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Monday, September 28, 2026

Le gouvernement veut "responsabiliser" les mutuelles : "Ce n’est pas le fait que des personnes sortent de l’incapacité qui doit être jugé", réagit Elise Derroitte (MC)

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Selon une nouvelle étude publiée ce lundi matin par la Mutualité chrétienne, près d’une personne en invalidité sur deux (47%) peine à boucler les fins de mois avec ses revenus de remplacement.

Les groupes les plus fragiles sont les personnes isolées (avec ou sans enfants), les 18-54 ans, les locataires, les personnes avec un historique de migration, les personnes peu éduquées, les personnes bénéficiant du statut BIM et les personnes qui, avant leur invalidité, étaient au chômage. ​

Cette étude arrive à un moment qui n’est pas anodin. On le sait, le gouvernement fédéral veut remettre un certain nombre de ces personnes en invalidité au travail, estimant qu’il y en a trop dans notre pays. "Alors que l’attention politique et médiatique se concentre principalement sur le nombre de personnes en incapacité de travail et sur leur réintégration sur le marché du travail, la question de leur situation financière reste largement reléguée au second plan. Pourtant, la réalité est préoccupante : de nombreuses personnes en incapacité sont confrontées à des difficultés financières majeures qui les empêchent parfois de subvenir à leurs besoins essentiels", déclare la Mutualité chrétienne en préambule de cette étude.

Cercle vicieux

Invitée ce lundi matin dans Matin Première, la vice-présidente de la Mutualité chrétienne Elise Derroitte explique l’objectif de cette étude. "Ce qu’on voulait voir dans cette étude, c’était le cercle vicieux des personnes en invalidité. Parce que, bien entendu, ce sont des personnes qui ont plus de besoins de soins. Ils ont des besoins de réintégration dans la collectivité, de participation sociale… Et c’est typiquement des choses qu’ils ne peuvent pas faire, vu leur situation financière. Donc ici, on alerte vraiment sur la double peine, le cercle vicieux lié à la situation financière de ces personnes."

Si elle reconnaît qu’il y a "clairement un problème" dans la tendance à la hausse des personnes en situation d’invalidité. Elle estime néanmoins que les difficultés sont surtout liées au niveau de la qualité du travail. "On le voit partout, dans tous les dispositifs : plus le travail est précaire, plus le travail se flexibilise, plus on va avoir tendance à avoir des personnes qui vont tomber malades à cause de leur travail. Ça ne peut donc pas être lié à juste des interventions individuelles."

"Responsabiliser" les mutuelles

Dans le cadre des discussions budgétaires, le gouvernement Arizona a annoncé qu’il voulait davantage "responsabiliser" les mutuelles, en faisant dépendre une partie de l’argent qu’elles reçoivent de leurs résultats, par exemple en fonction du nombre d’affiliés malades qui reviennent sur le marché du travail.

"Ce n’est pas le premier dispositif avec lequel les mutualités sont responsabilisées. En fait, on a déjà jusqu’à 27% de nos frais d’administration qui sont liés à notre performance", rappelle Elise Derroitte. "Que les mutualités soient responsabilisées sur leur performance, ce n’est pas un dispositif qui me choque. Ce qui me choque, c’est est-ce qu’on va être évalué sur notre performance à faire notre travail ? Notre travail, c’est accompagner les personnes en incapacité de travail. Ce n’est pas de créer du travail pour ces personnes, ou de les reconnaître capables de travailler s’ils ne le sont pas. C’est la qualité de leur travail d’accompagnement qui doit être jugée, ce n’est pas le fait que des personnes sortent de l’incapacité."

Statut BIM

Dans le viseur également du gouvernement pour réaliser des économies : le statut BIM. Pour rappel, ce statut permet à des citoyens à faible revenu de bénéficier d’une intervention majorée, ce qui donne accès, par exemple, à des réductions plus importantes en matière de soins de santé. Aujourd’hui, plus de 2,5 millions de Belges bénéficient de ce statut. Un Belge sur cinq. Le gouvernement estime que c’est trop.

"Le statut BIM, il est plus ou moins au même niveau que le nombre de personnes qui sont à risque de pauvreté, selon les études", rappelle Elise Derroitte. "Donc ce n’est pas juste le seuil de pauvreté, c’est vraiment le fait que vos dépenses de santé ne doivent pas vous faire tomber dans la pauvreté, comme on le montre par exemple avec l’étude sur les invalides. On voit que là, il y a un risque de précipitation de tomber dans la pauvreté si le revenu de remplacement n’est pas suffisant."

Parmi les griefs de ce statut pointés par le gouvernement : le fait que soient seulement comptabilisés les revenus disponibles de la personne et non son patrimoine (compte, résidence secondaire…).

Pour la vice-présidente, plus qu’un problème de statut, c’est surtout ici un problème de fiscalité. "Le statut BIM doit servir à protéger les personnes qui sont en difficulté financière", insiste-t-elle. "Mais si des personnes ne sont pas en situation de précarité financière, ça veut dire qu’ils font une certaine forme d’optimisation fiscale, ou que leurs revenus ne sont pas cartographiés dans leurs revenus, et donc, c’est à ça qu’il faut s’attaquer. C’est un problème de fiscalité, pas un problème de reconnaissance du statut. Ces personnes ont droit au statut, par rapport aux revenus qu’ils ont déclarés."

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