Alix, maraîchère à Horrues : travailler en collectif, dans le respect de la nature

Depuis 2025, Alix cultive 40 ares qu’elle propose à l’auto-cueillette à Horrues, près de Soignies. Les terres lui sont mises à disposition gratuitement par les Granges de la Gageole, un collectif de quinze ménages qui ont financé l’achat de la ferme de 11 hectares, où ils vivent. Alix en fait partie, depuis le début. Son projet, Pétiole, se veut collectif, politique et écologique.
Le désherbage se fait aussi à la main, avec un peu d’aide quand même pour les herbes les plus coriaces. © Solenn Becquevort
Chez elle, les légumes poussent au sol ou sous les serres, et les allées sont bordées de fleurs. On entend les oiseaux, et même quelques bourdonnements. Il y a encore des insectes dans ses champs ? Pas si étonnant : Alix cultive selon les règles du bio. Or, l’agriculture figure au premier rang des activités pointées du doigt dans la disparition des insectes : l’emploi massif de pesticides de synthèse est la principale cause du déclin en milieu agricole.
Ce poids de l’agriculture, Alix l’a mesuré bien avant de s’installer. Non issue du milieu agricole, cette ex-chargée de communication ne s’y destinait pas. "Mon passage à l’université a quand même réveillé une conscience politique chez moi. J’ai pris conscience du rôle que pouvait jouer l’agriculture dans les enjeux climatiques, négatif comme positif." Pétiole et les Granges de la Gageole, c’est sa réponse aux enjeux climatiques. "C’était la chose la plus concrète que je pouvais faire. Produire une partie de mon alimentation et en proposer à l’extérieur, de qualité et dans le respect de la vie, et de la vie du sol."
Dans le potager, tout se fait selon les règles du bio, surtout à la main, sans grosse machine. Les mulots, qui s’attaquent aux pousses d’épinards, lui compliquent la vie. Alix peste, les repousse naturellement et casse leurs terriers à la main : "De toute façon, ils sont plus forts que moi."
Alix plante aussi des « légumes oubliés », qu’elle espère plus résilient face aux nuisibles et aux maladies. © Solenn Becquevort
À l’échelle de la ferme, le collectif agit aussi. Depuis dix ans, il plante des haies chaque année. Avec les taillis de saules, les vergers et les mares, elles reconstituent un maillage favorable à la biodiversité.
Cette voie, elle veut aussi la montrer. "C’est important pour moi de pouvoir montrer à ma fille, et à tous les enfants dans l’absolu, qu’il y a une voie alternative. Mais en même temps, je serai peut-être plus là dans 10 ans, donc je ne veux pas leur donner de faux espoirs. Mais oui, devenez tous maraîchers !" (rires)
Dans le potager, on tend l’oreille. Avec le temps, le bourdonnement s’étoffera peut-être, autour des choux frisés et des céleris.
Signé Solenn Becquevort

Je m’appelle Solenn Becquevort, je suis étudiante en dernière années à l’IHECS, en journalisme. Je un produit du terroir namurois, que j’affectionne beaucoup. Je suis passionnée des sujets qui touchent aux dynamiques et enjeux locaux. Les grandes histoires s’écrivent souvent dans les petites choses, avec les gens.
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