En Afrique du Sud, la politique douanière de la Chine mise en avant face à l'imprévisibilité américaine

Ce 22 octobre 2026 à Pretoria, le ministre sud-africain du Commerce et l'ambassadeur de Chine ont organisé une conférence pour expliquer aux acteurs économiques locaux la politique chinoise du « zéro droit de douane », et ce alors que l’Afrique du Sud est dans l’expectative côté américain : est-ce qu’elle pourra continuer à bénéficier de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) qui facilite les exportations vers les États-Unis ?
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Avec notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues
Alors que l’avenir de l’African Growth And Opportunity Act (Agoa) – loi américaine à destination des pays d'Afrique subsaharienne – est toujours très incertain pour l’Afrique du Sud, son chef de l’État a récemment annoncé se préparer à ne plus profiter de cet accord commercial préférentiel avec les États-Unis. En cause : des relations très tendues entre les deux pays depuis le retour de Donald Trump à la Maison blanche.
« Un accès à des marchés alternatifs »
Pour Pretoria, l’objectif est donc de mieux diversifier ses partenaires, et d’augmenter ses exportations vers la Chine.
Selon le ministre Parks Tau, les Américains devraient bientôt donner une réponse concernant l’avenir de l’Agoa. « Nous continuons bien entendu à travailler sur le sujet avec un optimisme prudent, a-t-il expliqué. Nous nous attendons à ce qu’une annonce soit faite début novembre et nous mettons tout en place pour continuer d’avoir un accès au marché dans le cadre de l’Agoa. Il est aussi important que nous diversifions nos partenaires commerciaux, pour réduire les risques sur notre économie, avec un accès à des marchés alternatifs ».
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« Plus d’exportateurs sud-africains peuvent en bénéficier »
Et notamment le marché chinois, alors que Pékin a retiré ses droits de douanes pour presque toute l’Afrique.
Six mois après la mise en place de cette nouvelle politique douanière, l’ambassadeur de Chine en Afrique du Sud, Wu Peng, a accueilli quelques centaines d’acteurs économiques sud-africains à Pretoria, pour faire de la pédagogie : « Nous devons veiller à ce qu’un plus grand nombre d’entreprises sud-africaines comprennent cette politique. On estime qu’un plus grand nombre d’exportateurs sud-africains peuvent bénéficier des services et de l’accompagnement nécessaires de la part des deux gouvernements afin de faciliter leurs échanges commerciaux avec la Chine. »
L’Afrique du Sud exporte encore principalement des minerais vers la Chine, mais souhaite augmenter la part des produits manufacturés à forte valeur ajoutée.
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Des cerises sud-africaines à la conquête des étals chinois?
Depuis le mois de mai, la Chine promet zéro droit de douane aux exportations sud-africaines éligibles. Pour les producteurs de cerises, c’est une raison de regarder vers Pékin, souligne notre correspondant sur place, Clea Broadhurst. Car les récoltes augmentent, mais les exportations plafonnent. Sur la période 2024-2025, les prix à l’export ont chuté de 27 %. La majorité des cerises sont consommées en Afrique du Sud, tandis que le Royaume-Uni absorbe 60 % des volumes expédiés à l’étranger.
Le marché chinois pourrait changer la donne. Premier importateur mondial de cerises, il offre des perspectives à cette filière. Face au géant chilien, les producteurs sud-africains veulent arriver tôt : dès septembre ou octobre, avant les cargaisons concurrentes.
Prétoria voit loin et veut avoir des options supplémentaires pour ses débouchés, surtout avec la montée des tensions avec Washington et les incertitudes face à son marché préférentiel.
En revanche, le zéro tarif ne veut pas pour autant dire accès automatique. Pékin doit avant tout valider le respect de ses exigences sanitaires avant que les premières expéditions n'atteignent ses frontières. Un passage obligé avant de pouvoir remplir les étals.
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