Karité: une année encore très spéciale débute en Afrique de l'ouest

On l'utilise sous forme de cosmétique, et surtout dans les préparations culinaires pour remplacer le beurre de cacao. La campagne de commercialisation de l'année 2026-2027 du karité vient d'être officiellement lancée chez plusieurs producteurs du continent africain. Cette année, comme c'est le cas depuis deux ans, le commerce du karité est entravé par des restrictions à l'exportation.
À ce stade, l'interdiction d'exporter des amandes de karité reste totale au Nigeria, en Côte d'Ivoire et au Mali. Le Togo et le Bénin autorisent l'exportation mais avec une taxe élevée. Au Burkina Faso, le régime est encore plus strict, même si sur le papier, l'interdiction totale d'exporter a été levée au mois de mai dernier.
Au Ghana, la filière reste dans l'attente de restrictions annoncées par les autorités il y a plusieurs mois. Le pays est donc pour l'instant le plus ouvert aux acheteurs internationaux. C'est d'ailleurs là que les prix sont les plus élevés.
Fortes disparités des prix
Localement on constate de fortes disparités : au Ghana, les amandes de karité se négocient parfois à plus de 600 francs CFA au kilo alors qu'au Nigeria, le prix était la semaine dernière d'environ 300 FCFA/kg selon le bulletin agricole N'Kalo.
À l'international, les prix sont globalement hauts en raison des tensions sur le marché, mais aussi à cause de l'influence du prix du beurre de cacao qui a augmenté ces six derniers mois. Or, le karité, une fois transformé, en est un substitut très prisé par l'industrie agroalimentaire.
Les perspectives restent celles d'un marché tendu. C'est d'autant plus vrai que les gros acheteurs, qui représentent 60% du marché, se font encore très discrets en ce début de campagne. Dès qu'ils seront de nouveau acheteurs, les prix risquent de s'envoler, prévient un acteur de la filière.
Réorganisation des circuits commerciaux
Ces freins à l'exportation en vigueur depuis deux ans ont perturbé les circuits commerciaux. Il y a de nouveaux acteurs qui émergent, la hausse des prix attirant des intermédiaires qui n'avaient jamais travaillé dans le karité.
Il y a aussi de nouveaux canaux d'approvisionnement. Les interdictions officielles sont contournées, sans grande surprise. Lors de la dernière campagne, des cargaisons d'amandes de karité sont sorties des pays qui ont fermé leurs frontières, même si les volumes sont impossibles à quantifier.
Les usines qui pourraient, en théorie, transformer plusieurs dizaines de milliers de tonnes d'amandes ont néanmoins des difficultés à acheter. Certaines n'ont tourné l'année dernière qu'à 20 ou 30% de leur capacité. Cette campagne ne s'annonce pas plus facile pour ces gros industriels, qu'ils soient installés au Burkina Faso ou en Côte d'Ivoire.
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