COP17: les États veulent accélérer la réduction des subventions publiques néfastes pour le vivant

La vitesse de disparition des espèces, de dégradation des sols ou encore de pollution de l’eau est vertigineuse, mais les négociations internationales pour préserver la nature avancent à pas lents. En Arménie, la COP17 biodiversité s’est heurtée à un contexte géopolitique difficile et à de forts blocages. Plusieurs sujets financiers ont ainsi été renvoyés à la prochaine COP. Mais les près de 200 pays sont parvenus à se mettre d’accord sur une priorité pour renforcer leur action : accélérer l’identification et la réduction des subventions publiques néfastes pour le vivant.
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Mieux identifier et réduire les incitations financières qui encouragent des activités économiques destructrices pour la nature. L'exigence figure dans le texte de sortie de la COP, rapporte notre envoyée spéciale à Erevan, Lucile Gimberg. Une manière d’encourager la transition de secteurs clés comme l’agriculture, la pêche, la sylviculture ou encore les infrastructures vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
« Ça montre qu'en fait il y a de l'argent, mais qu'il est mal orienté, qu'il est mal dépensé, estime Juliette Landry, de l’Institut de développement durable et des relations internationales. Le fait que cette décision de COP mette en avant explicitement qu'il faut accélérer l'action là-dessus, ce n'est pas rien dans un contexte où on oppose tout le temps le développement économique et la biodiversité, de montrer qu'en fait c'est important sur le long terme de concilier les deux. »
Le négociateur de la République démocratique du Congo, présent à Erevan, se félicite de cette priorité : « Quand on a fait les premières évaluations, on a trouvé qu'il y avait un gap de financement de 700 milliards de dollars par an, mais que 500 milliards de dollars étaient déjà injectés comme subventions néfastes à la biodiversité. Ce sont des investissements sur les pesticides, les insecticides, les engrais chimiques ou alors les subventions qui vont dans les produits pétroliers, etc. Tout ce qui peut nuire à la biodiversité. Alors, il était demandé que l'on puisse rediriger ces investissements vers des actions qui sont favorables à la biodiversité. Alors, on espère que les parties vont prendre des actions nécessaires pour y arriver. »
Donc cela veut dire transformer des secteurs agricoles, de pêches, de foresterie avec des pratiques durables, « notamment l'agroforesterie, l'agriculture écologique, qui va permettre à ce qu'on réduise tout ce qui peut nuire à la biodiversité », estime le négociateur de la RDC.
Plus que quatre ans pour atteindre plus d'une vingtaine d'objectifs
Pour réussir cette transition cependant, il faudra que les ministres des Finances et des secteurs concernés s’en saisissent. Et plus globalement, il ne reste aux pays que quatre ans pour atteindre les 23 objectifs qu’ils se sont fixés à Montréal pour enrayer la disparition des espèces : la protection de 30 % des terres et des mers, la restauration d’espaces dégradés, la réduction du risque lié aux pesticides ou encore de la pollution des océans.
Et se contenter d’entériner qu’ils n’en font pas assez, ne ressemble pas vraiment à une victoire.
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