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Tuesday, September 22, 2026

La question qui tue pour le prochain débat des chefs

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« Quelles actions comptez-vous entreprendre afin de reprendre le contrôle de notre souveraineté numérique ? » J’ai écouté attentivement les deux premiers débats des chefs. Je constate un enjeu absent jusqu’ici. L’éléphant dans la pièce, comme on dit.

Dans mon nouvel essai, Pas de souveraineté sans souveraineté numérique, qui sera publié prochainement, je souligne l’importance cruciale pour un État, en cette ère, d’avoir la maîtrise de sa souveraineté numérique. C’est aussi vrai pour un État existant, comme le Canada, que pour un État qui aspire à devenir souverain, ou pour un Québec « souverain numériquement », mais au sein du Canada.

C’est donc le cas pour le Québec, qu’il soit dirigé par un parti fédéraliste ou un parti qui veut rendre le Québec souverain.

De nos jours, le numérique, et plus particulièrement l’intelligence artificielle (IA), a fait irruption de façon spectaculaire dans l’actualité. Désormais, l’IA fait peur. Les sommités comme Yoshua Bengio ont lancé un cri d’alarme. Il n’est pas trop tard pour encadrer l’IA, mais il se fait tard.

Or, il faut bien prendre conscience que le Québec est pris en otage par les géants américains du numérique et de l’IA. Rappelons que ces entreprises ont comme propriétaires les personnalités les plus riches de la planète. Elon Musk, Larry Page et Sergey Brin de Google, Jeff Bezos d’Amazon, Michael Dell de Dell Technologies, Mark Zuckerberg de Meta, Jensen Huang de Nvidia et Larry Ellison de l’entreprise Oracle. Tous exercent une large domination sur notre souveraineté numérique. Celle du Canada, celle du Québec. De plus, toutes ces personnes parmi les plus riches de la planète sont aujourd’hui les complices fidèles de Donald Trump depuis sa nouvelle présidence en 2025. Ils partagent la même vision libertarienne : moins il y a d’État, mieux c’est !

Ils peuvent exercer un chantage économique et politique sur nous avec toute leur puissance. De nos jours, sans le numérique (et de plus en plus sans l’IA), point de salut, ou plutôt, point de souveraineté. Il est temps de se réveiller.

Pourtant, nous leur avons confié naïvement les données de l’État qui sont stockées dans des centres de données qui leur appartiennent. C’est ainsi qu’Amazon contrôle non seulement le commerce en ligne au Québec, mais aussi nos données avec sa filiale AWS, par exemple à Varennes. Nos données de la santé sont hébergées par Microsoft, qui a obtenu un contrat de 310 millions sans appel d’offres. Nous leur avons cédé le contrôle numérique sans nous préoccuper du fait que ces centres de données auront un impact sur l’eau qu’ils puisent abondamment afin de garder bien au frais ces données.

Pendant ce temps, les plateformes numériques américaines marginalisent notre langue et notre culture. Amazon Prime Video vient même de s’incruster dans l’univers de la télédiffusion des matchs des Canadiens de Montréal ! Notre sport national en a pris un coup…

Le comble, c’est que Mark Carney a reculé et n’ose pas contrer ni encadrer ces géants américains du Web. Il a d’abord laissé tomber la taxe sur les services numériques en juin 2025. Puis, cet été, il a bloqué la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d’imposer aux plateformes comme Netflix, Amazon Prime Video, YouTube et quelques autres, de verser 15 % de leurs chiffres d’affaires pour la production de contenus canadiens et québécois.

L’équipe de négociations du gouvernement canadien a pensé qu’en agissant ainsi, ça permettrait d’amadouer Donald Trump dans les négociations Canada–États-Unis. On a vu le résultat, ça n’a rien donné.

Nous avons aussi appris que les négociateurs américains avaient également dans leur mire la nouvelle loi sur la découvrabilité du Québec visant à prioriser nos productions culturelles sur les plateformes. C’est pourtant une de nos armes précieuses afin de garantir et de protéger notre souveraineté culturelle. Le gouvernement de Donald Trump et les entreprises numériques américaines refusent de nous laisser agir en ce sens. Il ne s’agit pas uniquement d’une guerre commerciale, mais également d’une guerre à notre volonté de protéger notre langue et notre culture.

À l’heure actuelle, notre infrastructure numérique est largement dominée par ces géants américains. Il en est de même pour l’IA. Ce sont des technologies américaines qui veulent s’imposer. Certains parlent d’une forme de colonialisme numérique, car toute concurrence devient presque impossible.

Aussi ne serait-il pas temps d’avoir une vision claire sur la stratégie à adopter afin de récupérer cette souveraineté numérique ? De mon point de vue, il est devenu essentiel de récupérer notre souveraineté numérique. Que ce soit au sein du Canada ou au sein d’un Québec indépendant. Conclusion : qu’en est-il de cet enjeu dans les programmes politiques ?

J’invite donc les chefs des partis politiques à répondre à cette question qui tue : « Quelles actions comptez-vous entreprendre afin de reprendre le contrôle de notre souveraineté numérique ? »

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