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Monday, September 21, 2026

Hôpital Maisonneuve-Rosemont | Pas de rénovation pour un pavillon vétuste, déplorent des employés

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Un pavillon de cinq étages de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont qui accueille des locaux de recherche clinique comporte plusieurs fissures et fort possiblement de l’amiante, révèle un rapport obtenu par La Presse. Des intervenants déplorent que ce pavillon soit exclu du projet de modernisation de l’hôpital, évalué à environ 5 milliards de dollars.

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« On est content que le bâtiment principal soit rénové. Mais on oublie un gros morceau », affirme Sonia Bureau, vice-présidente à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) du syndicat SCFP 5425.

Construit entre 1950 et 1955 en même temps que le pavillon principal (le cruciforme) de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, le pavillon Rachel-Tourigny abrite principalement des locaux de recherche clinique, mais aussi un centre de prélèvements et des bureaux administratifs. Depuis quelques années, le bâtiment est recouvert d’un grillage métallique, car ses murs sont fragiles.

Un rapport de la CNESST daté du 12 août 2026 et obtenu par La Presse révèle qu’en février, des fissures ont été observées près de certaines fenêtres dans deux locaux du pavillon Rachel-Tourigny. Une inspection a été menée par un ingénieur et a déterminé que les fissures ne présentaient « pas de danger pour les occupants ». Le bâtiment en entier a ensuite été inspecté « afin de vérifier la présence de fissures similaires sur les murs extérieurs et près des fenêtres », peut-on lire dans le rapport de la CNESST. Cette inspection a révélé la présence de plusieurs fissures sur les cinq étages du pavillon.

« Selon les renseignements disponibles, il n’est pas possible de déterminer leur état et leur évolution ni d’apprécier leur incidence possible sur la sécurité des travailleurs », écrit la CNESST, qui demande à l’établissement de faire évaluer les fissures constatées.

Considérant la date de construction du pavillon Rachel-Tourigny, le bâtiment est aussi présumé contenir de l’amiante. Le rapport de la CNESST constate que les fissures aux étages ont été colmatées, mais « qu’aucune mesure particulière visant à contrôler l’émission de poussières d’amiante n’a été mise en place ». De plus, certains colmatages « ne couvrent pas l’ensemble de la surface, laissant des portions apparentes et non corrigées », écrit la CNESST, qui demande à l’employeur de corriger la situation.

Questionné sur les conclusions du rapport de la CNESST, Santé Québec Est-de-l’Île-de-Montréal affirme que ses équipes techniques « travaillent activement à la mise en œuvre de ces correctifs ». Un ingénieur en structure a « confirmé qu’il n’y a aucun danger ni aucune problématique imminente liée à la structure du bâtiment ». Des tests d’air ont aussi été réalisés récemment et « aucune fibre d’amiante n’a été détectée », indique l’établissement.

Un « patchwork »

Longtemps attendu, un projet d’agrandissement et de modernisation de HMR, évalué à 5 milliards de dollars, est en cours. Santé Québec Est-de-l’Île-de-Montréal confirme toutefois que le pavillon Rachel-Tourigny n’est pas inclus dans le projet, « qui vise avant tout à répondre aux besoins cliniques de la population par la construction de nouvelles installations de soins ». L’établissement envisage de relocaliser éventuellement les « quelques activités cliniques encore présentes au pavillon Rachel-Tourigny » dans la nouvelle construction, attendue en 2036.

Président du Conseil des médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, le DMarc Brosseau s’inquiète que malgré son état actuel, le pavillon Rachel-Tourigny soit exclu du projet de reconstruction de HMR.

Le bâtiment date des mêmes années que le cruciforme. Mais il est exclu du projet. On est content que le pavillon clinique soit refait. Mais il ne faut pas oublier la recherche.

Le DMarc Brosseau

Directeur scientifique du Centre de recherche de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, le DJean-Sébastien Delisle s’inquiète aussi de la vétusté du pavillon Rachel-Tourigny. Il rappelle que la recherche est « essentielle » dans un établissement universitaire comme HMR. « On a comme plan de rester ici [au pavillon Rachel-Tourigny] très longtemps, dit le DDelisle. Or, il y a une incertitude sur les infrastructures qui supporteront la recherche clinique à HMR. »

Sonia Bureau, elle, déplore qu’alors que le centre-ville de Montréal a deux centres hospitaliers universitaires entièrement neufs, incluant leurs locaux de recherche, l’est de la ville aura droit à « un bâtiment principal de 2036, des urgences de 2005 et des locaux de recherche de 1950 ». « Tout sera plus ou moins à date, dit-elle. On aura un centre hospitalier “patchwork” ».

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