Un soir, un film avec Hugues Dayez : "Digger", le pari de Tom Cruise se mue en catastrophe industrielle

Oui, cela signifie que "Digger" ne va se classer que 5e au box-office, loin derrière une production bien plus modeste, le thriller psychologique "Verity" avec Anne Hathaway, qui récolterait autour des 32 millions de dollars, et qui a presque déjà remboursé ses frais de production estimés à 40 millions.
"Digger", par contre, est un film cher : on parle de 180 millions de dollars, avancés par le studio Warner et Tom Cruise, qui est coproducteur du film. Résumons le thème du film : Cruise incarne Digger Rockwell, l’homme le plus riche du monde, un magnat du pétrole, qui apprend qu’un de ses puits défaillants risque de provoquer une catastrophe écologique à l’échelle mondiale. Avec son ami le président des Etats-Unis, Digger va tenter de trouver une solution, ou en tout cas de sauver la face. Tom Cruise, vieilli, grimé, est méconnaissable et se donne à fond dans cette satire apocalyptique écrite et réalisée par le cinéaste mexicain Alejandro Inarritu…
Et aujourd’hui, on sait donc déjà que "Digger" peine à trouver son public
Il y a deux manières de lancer un blockbuster au cinéma aujourd’hui. Soit on joue le matraquage, avec une énorme campagne de pub, une présence dans les festivals, et les stars qui multiplient les interviews dans tous les médias possibles et imaginables. Soit on joue le mystère, l’effet de surprise : on ne va ni à Cannes ni à Venise, on montre le film très tard à la presse… Parfois, cette deuxième méthode porte ses fruits, comme avec "One Battle After Another" de Paul Thomas Anderson avec Leonardo DiCaprio à l’automne dernier. Sans faire un smash au box-office, ce très grand film a récolté une presse dithyrambique et l’Oscar du meilleur film. Mais pour que cette méthode fonctionne, il faut vraiment que le film soit très bon. Or, une majorité de critiques aux USA trouvent la satire "Digger" terriblement lourdingue et inaboutie. Malgré cet accueil très frais, Tom Cruise n’a pas jugé utile de faire la promotion du film, croyant que son statut de star suffisait à attirer les foules en salles…
L’autre problème, c’est justement l’image de Tom Cruise aujourd’hui
Oui, pour la profession, la star scientologue est devenue depuis dix ans un acteur spécialisé dans les franchises, comme la suite de "Top Gun" ou la série des "Mission : Impossible". Or, le public qui va voir ces films d’action n’a aucune envie de le voir méconnaissable en vieux milliardaire dans une satire grinçante. Certes, Tom Cruise a déjà fait ses preuves dans le cinéma d’auteur notamment chez Stanley Kubrick avec "Eyes Wide Shut" mais c’était en 1999, il y a longtemps. Le public le voit aujourd’hui comme un type qui se vante de faire ses cascades lui-même… Son retour dans un rôle de composition comme "Digger" arrive trop tard. Hélas pour lui, hélas pour le studio Warner, qui connaît décidément une très mauvaise année 2026.
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