Québec solidaire accuse le PQ de reculer sur la promesse d’un BAPE au Port du Québec
Le PQ mitige sa promesse de soumettre à une évaluation du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) le terminal de conteneurs projeté au Port de Québec. Ce recul, aux yeux de Québec solidaire, prouve que les « beaux slogans de Paul St-Pierre Plamondon » s’évanouissent à peine un mois après sa prise de pouvoir.
« On dit ce qu’on fait et on fait ce qu’on dit », répétait le chef péquiste en campagne. Ces paroles « n’auront pas duré longtemps », se désole le député solidaire de Taschereau, Étienne Grandmont, dans un communiqué émis vendredi matin.
La veille, lui et son collègue de Jean-Lesage, Sol Zanetti, avaient demandé au nouveau ministre de l’Environnement, Jean Pellerin, de déclencher « dans les meilleurs délais » le BAPE promis en campagne électorale. Ce dernier n’a pas voulu réitérer l’engagement, selon le camp solidaire.
La promesse de réaliser un BAPE à propos du terminal de conteneurs ne figurait pas dans la plateforme régionale présentée par Paul St-Pierre Plamondon à la fin de la campagne électorale. Radio-Canada notait cette semaine que l’engagement avait aussi disparu des réseaux sociaux du Parti québécois.
Opposition au terminal et à son évaluation
Le terminal promu par l’entreprise québécoise QSL ambitionne d’accueillir et de manutentionner, à terme, 200 000 conteneurs internationaux à Beauport. Québec solidaire et plusieurs organismes citoyens, à commencer par la Table citoyenne Littoral-est, s’inquiètent du trafic induit par le transport de ces marchandises à proximité d’un secteur, Limoilou-Maizerets, déjà soumis aux émissions du port, de l’incinérateur et de deux autoroutes.
L’arrivée d’un terminal de conteneurs près de la baie de Beauport compromettrait également la conversion de l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain, selon la Table citoyenne.
En l’absence d’une commission du BAPE, toutes les évaluations environnementales réalisées autour du terminal proviendraient d’Ottawa, s’inquiète le député Zanetti. « Il est impensable qu’un parti qui se dit souverainiste laisse le fédéral décider de l’application de nos règles environnementales sur notre propre territoire. Rappelons qu’il s’agissait là d’un combat important des anciens députés péquistes Agnès Maltais et Sylvain Gaudreault. Comment se fait-il, questionne l’élu solidaire, qu’il ne soit plus important aujourd’hui de faire respecter les lois environnementales du Québec ? »
Québec solidaire et la Table citoyenne Littoral-est ont fustigé à plusieurs reprises l’évaluation environnementale en cours réalisée sous la gouverne de l’administration portuaire. « Le Port de Québec est juge et partie pour ce projet, a indiqué Daniel Guay, porte-parole de la Table citoyenne, le 24 septembre à la suite de la présentation des plans de QSL à Beauport. Il milite pour un terminal de conteneurs depuis des années, sans égard aux impacts de ce projet dans les quartiers environnants. On ne peut pas confier au Port de Québec l’évaluation des effets du terminal de conteneurs, c’est l’équivalent de construire le projet les yeux fermés. »
Le processus du Port
L’agence d’évaluation d’impact du Canada a mandaté l’administration portuaire de Québec, le 10 août dernier, pour encadrer l’étude du terminal de conteneurs en conformité avec la Loi fédérale sur l’évaluation d’impact et selon son processus d’évaluation et d’atténuation des impacts (PEAI). Ce dernier classe le terminal parmi les projets qui présentent « un potentiel d’impacts environnementaux et sociaux modérés ».
Cette classification prévoit qu’une tierce partie indépendante réalise l’évaluation des effets environnementaux qui inclut « l’élaboration d’un programme de surveillance et de suivi spécifique » dans un délai « de 65 à 110 jours. »
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