planches, les commerçants sécurisent ce qui peut l'être en espérant un retour au calme. "Il faut protéger notre pays ici, ce n'est pas possible". "Ils ont cassé tout, regardez, on se croirait en guerre" témoignent ces passantes.
À quelques mètres de là ont lieu les premiers contrôles de police. Sont visés les groupes de plus de trois personnes et ceux qui portent sac à dos, masques, cagoules et capuches. Une mesure comprise par le gérant de la boutique Warhammer, Cédric Coquis, même si ce n'est pas idéal pour les affaires. "Il faut prendre des mesures, il faut trouver les mesures. C'est peut-être pas la bonne, c'est peut-être une mesure maladroite, mais au moins ça nous permettra peut-être de différencier les vrais manifestants des casseurs."
Le blocus maintenu devant certaines écoles
Devant les écoles, il y a moins de manifestations que les jours précédents, mais à La Cité école vivante ou à l'Athénée Léonie de Waha, on maintient le blocus sans volonté de provoquer. "Nous, on essaye de rester le plus sur le parvis car c'est la propriété de l'école, donc on a le droit d'y rester. Et si on nous fait des remarques, par exemple si la police vient, on peut rentrer à l'intérieur et faire blocus à l'intérieur. On a demandé l'autorisation à la direction", explique Era, élève de 4e année secondaire à l'athénée. "Si les policiers viennent, il y a les profs qui sont là aussi pour nous soutenir, pour qu'on soit en sécurité. Et je crois qu'il y aura un travail de dialogue surtout, parce qu'on n'est pas en confrontation avec la police, c'est pas ça qu'on veut. Nous on veut juste faire passer notre message en toute sécurité, on est vraiment pacifiques", poursuit Merlin, élève de rhéto à La Cité école vivante.
"Je suis certaine que nos élèves vont être corrects et on va vraiment rester avec eux parce qu'ils ont peur aussi", indique Vinciane Maréchal, professeure de français à La Cité école vivante. "Ils ont peur des casseurs, nous aussi, je dois bien l'avouer. Et on s'est dit, si jamais on voit quelque chose qui se passe mal, on s'en ira le plus vite possible pour se mettre à couvert."
Une manifestation d'étudiants autorisée
Certains élèves se dirigent d'ailleurs vers une manifestation autorisée organisée par l'ULiège et les hautes écoles. Un millier de personnes y sont mobilisées, sous le regard discret de la police. "Les casseurs, c'est pas nous", commente un étudiant du supérieur. "Nous, on est là pour manifester, on est là pour nos droits. On ne se laissera pas faire. Si on doit aller en garde à vue, on ira en garde à vue, mais nous n'arrêterons pas."
Ceux qui ne se plient pas à l'ordonnance risquent des peines de travail ou des amendes allant jusqu'à 20.000 euros.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.