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Friday, October 30, 2026

Grand Montréal | Des urgences bondées

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Les urgences québécoises débordent, surtout dans le Grand Montréal, avant même le pic de la saison grippale. L’achalandage est plus grand qu’à pareille date l’an dernier, selon Santé Québec. Les patients sur civière attendent, en moyenne, 24 h 14 pour obtenir un lit d’hospitalisation aux étages, soit 1 h 10 de plus qu’à l’automne dernier.

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« Le nombre de personnes qui sont sur des civières et qui attendent pour des lits est plus important en ce moment que par les années passées », dit, en entrevue, Véronique Wilson, directrice générale services intégrés urgence et première ligne à Santé Québec.

Les personnes qui se présentent sont âgées et ont des besoins de santé qui sont plus importants.

Véronique Wilson, directrice générale services intégrés urgence et première ligne à Santé Québec

La situation est « corsée » dans le Grand Montréal, indique Véronique Wilson. De la fin août à la mi-octobre, 98 816 malades se sont présentés aux urgences et ont abouti sur des civières, contre 95 104 pour la même période l’an dernier, précise Santé Québec.

Une hausse s’observe aussi chez les patients ambulatoires, qui ont des problèmes mineurs ou stables et qui attendent dans la salle d’attente. Dans le Grand Montréal, leur nombre s’est élevé à 160 340 de la fin août à la mi-octobre, contre 151 436 pour la même période l’an dernier. (À noter que toutes ces données n’incluent pas le Nord-de-l’Île-de-Montréal, car les données du Dossier santé numérique ou DSN n’ont pas encore été intégrées, précise Santé Québec.)

Ces patients supplémentaires ajoutent à la pression dans des urgences déjà distendues, selon le président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence, le Dr Gilbert Boucher. « Et on est loin du pic de la grippe, dans six ou huit semaines, dit-il. Quand on va rajouter ça, ça va être difficile. »

Véronique Wilson souligne que Santé Québec a travaillé « très fort » avec les établissements de santé afin de réduire les cas non urgents aux urgences. « On a une diminution, dit-elle. On a des visites qui sont évitées. Malgré tout, on a quand même plus de visites. »

Centre de commandement

En prévision de la saison hivernale, Santé Québec a mis en place un centre de commandement, chargé de surveiller au jour le jour la situation dans les urgences du Grand Montréal. Des représentants de chaque établissement de santé de Montréal, Laval, les Laurentides, la Montérégie et Lanaudière se rencontrent régulièrement pour faire le point.

« On regarde vraiment comment on peut essayer de s’aider entre les différents établissements », dit Véronique Wilson. Par exemple, l’hôpital Jean-Talon pourrait prendre davantage de patients si Santa Cabrini déborde, dit-elle.

Le Dr Gilbert Boucher salue ce « centre de commandement de haut niveau mis en place tôt ». « Mais les premiers échos du terrain, c’est que ça ne s’est pas rendu aux chefs d’urgence sur le plancher », dit-il.

Des patients coincés à l’hôpital

Pour désengorger les urgences, Santé Québec veut augmenter « la capacité » de certains CHSLD, résidences pour aînés et ressources intermédiaires afin d’y transférer des patients qui n’ont plus besoin de soins aigus, mais qui demeurent à l’hôpital, faute de place d’hébergement.

En date du 27 octobre, 17 % des lits disponibles dans les hôpitaux québécois étaient occupés par ces patients — on les appelle, dans le jargon, des NSA (niveau de soins alternatif). Dans le Grand Montréal, ce pourcentage s’élevait à 19 %. (Encore une fois, les données n’incluent pas le Nord-de-l’Île-de-Montréal et la Mauricie–Centre-du-Québec parce que les données du DSN n’ont pas été intégrées.)

Santé Québec prévoit aussi des plans de « surcapacité » dans les unités d’hospitalisation aux étages. Si trop de malades sont coincés aux urgences, des lits pourront être ajoutés dans des chambres qui le permettent. Des patients seront aussi installés dans des corridors. « On met les personnes qui sont à risque d’avoir le plus court séjour sur ces lits-là pour qu’on puisse avoir de la fluidité », explique Véronique Wilson.

La société d’État dit travailler avec les directeurs médicaux de médecine familiale des diverses régions pour augmenter l’offre de rendez-vous dans les GMF et les cliniques médicales.

Taux d’occupation sur civière

  • Montréal : 149 %
  • Laval : 176 %
  • Montérégie : 152 %
  • Laurentides : 147 %
  • Lanaudière : 140 %
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