Suède: les électeurs appelés aux urnes pour des législatives au résultat très incertain

Le scrutin de ce dimanche 13 septembre oppose principalement la coalition de droite du Premier ministre sortant Ulf Kristersson à l'opposition de gauche emmenée par la sociale-démocrate Magdalena Andersson. Si le premier a promis de faire entrer des ministres d'extrême droite dans sa future équipe en cas de victoire, à gauche la question est de savoir si les partis qui se sont alliés seront en mesure de s'unir en vue de former un gouvernement.
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Les Suédois sont appelés aux urnes, ce dimanche 13 septembre, pour des élections municipales, régionales mais aussi et surtout législatives dont le résultat s'annonce très serré entre la coalition de gauche emmenée par Magdalena Andersson et celle de droite du Premier ministre sortant Ulf Kristersson qui espère se maintenir au pouvoir pour « rendre à la Suède sa grandeur ».
Alors que l'opposition de centre-gauche est donnée très légèrement en tête dans les sondages, le principal enjeu pour elle en cas de victoire sera de parvenir à s'unir pour former un gouvernement, ce qui paraît loin d'être gagné selon Marius Perrin, doctorant au Centre d'études européennes de Sciences Po Paris.
« Ce qu'on oublie assez souvent, c'est qu'il n'y a pas eu de majorité de gauche en Suède depuis les élections de 2002. Certes, les sociaux-démocrates ont gouverné entre 2014 et 2022, mais ils l'ont fait en minorité. Si l'opposition l'emporte ce dimanche, la question sera donc de savoir si, en son sein, la gauche obtient ou non une majorité », analyse celui-ci au micro de Julien Chavanne avant de poursuivre : « En Suède, l'opposition est composée de quatre partis : trois sont de gauche, mais y figure aussi le Parti du centre assez à gauche sur les questions de société, mais très marqué à droite sur les questions économiques, si bien que la coalition est, de ce point de vue, très divisée ».
L'école et la santé en tête des préoccupations des électeurs
À l'inverse, si la droite parvient à conserver le pouvoir, le chef du gouvernement sortant a, lui, d'ores et déjà annoncé qu'il nommerait dans sa future équipe des ministres des Démocrates de Suède, un parti d'extrême droite avec lequel il était déjà allié. « les Démocrates de Suède ont eu une influence majeure sur les politiques menées dans le pays depuis 2022, notamment en matière de criminalité et d'immigration. Sur ces dossiers là, la politique qu'a mené le gouvernement sortant a été très proche de leur programme », reprend Marius Perrin pour qui l'entrée au gouvernement de ministres issus de cette formation n'aurait donc rien de surprenant.
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En revanche, il s'agirait bien d'« une rupture majeure, car les Démocrates de Suède ont été ostracisés depuis leur entrée au Parlement en 2010 » et qu'« un cordon sanitaire très fort » a longtemps existé contre eux, continue ce dernier, qui ajoute aussi que « la formation s'est toujours caractérisée par une forme de populisme », comme l'a à nouveau montré la dernière campagne électorale. « Elle a été assez tendue. Comme ils le font souvent à l'approche des élections, les Démocrates de Suède ont radicalisé leur discours, au point de tenir des propos qui ont parfois été considérés comme outranciers sur les questions d'islam et d'immigration », relève encore Marius Perrin.
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Reste que si les thèmes identitaires et sécuritaires ont pris beaucoup de place dans le débat, les priorités des électeurs semblent toutefois aller à l'école et à la santé : les difficultés que traversent ces deux secteurs ont en effet remis la question de la protection sociale et du modèle de l’État-providence suédois au cœur des préoccupations, comme a pu le constater notre correspondante à Stockholm, Ottilia Férey.
Manque de personnels et de moyens à l'hôpital où « 34% de nos membres travaillent à temps partiel pour pouvoir tenir dans le métier » selon Madelene Meramveliotaki, vice-présidente de l'Association suédoise des professionnels de santé, d'un côté ; classes surchargées à l'école et polémiques autour des établissement « libres » financées par le contribuable mais parfois gérées par des entreprises privées de l'autre : dans une Suède qui s'est largement ouverte au marché depuis les années 1990, les électeurs réclament désormais à l'État qu'il garantisse mieux les services publics fondamentaux
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