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Monday, September 21, 2026

Un cyberprédateur a fait 12 victimes | « Je suis le cauchemar de tous les parents »

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Un cyberprédateur multirécidiviste a fait une douzaine de victimes mineures, alors qu’il était très surveillé par les autorités. Il a ensuite réussi à échapper aux policiers à la course et à se cacher sous un autre nom. « Je suis le cauchemar de tous les parents », s’est-il déjà décrit.

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Jonathan Inglis, 38 ans, est l’un des pires cyberprédateurs des dernières années au Québec. Il a récemment plaidé coupable au palais de justice de Montréal à 31 chefs d’accusation, dont plusieurs pour avoir leurré en ligne une douzaine d’adolescentes. Il a aussi agressé sexuellement une adolescente. La Couronne souhaite le faire déclarer délinquant à contrôler ou dangereux.

Or, Jonathan Inglis porte déjà l’étiquette de délinquant à contrôler. Il a été condamné à 36 mois de détention en 2020 pour avoir leurré et agressé une fille de 12 ans. Une peine clémente, puisqu’il venait tout juste de terminer une peine de 22 mois pour des crimes similaires.

Libéré en 2021, Jonathan Inglis faisait en théorie l’objet d’une surveillance accrue des autorités pendant cinq ans. Cette surveillance n’a visiblement eu aucun effet, puisque le cyberprédateur a recommencé à communiquer en ligne avec des adolescentes du Québec, mais aussi en Ontario et au Manitoba.

Malgré une interdiction d’être en présence de mineurs, Jonathan Inglis a rencontré à deux reprises des adolescentes à Salaberry-de-Valleyfield. Une mère l’a toutefois dénoncé. Les policiers ont alors tenté de l’arrêter chez lui, à Montréal, en mars 2024, mais le délinquant a frappé un policier et a pris la fuite à pied.

Étonnamment, ce n’est que trois mois plus tard que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a lancé un appel à la population pour retrouver le prédateur en cavale. Il s’est vite fait pincer. Il travaillait comme serveur dans un café de l’avenue Monkland, à Montréal, sous le nom de « Colton Elliot ».

PHOTO FOURNIE PAR LE SPVM

Une photo de Jonathan Inglis publiée par le SPVM dans un avis de recherche en juin 2024

À la suite de la médiatisation, une adolescente de 13 ans a reconnu Jonathan Inglis comme étant celui qui l’avait agressé sexuellement. Elle l’avait rencontrée sur Snapchat et le connaissait sous le nom de « Connor ». Ils se sont vus de 40 à 50 reprises au printemps 2024. La trame factuelle en dit peu sur leur relation.

Un faux joueur de football de McGill

Quand Jonathan Inglis s’est enfui, il a abandonné dans la cour arrière un vrai trésor : son cellulaire. En l’analysant, les enquêteurs ont découvert que le délinquant avait fait de nombreuses victimes en ligne sous l’alias « Darby ».

« Quand c’est illégal, c’est meilleur », a-t-il écrit à une victime.

Son modus operandi était le suivant. Il se présentait sur les réseaux sociaux comme un joueur de football de 23 ans de l’Université McGill. Il questionnait ensuite sa cible sur son cégep. Quand la victime lui disait n’avoir que 13 ou 14 ans, Inglis feignait la surprise, et disait croire que la victime avait au moins 18 ans.

« C’est juste surprenant. Parce que t’es full belle », pouvait-il par exemple répondre.

Rapidement, il offrait de 300 à 500 $ à l’adolescente pour devenir son « sugar daddy ». Il leur offrait de la drogue, comme de la cocaïne. « Envoie-moi une couple de photos juste pour te voir. […] Je peux te chercher si t’es down », a-t-il écrit à une victime.

Jonathan Inglis n’avait aucune gêne à inviter une fille de 13 ans à faire la fête à Montréal et à consommer de la drogue avec lui.

« Viens seule. Ne le dis pas à tes amis ou à ta famille », a-t-il écrit à une autre victime.

Le cyberprédateur a aussi envoyé des photos de ses parties intimes à des victimes. Certaines d’entre elles lui ont fait parvenir des photos d’elles nues.

À la fin août dernier, la juge Karine Giguère a ordonné que Jonathan Inglis soit évalué à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel afin de déterminer s’il doit être déclaré délinquant à contrôler ou délinquant dangereux. Il pourrait, en théorie, être condamné à une peine à durée indéterminée.

Me Jérôme Laflamme pilote le dossier pour le ministère public.

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