La politique, « un sport extrême » | Le maire de Val-David démissionne moins d’un an après son élection

Moins d’un an après son élection à l’hôtel de ville, le maire de Val-David, Jean-Claude Rocheleau, remet sa démission en citant des « raisons de santé ». Il rejoint ainsi des dizaines d’élus municipaux ayant déjà quitté leurs fonctions dans la dernière année.
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« La politique municipale est un sport extrême que je n’ai plus la santé de pratiquer », a fait valoir M. Rocheleau dans une déclaration, en annonçant la nouvelle. « J’ai donné le meilleur de moi-même pour servir [les citoyens] avec rigueur, transparence et engagement », a-t-il ajouté.
Durant le mandat de M. Rocheleau, la Ville de Val-David est officiellement devenue propriétaire du domaine de La Sapinière, après un long processus d’expropriation. Le site, qui hébergeait à l’origine un domaine touristique et commercial, sera finalement réservé à une nouvelle école.
Selon le site web de la municipalité, le projet d’école n’a toutefois toujours pas de financement du gouvernement du Québec. Le début du chantier de construction est donc en attente pour le moment.
Plusieurs pourparlers doivent aussi encore avoir lieu entre l’ex-propriétaire du terrain et Val-David pour fixer la valeur foncière du terrain, ainsi que les indemnités qui pourraient éventuellement y être liées. Bref, le dossier de La Sapinière risque de continuer de faire couler de l’encre dans le secteur.
Outre cette saga, M. Rocheleau s’est félicité d’avoir concrétisé les nouvelles ententes avec la Corporation de développement économique (CDE) sur le développement économique de la route 117.
Il a également rappelé avoir amorcé la révision du Programme particulier d’urbanisme (PPU) et effectué une « amorce de plan stratégique » pour la municipalité, avec l’implantation d’un service à la clientèle et des cafés-rencontres mensuels avec le maire, pour favoriser le dialogue avec la population.
En août dernier, le maire Rocheleau avait défrayé les manchettes en dénonçant des actes homophobes. Un drapeau arc-en-ciel installé devant la gare locale, pour souligner la semaine de la Fierté, avait alors été vandalisé à plusieurs reprises.
« À Val-David, on est inclusifs, on est pour la diversité et on veut continuer à l’afficher. On ne se laissera pas intimider », avait martelé l’élu démissionnaire.
Dans l’immédiat, c’est le conseiller du district 1, Derek Bernard, qui prendra le flambeau en devenant le maire suppléant de la municipalité. Celle-ci devrait annoncer la tenue d’une élection partielle en bonne et due forme au courant des prochaines semaines.
Selon les données du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), au moins 130 élus locaux ont démissionné de leurs fonctions depuis la dernière élection générale, le 2 novembre dernier. Ce sont dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de l’Abitibi-Témiscamingue que la situation semble la plus aiguë, avec environ 20 départs en moins d’un an.
Le phénomène n’est en soi pas nouveau, puisque dès 2024, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) sonnait l’alarme en rapportant qu’un élu municipal québécois sur 10 avait quitté depuis l’élection de l’automne 2021. Épuisés, surchargés et souvent harcelés, ils sont de plus en plus nombreux à réclamer des changements pour réduire la pression grandissante sur leurs épaules.
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