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Friday, October 23, 2026

La mairesse Olivia Chow sera-t-elle réélue à Toronto lundi? La course est « très serrée »

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L'avance de plus de 10 points que détenait la mairesse sortante de Toronto, Olivia Chow, au début de la campagne s'est complètement évaporée au cours des dernières semaines, selon plusieurs sondages. Si bien que son plus proche adversaire, le conseiller municipal Brad Bradford, pourrait la battre lundi.

Brad Bradford, un candidat de centre droit, s'était pourtant classé huitième lors de l'élection partielle de 2023, qui a porté au pouvoir Olivia Chow, veuve de Jack Layton.

Le retrait de la course le 6 octobre de Chris Alexander, un ex-ministre conservateur, a joué pour beaucoup pour réduire l'écart, soutient le politologue Peter Graefe de l'Université McMaster.

Cet abandon a donné un élan, dit-il, à M. Bradford, qui mise sur l'insatisfaction des électeurs.

Si on regarde la satisfaction des Torontois avec la direction de la ville, les gens qui pensent que ça va dans la bonne direction, il y a eu une baisse à ce niveau-là.

Le professeur Gaefe pose à l'extérieur d'un immeuble.

L'insatisfaction est palpable à Toronto, affirme le professeur de science politique Peter Graefe de l'Université McMaster. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Annie Poulin

Pour Joe Mihevc, professeur à l'Université York, ancien conseiller municipal et partisan d'Olivia Chow, il était prévisible que Brad Bradford tire profit du retrait de Chris Alexander, comme il s'agit de deux candidats de centre droit.

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L'ère de la colère

La mairesse Chow peut se vanter de plusieurs accomplissements en trois ans, note M. Mihevc, que ce soit le gel des tarifs du transport en commun (qu'elle promet de prolonger en 2027), la baisse de plusieurs indicateurs de criminalité et le prolongement des heures d'ouverture des bibliothèques.

L'insatisfaction exprimée par nombre de Torontois découle davantage, selon lui, d'une colère face au monde et au coût de la vie en général, qu'à une mauvaise gestion de la mairesse Chow.

On vit à l'ère de la colère.

Joe Mihevc à l'hôtel de ville de Toronto.

Le bilan d'Olivia Chow est bon, croit Joe Mihevc, ancien conseiller municipal à Toronto. (Photo d'archives)

Photo : CBC/Barry Smith

Brad Bradford a su tirer profit de cette colère, soutient-il, admettant que la gauche a peut-être sous-estimé l'ampleur de la colère ressentie par ces électeurs.

Le candidat Bradford martèle que Mme Chow, qu'il qualifie de mairesse NPD, car elle a déjà été députée néo-démocrate, a augmenté l'impôt foncier de près de 20 % en trois ans.

  • S'il est élu, Brad Bradford promet, au contraire, de geler l'impôt foncier durant la première année de son mandat;
  • Il soutient également qu'il réduira la facture d'aqueduc des résidents en créant une société municipale pour gérer le service (Olivia Chow affirme qu'il s'agit d'une privatisation risquée).

Une mauvaise campagne pour Olivia Chow?

La mairesse Chow n'est pas toujours une bonne communicatrice, et une grande ville comme Toronto fait face à des problèmes de longue haleine qui ne peuvent pas être réglés en trois ans, note le politologue Graefe.

Elle a de la difficulté à vraiment aller chercher les électeurs.

Alexandre Nanoff en entrevue en ligne.

L'élection à la mairie lundi risque d'être très serrée, affirme Alexandre Nanoff de la firme de sondage Liaison Strategies. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Alexandre Nanoff, conseiller principal chez Liaison Strategies, ajoute que la performance de Mme Chow a été inégale dans les débats. On l'a vue dans des débats où ça allait peut-être un peu mieux pour elle et des débats où ça allait un peu moins bien pour elle, raconte-t-il.

Le sondeur ajoute que les publicités négatives de Mme Chow contre Brad Bradford ont pu, en fait, lui coûter des points. Le focus a porté sur M. Bradford versus mettre de l'avant les points plus positifs, ses succès, ses projets pour l'avenir, dit-il, ce qui peut déplaire à des électeurs.

Entre les mains des indécis

Une affiche près d'un bureau de scrutin à Toronto en octobre 2026.

La participation au vote par anticipation à Toronto a bondi cette année, selon la Ville. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

De quel côté pencheront les électeurs indécis lundi? La question risque d'être déterminante pour l'issue du scrutin, croit M. Nanoff, refusant d'offrir sa prédiction, étant donné que la course est très serrée.

Il indique que 10 % à 13 % des répondants sont toujours indécis.

C'est vraiment là où on va voir le mouvement vers un camp ou un autre.

Un autre facteur crucial : quel camp réussira à inciter le plus d'électeurs à voter lundi ou à faire sortir le vote, affirme Peter Graefe.

Pour la plupart des élections municipales, le taux de participation frôle 40 %, raconte-t-il, bien que la participation au vote par anticipation a été particulièrement élevée cette année.

Même son de cloche de la part de Joe Mihevc. Si seulement 50 % des gens votent, il faut s'assurer que 100 % de ces 50 % soient vos partisans, commente-t-il.

Selon lui, l'équipe de Mme Chow est mieux organisée pour le jour du vote, et il prédit une victoire de la mairesse, tout en disant que ce sera très serré, un signe que même ses partisans sont nerveux à quelques jours du scrutin.

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